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 You should never have been there.

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GRETEL.

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MessageSujet: You should never have been there.   Ven 25 Mar - 19:07

[Finalement le theme d'alerte à Malibu me tentait pas *^*]
    You should Never have been there ~ Kira.

La côte recourbée s’incurvait délicatement jusqu’à l’horizon, embrassant le flot bleu de Bad Sea qui s’étendait à perte de vue. Quelques oiseaux blancs battaient des ailes loin au-dessus de l’eau, portés par les rafales d’air salin. Ils savaient le danger que représentait la masse écumante aux légères franges blanches. Les lames que jetait l’océan contre la pente rocheuse étaient un instant traversées de part en part par la lumière du jour, révélant un voile limpide tantôt turquoise, tantôt d’un bleu-gris qui se mêlait à la couleur du ciel. On n’apercevait rien depuis la terre d’autre que le mouvement allant et venant de la surface moirée. Mais les animaux eux savaient ce qui se cachait sous cette nappe opaque aux reflets aveuglants. D’ailleurs, eux seuls le savaient, car personne n’avait jamais osé piquer une tête dans l’océan ; du moins ceux qui s’y étaient essayés n’étaient jamais revenus entiers. On entendait le tintement singulier des carillons qu’accrochaient les rares habitants de la côte à leurs fenêtres, selon une ancienne superstition, ces cloches et ces grelots tenaient éloignées les tempêtes et les bêtes indésirables. Le vent fouettait le métal et emportait dans son sillage le clair écho, l’abandonnant plus loin que ne portait la vue, par-delà l’onde.

Il n'y avait pas un nuage en cette fin de matinée et la voûte inaltérée du ciel déteignait sur les bords de l’horizon en une frange claire. Gretel avait appuyé sa bicyclette contre un pin parasol si courbé qu’il ressemblait à un vieillard dont l’échine maigre se serait brisée dans un angle disgracieux. Ses aiguilles sombres contrastaient avec la lumière du soleil qui approchait de son point culminant. La jeune fille n’avait rien emporté d’autre, comme à son habitude, que ses vêtements et ce que leurs poches contenaient. Le printemps se faisait sentir partout dans Wonderland, pourtant en venant ici elle savait qu’elle s’exposait au vent et éventuellement aux embruns frais. Elle avait donc choisi une tenue paradoxale, comme souvent ; elle avait enfilé un court short noir et un coupe-vent gris clair dont le col lui couvrait le cou. Des lunettes aux verres teintés ornaient sa chevelure blonde, leurs fines branches ainsi qu’une longue barrette blanche retenaient ses mèches en arrière, lui épargnant d’être importunée par les incessantes bourrasques. Elle n’avait vu personne en arrivant, la plupart des volets étaient clos et les rideaux tirés, aucun véhicule ne stationnait dans les environs. A bien y regarder, on aurait remarqué les fissures dans le lambris des basses façades des bâtisses sans étage, on aurait décelé les traces d’humidité et le ternissement de la peinture sur les volets, la saleté sur les vitres. En s’approchant, on aurait constaté que des carreaux manquaient à plusieurs fenêtres, que la paroi de tôle qui recouvrait les poutrelles métalliques d’un grand hangar était enfoncée et rouillée. Une barque au fond défoncé gisait lamentablement parmi les blocs de pierre blanche qui bordaient la côte ; la coque de bois rendue friable par le pourrissement entamait sa décomposition. Mais Gretel, elle, n’était ni observatrice ni quoi que ce soit d’autre et ne se rendit pas compte que ce sol qu’elle foulait, ces maisons sur lesquelles son regard glissait, ces arbres semblables à celui sur lequel était appuyé son vélo, tout cela était abandonné et délaissé depuis bien longtemps. C’était bien moins qu’une ville fantôme étant donné les constructions éparses, parfois vétustes. Mais sans le soleil radieux et le bruit des vagues, le lieu aurait semblé fantomatique.

Dépassant les dernières bâtisses, elle s’approcha de la jetée. La côte rocheuse était usée peu à peu par le flux et le reflux incessant, rongée par l’écume, trouée par les oiseaux qui nichaient dans la roche et les murènes qui cherchaient fissures et crevasses. La blonde se tenait au-dessus d’une zone assez profonde pour loger on-ne-sait-quoi, aussi ne s’éternisa-t’elle pas sur le bord. Empruntant une pente à l’inclinaison douce qui descendait sur sa gauche, elle arriva à la hauteur des flots. Même à dix mètres de l’écume blanchâtre, elle ne se sentait pas tout à fait rassurée, mais cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas vu Bad Sea que malgré sa méfiance elle réinvestissait les lieux comme on retrouve un vieil ami, dans l’illusion que tout est comme avant, que rien n’a changé, avec une sorte de mélancolie mêlée d’excitation et d’appréhension. Conquise par le décor qui offrait un dégradé si nuancé de bleus, de gris et par endroits du bouquet vert des pins, Gret’ huma l’air chargé d’effluves salées, de l’odeur des algues et des varechs, des relents presque imperceptibles de poissons, jusqu’à l’enivrement. Elle se sentait revivre ici, loin de la pollution de Purple Town. Là, le vent était aussi frais et pur que sur les toits des plus hauts immeubles de la grande ville, sans doute plus même. L’endroit était calme à tout point de vue, la nappe chatoyante s’étendait indéfiniment, aussi plane et vaste que les nues, miroitante, conférant à tout le paysage un équilibre troublant. Se tordant le cou et le dos, l’adolescente se plaça la tête en bas et, écoutant le roulement rythmé des galets contre la plage pierreuse naturelle sur laquelle elle se trouvait, elle contempla le panorama qui s’offrait à elle ; un ciel aux reliefs diaprés et une mer d’huile, cristalline. Le sang lui monta à la tête et elle se redressa, endolorie, avant de s’asseoir sur une large pierre polie par l’eau. Elle n’était plus essoufflée par son trajet en bécane, aussi s’accorda-t’elle un instant de méditation.

Quelque chose la mettait un peu mal à l’aise sans qu’elle pût dire de quoi il était question. Elle se sentait crispée, sans parvenir à se détendre. Son estomac était noué, pourtant elle se sentait parfaitement bien et satisfaite de se trouver là. Un embrun éclaboussa son visage, la faisant sursauter. Elle scruta la surface de l’eau où elle avait cru apercevoir un mouvement singulier. Mais avec l’agitation perpétuelle des flots sombres, il lui était impossible d’en être certaine. Elle estimait se tenir à une distance suffisante pour ne courir aucun risque par rapport à ce que pouvait cacher cette noirceur ; elle avait entendu tant de choses inquiétantes. Et, si le chemin qu’elle avait foulé pour arriver ici était peu incliné, la pente de la plage était étonnamment plus raide. L’écume et l’ombre des profondeurs se côtoyaient donc d’un peu trop près à son goût. Maintenant qu’elle y pensait, elle avait risqué de glisser dans l’eau en marchant sur les galets humides jusqu’à la pierre sur laquelle elle était assise. Cette pensée la fit presque frémir. Elle ressentait quelque chose d’inhabituel devant cette onde mystérieuse. Elle n’avait pas vraiment peur, une petite voix au fond d’elle-même la mettait juste en garde. Mais en garde contre quoi ? Qu’est-ce qui aurait bien pu sortir de Bad Sea, de toute façon les poissons ne marchaient pas sur terre, si ?

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Saika



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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Dim 27 Mar - 15:27

[OMG, j'avais aussi pensé à utiliser Welcome Home, avant même d'avoir lu ton sujet .__. *Et ça te dérange pas si j'utilise la même mise en page ? J'ai la flemme de réfléchir XD]



Deux prunelles rouges se dévoilèrent, agitées par la lumière peu supportable qui se perdait dans cette immensité couleur sang. Scrutant la pièce de fond en comble, clignant plusieurs fois pour tenter d’y voir clair. Elle se redressa, essayant de comprendre pourquoi elle était dans une chambre qui n’était pas la sienne. Elle n’était même pas en pyjama, juste en t-shirt. Tout son corps lui faisait mal. Tâtant son épaule douloureuse, elle essaya de se rappeler ce qui l’avait conduite ici. Ah. Oui. La douleur lui rappela soudain ce qu’elle avait fait la veille, et elle se leva précipitamment, s’écrasant par terre, complètement retournée, et attrapa son portable. Huit heures dix. Elle n’avait que vingt minutes avant d’aller en cours, et comme par hasard, elle était à Shinjuku, il lui fallait bien une demi-heure pour être là bas. Elle était restée dormir chez son oncle, après un entrainement intensif.

Elle commença à courir.

« Ooh, Saika ! T’es debout ?
-Pourquoi tu m’a pas réveillée ?! »

Le foudroyant du regard, sa chemise mal boutonnée, à peine fermée, sa jupe de travers, un seul de ses bas mis, elle était, une tartine dans la bouche, en train d’essayer désespérément d’enfiler l’autre d'une seule main.

« Bha t’étais tellement mignonne endormie que j’ai pas osé te réveiller… »

Elle soupira, avant de décrocher d’un coup de dent un gros bout de tartine. Elle sentit deux bras froids l’enlacer par derrière, s'avançant lentement sur ses hanches, avant de l'entourer complètement, affectueusement, doucement.

« Arrête, j’ai pas le temps. T’avais qu’à me réveiller. »

Elle repoussa les deux bras qui l’avaient enveloppée d’un coup, et se retourna vers son oncle, qui affichait une moue dépitée. De la confiture sur la joue, elle continua à parler.

« Amène moi au lycée.
-Pas envie. »

Elle enfila son beretta 92 en haut de ses bas, sous sa jupe, d’un clic, et s’énerva.

« Allez… c’est de ta faute si je suis en retard, tu pourrais bien m’amener jusqu’au lycée nan ? C’est même pas dans Ikebukuro, t’y sera en dix minutes comme tu conduis… »


Cette journée avait commencé normalement. Entrainement intensif la veille, Saika s’était retrouvée à courir pour sa vie, poursuivie par un tarré à couteau qui voulait la découper, dans toutes les rues d’Ikebukuro, sous les regards ébahis des passants. "Pour améliorer ton endurance" , avait dit Wabi. Mais oui.
Il était vrai que les méthodes de son oncle étaient vraiment peu orthodoxes, mais un seul de ses entrainements valait mieux que tout un mois de cours de judo. Il ne se retenait pas. Saika s’était souvent retrouvée avec une coupure tout le long de son bras, balle lui effleurant la jambe, ou encore à courir pendant des heures, cherchant désespérément à échapper à son oncle, qui riait avec un sourire sadique, lui hurlant « C’est pour ton bien ! »
Mais elle aimait ça. Elle devenait forte. Elle savait se battre. Elle n’avait plus mal. Contemplant chaque soir les bleus qui prenaient place sur ses jambes, à force de tomber à terre, les coupures sur ses bras, à force d’utiliser ceux-ci en tant que bouclier. Elle était toujours fatiguée mais elle se sentait chaque jour plus vivante.

Arrivée au lycée, elle avait cours de natation. Elle s’était changée. Au milieu de ses camarades de classe, elle était à la piscine, pour un cours de natation forcé, auquel elle aurait préféré ne pas assister. Résiliée, elle avait finalement réussi à échapper à l’attention de son prof de sport, et continuait à nager toute seule dans un coin, la masse froide de con couteau sur sa poitrine.

Water’s given you life, now it’s taking its present back.

Elle suffoquait. Elle mourait. Lentement. Elle voulait hurler. Dans l'eau, personne ne t'entendra, mon enfant. tu ne peux rien faire. Tu vas mourir, et tu n'y pourra rien.
Les profondeurs marines l’entrainaient, comme un champ de sirènes inaudible, envoutant, mais pourtant tellement dangereux. L’eau recouvrait son visage, ses cheveux se déplaçant au gré des courants marins, tels une méduse noire, gracieux, lente, ses "tentacules" ondulant à chaque mouvement, de droite à gauche. Ses yeux rouges mi-clos laissaient paraître le peu de vie qui coulait encore en elle. Elle sentait son âme lui échapper peu à peu, au fur et à mesure que cette force invisible l’entrainait plus profond. Elle voyait la lumière miroitante au dessus d’elle disparaître lentement, englobée, avalée par l’eau qui devenait de plus en plus chaude. Agitant désespérément les bras au dessus d’elle, ses pieds retenus par ce poids qui l’entrainait vers sa chute irrémédiable. Saika perdait espoir. Elle allait mourir ? C’était ça, sa fin ? Alors tout ça pour rien ? Elle avait fait tant d’efforts pour devenir forte, pour ne pas fuir comme son père, pour ne pas sombrer comme sa mère, et elle allait mourir oubliée dans les eaux salées de la piscine ? Non, impossible. Jamais. JAMAIS.
Ses yeux qui étaient jusque là sur le point de se fermer s’ouvrirent d’un coup. Les sirènes s’arrêtèrent de chanter, la force eut peur, le poids tomba sans elle. Non, Saika n’allait pas mourir. Elle remontait le plus vite possible, agitant avec le peu de force qui lui restait ses membres engourdis, qui manquaient dangereusement d’air. Ses poumons allaient exploser, elle se sentait faiblir. Elle ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Non, elle voulait continuer. Elle voulait vivre. Elle voyait la surface lumineuse de l’eau danser au dessus d’elle, ses ongles arrivaient presque à l’effleurer. Elle voyait la limite entre la vie et la mort, le noir profond des eaux, la lumière du ciel. Elle allait sortir. Elle le voulait. Ça ne suffisait pas. Ses yeux se fermèrent, contre toute sa volonté, et sa main, qui était enfin parvenue à se révéler à l’air libre, retomba mollement, d’un splach, sous la surface de l’eau.

But you say you'll never leave me,
and I wonder if you'll have the decency
to pass through my wall to the next room
while I dress for dinner.

Where are you now?
Standing behind me?
Taking my hand?
Come and remind me
who you are
Have you traveled far?

Are you made of star dust too ?
Are the angels after you?
Tell me what I am to do.

But until then I'll save your side of the bed.
Just come and sing me to sleep.


Dernière édition par Saika le Dim 12 Juin - 16:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Mer 30 Mar - 14:35

[… Non c’est bon ♥.]
All this time,
I can't believe I couldn't see
Kept in the dark but
you were there in front of me
I've been sleeping a thousand years it seems
Got to open my eyes
to everything

Without thought, without voice,
without a soul
Don't let me die here
There must be something more
Bring me to life.

Les yeux écarquillés de Gretel suivaient le mouvement paresseux des vagues d’avant en arrière, d’arrière en avant, toutes semblables et inquiétantes, toutes parées de la même bande d’écume moutonnante. Sa paupière frémissait lorsqu’un reflet l’aveuglait mais pour rien au monde elle n’aurait quitté l’eau des yeux ; elle retardait chaque battement de cils, craignant de voir jaillir de l’eau salée un monstre ou pire encore. Qu’y avait-il de pire qu’un monstre ? Le pire était qu’elle ne pouvait pas l’imaginer. Une mouette piqua vers les vaguelettes bleutées pour y attraper un poisson. L’oiseau tomba comme une pierre droit vers les profondeurs et perça la surface avec un bruit d’éclaboussure. L’adolescente contempla avec hébètement le point où il avait disparu et elle ne le vit pas reparaitre, pire que cela, elle ne vit absolument rien. L’animal s’était apparemment fait attraper par Dieu-sait-quoi avant de remonter avec sa prise. Plus atroce encore, peut-être avait-il été attiré sciemment par un prédateur et capturé. Le sort de cette mouette n’avait pas spécialement d’importance, il s’agissait plutôt de la comparaison qu’il était facile d’établir entre le frêle oiseau et la demoiselle. Elle se releva, dégoûtée, devinant à moitié la nature de cette masse sombre qui se mouvait sous le voile miroitant, n’ayant pas vraiment envie de discerner le reste. A Wonderland il n’était pas utile de tout connaître, mieux valait savoir où se trouvait la limite. La masse disparut, s’éloignant vers le large en de longs mouvements fluides qui laissaient deviner une certaine viscosité répugnante.

La blonde prit la décision de lever le camp et de retourner sur le bord herbeux de la jetée, c’était sans doute plus prudent. Elle se leva avec sa maladresse habituelle, et écarta sa frange d’un mouvement sec de la tête. Le galet humide sur lequel elle appuyait son pied droit céda et roula au bas de la pente avant de tomber dans l’eau sombre, projetant la jeune fille au sol. Gret’ poussa un cri en atterrissant sur les pierres dures et elle entama une lente glissade vers les remous de Bad Sea, malgré tous ses efforts pour se rattraper aux galets qui glissaient les uns contre les autres et roulaient en-dessous d’elle comme des dizaines de billes. Non, non, non !! Criait-elle en elle-même, mais pas un son ne franchissait ses lèvres. Sont pied plongea dans l’eau froide et une nouvelle exclamation lui échappa tandis qu’elle maudissait cette journée, cet océan, ces pierres mouillées et qu’elle se maudissait elle-même dans un élan de rage désespéré. Son mollet était maintenant complètement immergé et elle frissonnait de froid, mais surtout de peur de se retrouver complètement dans l’eau. Chacun de ses muscles crispés, Gretel s’immobilisa totalement, espérant stopper la glissade. Les pierres cessèrent effectivement de rouler et elle put s’accorder une seconde pour reprendre son souffle, cogitant sur le moyen de se tirer d’affaire, avec la priorité de retirer sa jambe de l’eau salée qui avait déjà englouti son genou. Elle comprenait désormais pourquoi personne ne venait jamais ici. Elle eut soudain l’idée d’appeler à l’aide, avec un peu de chances les riverains l’entendraient peut-être.

- S’il… Vous plaiiit ? Commença-t’elle, grelottante.

Elle serra les dents et se retourna, essayant vainement de contrôler les battements de son cœur. Elle vit quelque chose bouger sous elle, au milieu des ombres. C’était noir et informe, et cela ressemblait vaguement à la créature qu’elle avait vue juste après la disparition de la mouette. Et cela s’approchait dangereusement, par saccades. L’angoisse la saisit violemment, elle prit une grande respiration et s’égosilla :

- AU SECOURS !

Elle se sentit recommencer à glisser vers la chose et hurla à pleins poumons, faisant pleuvoir des insultes par dizaines sur les hypothétiques habitants des maisons. Mais seuls les carillons lui répondirent ; elle se sentait de plus en plus près de tomber à l’eau, sa jambe droite était totalement plongée dans l’eau et elle s’appuyait difficilement sur la gauche, s’écorchant le genou contre les pierres. L’un des cailloux se délogea et elle tomba à plat ventre, le bassin plongé dans les vagues. Elle cessa de hurler et se retourna d’un mouvement précipité, les larmes aux yeux. Elle eut le temps d’entrevoir une main à un mètre d’elle ; oui il s’agissait bien d’une main humaine, qui retomba doucement comme si toute vie l’avait quittée alors qu’une seconde plus tôt, les doigts en étaient dépliés. La blonde ne prit pas le temps de chercher à comprendre et elle se jeta par réflexe sur cette main qui disparaissait sous la surface. Quelqu’un avait encore plus besoin d’aide qu’elle, elle ressentait l’élan désespéré qui avait porté ce bras vers la lumière et l’air libre. Saisissant brutalement le fin poignet de l’inconnu elle tira de toutes ses forces, s’arc-boutant pour ramener le corps vers la rive. Elle comprit ce qu’était cette masse noire qui l’avait effrayée : il s’agissait visiblement d’une jeune fille dont le visage était recouvert par les longues mèches noires. Dégageant les cheveux collés par l’eau de la figure blême, Gretel saisit la fille sous les aisselles et la tira vers elle. La maintenant en appui sur son épaule, elle l’extirpa de l’eau qui alourdissait leurs vêtements détrempés. Elle glissa à plusieurs reprises sur les galets en remontant et se rattrapait chaque fois en tombant sur la même main, la tordant entre les pierres inégales. Elles atteignirent le haut de la pente au bout de deux ou trois mètres ; l’adolescente était endolorie et essoufflée et le poids de l’autre n’arrangeait rien. L’ongle de son annulaire gauche saignait ainsi que son genou. Fléchissant la jambe droite et se courbant autant que possible, elle déposa la jeune fille brune sur le sol et s’assit à côté d’elle, hébétée et complètement vidée de ses forces. Son anorak avait pris l’eau et la doublure était entièrement imbibée, ce truc devait bien peser plusieurs kilos. Elle ouvrit sa glissière et enleva le coupe-vent dont les manches étanches trop longues pour elle lui avaient écorché les mains. Etendant le vêtement sur le sol, elle souleva le buste de la brune et appuya ses épaules et sa tête sur la doublure humide. Elle ne connaissait rien au secourisme, n’ayant jamais sauvé personne. Elle avait soigné son frère jumeau pour de nombreuses blessures, par balles, par morsures de différentes choses, par coupures,… Mais jamais elle ne l’avait réanimé après une noyade. Alors que fallait-il faire ?

Elle attendit patiemment, les yeux dans le vague, rêveuse, vide, laissant ses pensées dériver. Une ombre passa sur son visage et elle leva machinalement la tête vers les nuages clairs à travers lesquels filtrait la lumière du soleil. Sur la joue mouvante et pourtant étonnamment uniforme de l’océan, l’ombre de découpait très nettement et depuis leur position surélevée, la jeune fille voyait la silhouette glisser sur les flots, telle l’ombre trahissant une voilure invisible. L’air se rafraichissait peu à peu, la brune à côté d’elle était toujours inconsciente ; elle respirait, Gret’ s’aperçut qu’elle n’avait pas pris la peine de vérifier. Elle était d’un piètre secours. Craignant qu’elle ne prenne froid et que son état n’empire, l’adolescente enveloppa sa camarade dans le large anorak qui avait séché au soleil et conservait, elle l’espérait, un peu de chaleur. La secouant par l’épaule avec douceur, elle lui parla, ce qu’elle n’avait pas non plus pris le temps de faire.

- Alors, tu reviens de loin ? murmura-t’elle.

Sa voix était légèrement rauque et elle se racla la gorge, observant le visage à la fois paisible et effrayant. La peau des joues de la brune était d’une blancheur cadavérique et elle ne put s’empêcher de poser ses deux mais à plat contre ce visage qui semblait fait de porcelaine. Elle voulait la réchauffer et la réveiller ; si la jeune fille mourrait elle ne pourrait jamais se le pardonner. Elle était froide, mais sa poitrine se soulevait mollement et régulièrement. Comme une petite fille endormie dans la neige. Comme celle qu’avait été Gretel pendant les longs hivers de Purple Town, alors qu’elle errait dans les rues nuit et jour en compagnie de son jumeau. La neige à moitié fondue, brune de crasse, lui collait aux cheveux et aux pommettes. Hansel ne lui avait jamais permis de dormir avant d’avoir trouvé un abri sûr et aujourd’hui elle comprenait à quel point elle pouvait lui en être reconnaissante, malgré la fatigue qui l’avait accablée des heures durant, la faisant tituber sur l’asphalte. Elle enlaça la brune et la redressa contre elle, frictionnant son dos et ses épaules pour la réchauffer. Elle-même avait commencé à grelotter : les nuages s’amoncelaient au-dessus de leurs têtes.

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Lun 11 Avr - 19:23



    SAIKA

    X

    IZAYA


Sur chaque main qui se tend, j’écris ton nom. Liberté.
Sur le fil qui la reliait à la vie, Saika s’écorchait les mains. Elle voulait vivre. Elle ne voulait pas quitter si vite cette ébauche d’existence, ne voulait pas d’échappatoire. Elle voulait se battre. Se battre jusqu’au bout. Jamais elle ne laisserait qui que ce soit, quoi que ce soit lui prendre tout ce qu’elle avait. L’espoir la maintenait en vie. Ses mais pleines de sang, glissant sur le fil de soie qui l’empêchait de tomber dans les profondeurs de la nuit, à jamais. Qu’importe les cadavres qui pouvaient s’amonceler en dessous. Elle l’avait promis.

Sa deuxième main s’accroche, mais elle n’en peut plus. Effleurant une dernière fois ce fil si doux qui l’avait supportée si longtemps, elle se sentait irrémédiablement attirée vers le sol.

So let mercy come
As the pain stayed the same
Voice of all my desires
Every time she tried to strike me down


Made me want to end my life
Erase myself.




Le fil n’était plus là. Suspendue au milieu du vide, la lumière baignant sa tête, faisceau d’espérance au milieu du noir absolu. Ses pieds nus se balançaient au dessus du vide. Une main, douce, claire, la maintenait fermement. Elle ferma les yeux.


Saika n’entendait que le clapotis des vagues un peu plus loin. Couchée sur le sable, elle sentait le froid l’envahir, les faibles rayons de soleil qui coulaient sur ses paupières disparaitre. Elle sentait qu’elle devait se lever, donner quelque signe de vie. Elle n’osait pas ouvrir les yeux. Elle avait peur. Peur d’avoir à faire face à ce qu’elle allait trouver. Elle ne savait pas si elle avait le droit de quitter ce monde qu’elle avait façonné à sa manière, de se retrouver face à l’inconnu. Elle ne savait pas si elle avait le droit de vivre. Elle s’en fichait. Elle vivait. Alors elle ouvrit les yeux.

Sous ses iris rouges se dessinèrent les contours flous d’une jeune fille. Probablement la personne à qui elle devait la vie en ce moment même. Elle cligna plusieurs fois des yeux, essayant de voir correctement, les reflets de ses yeux pourpres devenant plus nets. Elle sentit deux mains sur ses joues, celles de la blonde en face d’elle, mais étrangement ne s’éloigna pas. Chaud et doux. Vivant. Comme lui. Comme ce qu’ils avaient été. Etrangement, elle savait qu’elle ne le reverrait probablement plus. Ce n’était qu’une intuition, un pressentiment morbide. Pressentiment que sa dernière attache était si loin d’elle qu’elle la sentait à peine. Elle retint ses larmes, et tenta désespérément d’articuler quelques phrases. Rien ne sortit de sa gorge, et au lieu d’un mot, elle se sentit le besoin urgent de tousser. Elle se décala sur le côté en couvrant sa bouche, essayant de vider les moindres traces d’eau qui auraient pu rester dans son corps. Sa gorge la piquait, l’eau salée avait rougi ses yeux. Elle avait envie de pleurer. De soulagement. Elle était vivante. C’était le plus important.
Son regard tomba nez à nez avec un simple sac à côté d’elle, accroché fermement à son bras, que, sans savoir pour quoi, elle sentait qu’il lui appartenait. Elle ne se posa pas la moindre question. Elle n’était pas non plus en maillot de bain comme au moment où elle s’était « noyée » dans la piscine de son lycée, mais portait un anorak qui la tenait au chaud, et était entièrement sèche. Sa main sur sa propre cuisse entra en contact avec une masse dure, qu’elle estima être son pistolet. Elle sentait aussi sur sa peau plusieurs épaisseurs de tulle, ses jambes nues étalées sur toute la longueur, ses doc blanches aux pieds. Celles qu’il lui avait offertes. Elle n’avait rien perdu. Elle se souvenait de tout. Elle se rappelait exactement de ce qu’on pouvait appeler ses derniers moments. Elle ne s’était pas noyée. Non, on l’avait noyée. Une force invisible, bien plus puissante qu’on ne pouvait l’imaginer, avait voulu qu’elle se retrouve ici, au milieu de nulle part, au dessus d’une mer à moitié déchainée, sous des nuages gris qui s’amoncelaient dangereusement haut dans le ciel, téléportée dans un endroit qu’elle savait si loin. Elle ne voulait même pas savoir pourquoi on l’avait conduit ici. Elle ferait avec. Mais elle ne voulait seulement pas mourir. Mais on avait empêché sa vie de partir.

En face d’elle, sa sauveuse. Ses cheveux blonds ondulaient en battant sur son beau visage si parfait, ses yeux bleus la dévisageant, sa peau qui avait l’air si douce… Tout le contraire de Saika, elle et ses cheveux noir de jais, ses yeux couleur sang. On aurait pu leur donner pour trait commun cette peau blanche et laiteuse, peut être un corps svelte et mince. Cette fille à qui elle devait la vie, elle sentait qu'elle devait s'en méfier. Pourquoi son instinct lui criait de fuir alors qu'elle était si faible, que cette fille, comme tout les autres, étaient dangereux, qu'ici personne ne l'aimait, qu'elle ne reverrait se dernière attache que dans l'au delà ? Son intuition lui disait que sous cette beauté si parfaite, ce visage et ces joues rouges de poupée se cachaient des dangers insoupçonnés, des pouvoirs meurtriers. Comme la rose, si rouge, si envoutante qu'on en oublie les épines. Cette fleur si belle qu'on accroche de ses deux mains, quitte à transpercer sa peau, quitte à ne plus la lâcher. Une beauté que toutes les autres fleurs envient, désirent. Mais elle ne pouvait pas être jalouse maintenant. Elle se redressa un peu sur ses jambes, qui lui paraissaient plus molles qu’après plusieurs heures d’entrainement, et entreprit tant bien que mal de se mettre à genoux. Elle n’avait toujours rien dit.
Elle avança ses mains devant ses jambes nues, effleurant sa propre peau, et les posa au sol. Dans un mouvement qui représentait sans doute toute la vie que, grâce à cette fille si belle qui se trouvait en face d’elle, elle n’avait pas perdu. La tête au raz du sol, son front caressant les rochers en dessous d’elle, ses yeux rouges qu’elle avait peur de remplir de larmes, elle finit par ouvrir la bouche, pour ne dire qu’un seul mot, qui avait été prononcé avec sa vie entière, avec ses moments gagnés, ceux qu’elle n’avait pas encore vécus, ceux qu’elle ne perdait pas. Tout ce que cette fille avait sauvé d’un simple geste de la main, si simple qu’elle en avait les bras et les jambes écorchés. Un seul mot qu’elle n’avait jamais pensé plus qu’aujourd’hui.

« Merci. »



  • [il en a pas l'air comme ça, mais le sac est important XD *dedans y'a un flingue, une corde, une couverture… ça va trop lui servir ]
    [La deuxième image a pas de rapport, mais je voulais la mettre XD]
    [Gomen, j'étais en panne d'inspi, mais je voulais répondre é^è]
    [EDIT : XDDDDDD J'avoue… J'aurais jamais imaginé comparer Saika à Dora l'exploratrice… /PAN/. donc merci d'me l'avoir dit avant de faire le RP lévitouchou <3 je réponds bientôt ~]


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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Jeu 28 Avr - 20:14

[ Dis plutôt qu’elle a juste un flingue dans son sac, poke la corde et la couverture elle peut les piquer dans la maison abandonnée où elles vont aller. Sinon ça fait un peu le sac à dos magique de Dora l’exploratrice. C’est trop facile >^<. ]

Eyes from the tree take me down the way
Red riders of the dark
Help me through this maze
Do you know, mister, of this place ?
Do you know, mister ?
No time to waste

Won't you help me be on my way ?
Won't you help me be on my way ?
So I can set me free

Saw murder in her eyes
The dark of a thousand crows
Cold thriller in disguise
Blue shadows stitched to her toes

L’écume léchait les galets où l’on distinguait encore de petites traces de sang. Gretel avait le menton enfoui dans les mèches noires de la jeune fille qu’elle avait tirée de l’eau, et qui sentait encore le sel. Elle ne la sentit pas bouger jusqu’à ce que son corps soit secoué par une toux profonde qui fit cracher à la presque-noyée l’eau qui encombrait ses bronches. Desserrant les bras et s’éloignant d’elle, Gretel contempla son visage aux traits brouillés, et ses yeux rencontrèrent les siens, d’un rouge vif accentué par le sel. Elle lui adressa un minuscule sourire, surpris et soulagé, tandis qu’elles se dévisageaient mutuellement. La brune semblait découvrir son propre corps pour la première fois, elle contemplait ses propres membres avec ébahissement et application, lentement. Gret’ comprenait qu’en se réveillant entièrement sèche et avec de l’eau de mer plein les poumons elle était en mesure de se poser des questions. Elle suivit distraitement son regard sans dire un mot ; l’adolescente détaillait à présent ses vêtements. La blonde ne l’avait pas remarqué en la tirant de l’eau mais sa camarade portait une robe ornée de tulle et autres broderies, qui en séchant avaient pris du volume éclos comme des fleurs. Un monceau de fleurs noires caressantes qui bruissaient dans leurs mouvements. Voir ce corps bouger semblait irréel tant l’héroïne l’avait contemplé avec appréhension lorsqu’il était inerte, dans l’attente d’un signe, d’autre chose que cette respiration faible et caverneuse. Presque aussi irréel que s’il s’était agi de la Belle au Bois Dormant s’éveillant comme par enchantement de son sommeil de cent ans. Elle était toujours aussi pâle, et sa robe qui frémissait avec légèreté autour de sa silhouette svelte, enveloppée dans l’épais anorak gris, dessinait avec ses cheveux de jais comme une aura sombre autour d’elle. Elle portait de grosse bottes blanches vernies, que Gret’ trouva magnifiques. Le sel ne semblait pas les avoir altérées. Cette fille avait une beauté étrange, mais une beauté tout de même. La blonde ressentait quelque chose d’étrange à se tenir à côté d’elle, comme une alerte sourde de sa conscience. Mais bien plus fort encore, le halo terrifiant de Bad Sea masquait tous les autres, et la rendait si anxieuse qu’il lui était impossible de se concentrer d’avantage sur son espèce de pressentiment. Au-delà de ça, celle qui se tenait devant elle ne lui inspirait aucune méfiance – vu son état, elle avait plutôt envie de l’aider. Elle chassa cette intuition énigmatique de son esprit.

Puis, se redressant faiblement et avec difficulté sur ses genoux, l’inconnue se courba profondément, jusqu’à ce que son visage semble toucher le sol. Gretel s’écarta instinctivement, se demandant si elle allait recracher le contenu de son estomac. Elle semblait se sentir mal, comme prise d’un vertige qui l’obligeait à rester en appui stable sur les galets. Mais après être resté quelques instants dans cette posture, elle la remercia. Alors l’héroïne réalisa qu’il devait s’agir d’une sorte de révérence, d’un salut respectueux. Elle ne dit rien mais laissa échapper un petit rire gêné, elle savait que la brune lui devait énormément et qu’elle méritait effectivement d’être remerciée, mais elle ne réalisait toujours pas ce qu’elle venait d’accomplir et l’idée qu’on lui exprime de la reconnaissance avec tant de conviction ne lui avait pas traversé l’esprit. Se mettant elle aussi à genoux, elle inclina doucement la tête, ne sachant pas si elle devait se prosterner totalement elle aussi. De quelle région de Wonderland cette jeune fille pouvait-elle venir, pour avoir d’aussi étranges coutumes ? Elle avait fait preuve d’une sobriété étonnante jusqu’à maintenant, dans la manière de revenir à elle, de s’assurer qu’elle se trouvait saine et sauve et enfin d’exprimer sa gratitude. Si Gret’ s’était trouvée dans cette situation elle se serait sûrement plainte de quelque douleur, se serait examinée elle-même avec des exclamations étonnées et aurait sauté au cou de son sauveur. Mais étrangement, cette distance que laissait la jeune fille entre elles ne ressemblait pas à de la froideur. Elle manifestait de la retenue, mais dans une attitude courtoise et même agréable. Elle semblait s’imposer des codes très complexes, c’est ce que perçut Gretel de manière indistincte, en une fraction de seconde. Troublée, elle demanda simplement :

- Tu peux marcher ?

Marcher, mais pour aller où ? D’abord, quitter cette plage où l’atmosphère se faisait de plus en plus lourde. Les nuages bas étaient pesants et sombres, et les flots assombris eux aussi s’agitaient plus frénétiquement, projetant de longues franges d’écume contre les pierres. Comme pour servir d’avertissement, un grondement menaçant et qui confirmait la nécessité de partir se fit entendre. Une étincelle traversa la masse nuageuse pour aller se perdre dans la brume trouble qui se formait au loin, sur l’océan. L’adolescente se tourna à nouveau vers sa comparse qui la fixait de ses yeux en amande au regard pénétrant, puis elle leva la main vers les habitations, en contre-haut.

- On devrait aller se mettre à l’abri dans une maison, je crois qu’il va pleuvoir.

Elles étaient déjà restées bien trop longtemps ici, et cet océan avait une réputation si abominable que la blonde s’étonnait de n’avoir pas encore été attaquée par une créature monstrueuse. Mais mieux valait ne pas tenter le diable, surtout si une tempête était sur le point d’éclater. Gret’ avait vécu beaucoup de choses, elle avait enduré la pluie la neige et la grêle lorsqu’elle vivait dehors, mais jamais elle n’avait assisté à une tempête en mer et à vrai dire cette expérience ne la tentait pas plus que ça. Elle se releva précautionneusement, appuyant ses paumes écorchées contre ses genoux en aussi mauvais état. La brûlure causée par le sel s’était atténuée et elle ne saignait plus. Son short était sec, et en baissant les yeux alors qu’elle sentait un contact dur sous son pied, elle se rendit compte qu’il lui manquait une chaussure.

- Merde ! maugréa-t’elle en se tournant vers l’océan qui lui pourrissait décidemment la vie, sans être encore parvenu à la lui prendre.

Avec un boitillement, elle s’approcha de l’inconnue et lui tendit la main.

[Et pardon pour le retard .]

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Sam 14 Mai - 17:51


Ses yeux rouges posés sur les galets qui étaient à moins de deux centimètres d’elle, Saika ne faisait qu’écouter les vas-et-viens de la mer un peu plus bas. L’air salé et humide faisait battre ses cheveux contre son visage, mais elle avait l’impression de revivre. C’était comme si une nouvelle vie s’offrait à elle, un nouveau départ. Bien sûr, il était strictement impossible pour un esprit relatif comme le sien de trouver une explication logique à ce qui venait de lui arriver. Mais la jeune fille, pendant toute sa vie, n’avait jamais essayé de trouver une explication logique, scientifique aux faits. Elle ne pouvait pas dénier l’existence de quelque chose qu’elle n’avait jamais vu, mais ne pouvait pas non plus dire « c’est impossible » devant quelque chose qui se passait sous ses yeux. Les explications logiques, elle les avait abandonnées depuis bien longtemps.
Quand Saika releva la tête, elle surprit la jeune fille qui l’avait sauvé à faire la même chose. Habituellement, quand on remerciait quelqu’un, l’autre était plutôt gêné, et invitait la personne à terre à se relever. Si la blonde avait fait la même chose qu’elle, cela signifiait que les coutumes ici n’étaient pas les mêmes. Saika hésita un instant. Ici, elle sentait qu’elle devait s’adapter. C’était cette voix dans sa tête qui lui criait. Celle qui la protégeait. Dorénavant, elle ne ferait rien qui diffère du comportement normal des gens de ce « monde ».
L’autre lui parla. Sa voix aiguë et cristalline résonna à travers son esprit, comme une sorte d’appel. Mais le plus étonnant là dedans, c’est que ce n’était pas du japonais. Ni aucune langue qu’elle n’avait jamais entendu. Néanmoins, elle comprenait le moindre des mots que la jeune fille aux yeux bleus lui disait. Comme si elle avait connu cette langue depuis toujours, qu’elle pouvait la parler et l’écrire couramment. Comme si elle était, depuis toujours, implantée quelque part dans son cerveau, attendant d’être réveillée.

« Tu peux marcher ? »

Se rendant soudait compte d’à quel point elle était en train de la dévisager, Saika secoua un peu sa tête pour reprendre ses esprits, et essaya tant bien que mal de se mettre debout. Ses jambes étaient aussi lourdes que si elle avait couru quatre marathons, elle avait aussi faim que quand on se réveille à midi et que le sol nous attire comme un aimant, un rideau noir devant les yeux, avant de faire deux trois pas et de se sentir à nouveau bien.
Une fois bien stable sur ses jambes, Saika sautilla deux trois fois, et s’émerveilla devant ses jambes, en pensant étrangement « vous m’avez manquées ! »
Puis elle se retourna vers la fille, qui regardait avec un air inquiet à la fois le ciel et la mer derrière elle.

« En dirait bien que oui… »

Cachant tant bien que mal sa stupéfaction devant le fait de parler naturellement une langue qu’elle n’avait jamais entendue auparavant, elle se disait qu’il fallait probablement ne pas se faire remarquer. Prétendre habiter ici était peut être la meilleure solution, et elle pouvait toujours faire le coup de d’amnésie, sans le dire explicitement, pour donner le sentiment à l’autre de se prendre pour un médecin, un peu comme « ça doit probablement être une amnésie, le choc a peut être été répercuté sur ta tête, entrainant une perde partielle de mémoire. »
Une fois sa surprise passée, Saika réalisa enfin les énormes nuages noirs qui avaient couvert le ciel en moins de cinq minutes. La mer, qui chez elle était le jouet de tous les enfants, la maman des bateaux, avait l’air d’être ici le repère du grand méchant loup. Elle arrivait à voir la peur qui arrivait dans les yeux de la jeune fille, ses cheveux blonds au vent, quand elle posait ses yeux d’un bleu profond sur l’immensité bleue qui était devenue grise. Réalisant la présence du sac sur son bras, elle se décida à l’ouvrir. Il ne contenait pas grand chose, si ce n’est un autre flingue, qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à celui de son oncle, deux silencieux et deux chargeurs. Elle le referma. Si l’autre en découvrait le contenu, elle pourrait avoir peur de Saika, ou pire, la tuer. Non, si l’intention première de cette fille était de la tuer, elle aurait eu largement le temps de le faire quand Saika était inconsciente. Cela la rassura un peu. La regardant avec soulagement, son sac pressé contre son épaule, elle regarda la blonde se retourner vers elle et pointer quelque chose au loin, vers le haut.

« On devrait aller se mettre à l’abri dans une maison, je crois qu’il va pleuvoir. »

Elle observa un instant les maisons un peu plus haut, et acquiesça. Elle commença à marcher, ses jambes pesant autant pour elle que deux enclumes accrochées au bas de son corps, qui en plus lui donnaient des fourmis. La faim qui tordait son estomac avait comme par magie disparue. Elle avait juste un peu mal au cœur et soif, probablement à cause des litres d’eau de mer qu’elle venait d’avaler. Elle reprenait peu à peu l’usage de ses jambes, allant stupidement de l’autre côté, quand elle entendit un juron sortir de la bouche de l’autre fille. Tiens, elle n’aurait pas pensé que des mots aussi grossiers sortiraient de la bouche d’une si jolie fille. Bha, de toute façon, c’était pas elle qui pouvait dire quoi que ce soit, elle en plaçait un toutes les deux phrases. Elle remarqua soudain qu’il manquait une chaussure, dévoilant un pied tout aussi gracile et beau que le reste du corps de cette fille. Elle hésita à lui proposer une de ses chaussures, avant d’abandonner cette idée, pensant que ses propres pieds étaient bien trop petits pour que l’autre se sente bien dans ses chaussures. La blonde se tourna soudait vers elle et lui tendit la main, un sourire réconfortant sur les lèvres. Elle l’attrapa volontiers, lui rendant un sourire tout aussi radieux, et entreprit de monter la pente qui les séparait des maisons. Elle entendit un autre grondement, qui la poussa à accélérer. D’un elle ne voulait surement pas être un fardeau, et de deux, elle sentit une goutte tomber sur son visage. Elle remonta un peu pour être au même niveau que l’autre, qui boitillait légèrement du pied qui n’avait pas de chaussure. Peut être trouveraient-elles une paire dans une de ces maisons ?
En se rapprochant de celles-ci, Saika se rendit compte qu’elles étaient tout sauf entretenues, probablement abandonnées, confirmant son opinion qu’ici, la mer était dangereuse. Elle nota ça dans un coin de sa cervelle, se promettant de s’en rappeler si elle revenait un jour ici. Il n’y avait plus que dix mètres qui les séparaient de la première maison, quand Saika faillit trébucher, se reprenant juste au dernier moment, manquant de dévaler la pente. Elle gravit d’une traite son retard, et finit par arriver la première devant la maison, avant de déclarer gentiment à la fille :

« On te trouvera peut être une paire de chaussures là dedans, avec un peu de chance… Sinon tu pourras toujours prendre les miennes, si elles te vont ~ »

Elle lui souriait, la flamme de ses yeux rouges se faisant moins menaçante qu’habituellement, et entrouvrit la porte, avant de soudain se rendre compte qu’elle ne s’était même pas présentée.

« Ah, au fait, on ne s'est pas présentées… moi je m’appelle Saika. »

La pluie, à peine perceptible quelques secondes plus tôt, commença à tomber d'une traite, d'un énorme grondement, et la voix de Saika n'arrivait même plus à couvrir le bruit des gouttes qui se fracassaient contre les rochers. Elle se précipita à l’intérieur de la maison, éclairée par la faible lumière qui parvenait à peine à traverser les vitres salles de la fenêtre, tirant la main de la blonde qui l’avait sauvé de ce qu’on aurait pu appeler la mort.
On pouvait distinctement entendre le son de chacune des gouttes de pluie qui tonnaient contre le toit. Saika s'assit dans un coin, s'empêtrant dans son imposante robe, contrainte de rester bien droite à cause de ce que l'on aurait pu appeler un corset. Ses mouvements étaient bien trop ralentis à cause de la robe, aussi belle soit-elle. Il lui fallait de nouveaux vêtements.

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Jeu 9 Juin - 21:08


    Your days you say they’re way too long
    And your nights you can’t sleep at all (hold on)
    And you’re not sure what you’re looking for
    But you don’t want to no more
    And you’re not sure what you’re waiting for
    but you don’t want to no more

    But we all bleed the same way as you do
    And we all have the same things to go through

    Hold on...if you feel like letting go
    Hold on...it gets better than you know
La brune lui rendit son sourire ce qui rassura un peu Gretel. Malgré ses coutumes très cordiales, sa camarade savait se montrer sociable et même sympathique. Celle-ci saisit sa main et s’approcha, jetant un regard curieux à son pied nu. Quelques gouttes de pluie commençaient à tomber sur les galets, formant de minuscules taches rondes et grises sur la poussière salée qui recouvrait les pierres. Les deux jeunes filles se hâtèrent de remonter, Gretel gardait la tête baissée vers le sol pour éviter de se tordre la cheville. Elles dépassèrent les derniers cailloux et se dirigèrent vers la maison la plus proche. C’était une habitation basse sans étage, dont la pergola de bois pourrissait sur pieds – la peinture blanche qui la recouvrait autrefois avait presque entièrement disparu. Deux fenêtres carrées à squelette de bois fendu et une porte étroite trouaient la façade décrépie. La poignée de la porte était rouillée, ainsi que les charnières des fenêtres. Une vieille chaise en bois renversée traînait sous la pergola, en morceaux. Le toit de tuiles orangées était très légèrement incliné sur une gouttière unique, dont le grossier tuyau de zinc descendait jusqu’à mi-hauteur du mur. En s’écoulant, l’eau y avait laissé des traînées noirâtres. Quelques tuiles manquaient, d’autres étaient brisées. Une bâche de plastique noire trouée, qui claquait au vent, témoignait d’une ancienne réparation de fortune. Une longue fissure craquelait la cheminée coiffée d’un cône métallique. Ce n’était pas une maison très accueillante et son aspect laissait à penser que personne n’y avait mis les pieds depuis plusieurs années. Cependant, aucun des murs n’était lézardé sous la peinture et la porte ainsi que les vitres avaient tenu le coup. Elles étaient sales certes, mais entières. Les volets eux, par contre, étaient tombés à force d’être malmenés par le vent marin. Mais cela leur permettrait d’avoir de la lumière à l’intérieur.

- On te trouvera peut être une paire de chaussures là dedans, avec un peu de chance… Sinon tu pourras toujours prendre les miennes, si elles te vont ~

La blonde se tourna vers l’adolescente, avec un léger sourire de fillette gênée qu’on fasse attention à elle. Lâchant sa main, elle haussa les épaules.

- Je ne compte pas t’en priver ! Mais j’espère que tu as raison…

La jeune fille arriva à la porte de la maison avant elle. Lorsqu’elle actionna la poignée grinçante et qu’elle la poussa, un craquement se fit entendre. Le verrou rongé par l’humidité venait probablement de céder. Ou bien personne n’avait franchi le pas de cette porte depuis très, très, très longtemps… Lorsqu’elle écarta un peu le battant, la lumière pénétra à l’intérieur de la bâtisse, révélant un sol moulé dans le même ciment que les murs. L’adolescente aux yeux rouges se retourna vers l’héroïne.

- Ah, au fait, on ne s'est pas présentées… moi je m’appelle Saika.

Gret’ réfléchit quelques secondes, consultant ses souvenirs. Le grondement du tonnerre se joignit de nouveau à celui de l’océan et la pluie redoubla. La Chips rejoignit sa compagne à l’entrée.

- Je n’avais jamais entendu ce nom avant, tu ne dois pas être d’ici, non ? Ah, et moi c’est Gretel, répondit-elle. Contente de t’avoir trouvée.

Et c’était vrai, elle était vraiment contente d’avoir rencontré cette fille intrigante, dont l'accent ne lui disait rien. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’avait jamais sauvé la vie à personne excepté son frère jumeau, et encore moins à une inconnue, une des rares filles de son âge qui ne la méprisait pas, ne la jalousait pas. Il y en avait, c’est sûr. Mais pas beaucoup. Saika l’entraîna à l’intérieur, faisant claquer la porte derrière elles. L’obscurité n’était pas totale, mais il fallut un moment aux yeux de la blonde pour s’habituer à la pénombre. Il semblait y avoir deux autres fenêtres dans cette pièce, qui était divisée par de fines demi-cloisons. Un large évier rectangulaire, où macérait un fond d’eau trouble, était encastré dans un coin. Un poêle de fonte sur lequel reposait une plaque de cuisson ronde dormait contre le mur du fond, non loin d’une fenêtre. Par endroit, la peinture des murs était gonflée d’humidité. Pas de meubles. Une simple porte, au fond à gauche, qui ressemblait à un placard. Cette porte intriguait Gretel, qui s’en approcha après avoir délacé son unique chaussure et l’avoir posée à côté de la porte. La poignée ovale n’opposa pas de résistance et elle repoussa largement le battant, qui buta contre quelque chose. Une faible lumière pénétra dans la pièce, révélant un véritable capharnaüm. Des meubles de toutes sortes entassés, coincés contre les murs, encastrés les uns dans les autres. Un canapé, des sièges, des fauteuils, des lampes à pied, des coffres et des malles, des cadres de tableau vides, et même une petite voiture à pédales métallique. Une armoire imposante, dont le battant ne pouvait plus fermer tant elle contenait de draps, couvertures et édredons. Un buffet qui devait probablement renfermer de la vaisselle, sur lequel étaient serrés quelques bibelots. Une pièce vide et une pièce pleine à craquer. Pourquoi ?

- Waouh… souffla-t’elle. Hé, Saika ! Viens voir !

Elle se retourna vers son amie qui s’était assise sur le sol, adossée au mur.

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Dim 12 Juin - 16:41



« Je n’avais jamais entendu ce nom avant, tu ne dois pas être d’ici, non ? Ah, et moi c’est Gretel, contente de t’avoir trouvée. »

Ah. Son nom ? Même chez elle, les gens le trouvaient bizarre. Un nom assez étrange, ça on pouvait le dire. De toute façon, trouver de jolis noms n’était pas quelque chose que la famille de Saika maîtrisait vraiment. D’après sa prononciation, son prénom signifiait en japonais l’offense, la faute, ou encore le crime, toutes sortes de choses. De sa lecture graphique, le prénom « 罪歌 » soit « Zaika » Signifiait « la chanson du péché », un nom assez étrange, si l’on puis dire. Mais Saika aimait son prénom. C’était elle. Et la jeune fille trouvait que ce nom lui allait étrangement bien. Elle ne lui mentirait donc pas en lui disant que tout le monde trouvait son prénom assez étrange, qu’elle soit chez elle ou « ici ».

« Ouais, tout le monde trouve mon nom étrange, c’est vrai qu’il est pas commun… »

Gretel ? La jeune fille aux yeux rouges sourit un peu en entendant son nom. Comme le conte des frères Grimm, « Hansel et Gretel », ces deux enfants abandonnés dans la forêt qui tombent sur une maison en pain d’épice. Même en étant un conte occidental, allemand, pour être précis, Saika le connaissait. C’était de la culture populaire, il fallait bien ça.
Sous le coup de l’impulsion, la brune lui demanda, en plaisantant

« Dis, t’aurais pas un frère qui s’appelle Hansel, par hasard ? »

Posant d’un coup ses deux mains sur sa bouche, elle s’arrêta brutalement de parler, tout en réalisant à quel point ce qu’elle venait de dire était stupide. Elle n’était pas chez elle ici. Il ne fallait surtout pas qu’elle dise quoi que ce soit qui puisse la faire différente des gens qui habitaient dans ce « monde ». Espérant qu’elle n’ait pas entendu, Saika s’assit dans un coin.
Gretel était en train d’explorer la maison. La jeune fille aux yeux rouges, quand à elle, se décida à examiner ce sac étrange avec lequel elle était arrivée ici. C’était un simple sac à dos de toile beige-brunâtre, sans distinctions particulières, avec une petite poche à l’extérieur. Elle dézippa la fermeture éclair qui le fermait, et jeta un coup d’œil de ses iris rouges sang à l’intérieur, et saisit un des deux chargeurs, tout en gardant sa main à l’intérieur du sac, pour que l’autre fille n'en voie pas le contenu. Celui-ci était accompagné d’une notice, qui n’était pas écrite en japonais. Mais étonnamment, la brune aux yeux rouge comprenait et lisait sans mal ce qui était écrit. Elle ne prit pourtant pas la peine de lire la notice en entier, et sursauta quand Gretel l’appela, refermant précipitamment son sac, et le laissa au sol. Elle se releva avec difficulté, son corset lui coupant la respiration. Tout en marchant, elle tenta de passer sa main derrière son dos pour essayer d’attraper le fil qui, en défaisant son nœud, aurait pu lui permettre de respirer correctement, sans succès.
Elle s’approcha de l’autre pièce devant laquelle la blonde était restée comme stupéfaite.
Saika observa un instant le désordre qui se trouvait en face d’elle. Et quand elle parlait de désordre, c’était plutôt pour elle la notion de « ma chambre vraiment mal rangée » qui lui venait à l’esprit. Là, ça dépassait toutes ses attentes. Des meubles entassés, des armoires pleines à craquer, de la vaisselle brisée, des malles, des valises, quelques vêtements… et j’en passe.


« Fiouuh… siffla-elle d’approbation. C’est vraiment le bordel ici. En plus l’autre pièce est complètement vite. Assez bizarre. »

Elle poussa de force la porte, ne parvenant pas à l’ouvrir en entier, en essaya tant bien que mal d’entrer dans ce bordel intersidéral.
Enjambant une table basse couverte de vieux journaux, tout en s’appuyant contre le mur, les épais volants de sa robe faisant presque tomber les innombrables bibelots posés çà et là. Elle parvint néanmoins à se frayer un passage, en marchant sur les tables et les chaises, jusqu’à une armoire qu’elle suspectait de contenir des vêtements. Elle en avait assez de cette robe. Jetant un petit regard rouge à Gretel, comme pour avoir son consentement, elle ouvrit la porte en bois d’un geste rageur. Celle-ci fit un gros Clac de verrou qui casse, et un énorme grincement à faire frissonner.

« C’est bien ce que je pensais. Des vêtements. »

Ses pupilles dilatées, Saika examina le contenu de l’armoire. Des t-shirts, des chemises, noires, rouges, des gilets, pantalons et shorts, en passant par les soutien-gorge et autre, Saika fut presque recouverte d’une pile de vêtements qui dépassait l’entendement, comme si la profondeur de cette armoire était telle qu’elle aurait pu abriter les vêtements de toute une vie. Elle poussa deux trois vêtements sur le côté avant de sentir quelque chose de plus dur que la toile et le coton qu’elle touchait quelques secondes plus tôt. Poussant un peu plus, elle parvint à attraper quelque chose qu’elle souleva d’un mouvement triomphant, se retournant vers sa compagne.

« Regarde, Gretel, des chaussures ! »

Elle s’apprêtait à rebrousser chemin au milieu de ce bordel quand elle sentit sur son bras un doux contact familier. Elle tressaillit un instant, un frisson la parcourant de haut en bas, et s’arrêta quelques secondes, comme paralysée.
Elle avait en face d’elle exactement le même gilet que celui de son oncle. Noir, une fourrure douce dans des blancs tirant vers le beige, située au niveau de la grande capuche, du col et des manches, de grandes poches, un tissu assez épais et doux… tout y était. Elle attrapa le vêtement en question, ainsi qu’un short dont la ceinture lui paraissait à sa taille, mais les jambes trop longues à son gout, une bête ceinture de tissus noire, et un simple t-shirt noir un peu trop grand, avant de revenir vers Gretel, son butin à la main.


[Je te laisse faire ce que tu veux de Gretel pendant ce temps là, et la description des bottes est toute à toi, amuse toi surtout \o/]
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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Lun 27 Juin - 21:48

Always stays the same, nothing ever changes,
English summer rain seems to last for ages.
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Saika vint la rejoindre à l’entrée de la pièce, qui devait autrefois être une chambre au vu du papier peint aux motifs de toile de Jouy qui tapissait les murs. La jeune fille inspecta l’entassement désordonné avec un sifflement, elle s’était apparemment faite la même réflexion que Gretel. Une ampoule pendait au plafond, la large sphère de papier qui l’entourait était enfoncée par le pied d’une chaise retournée. La blonde chercha l’interrupteur du regard, il se trouvait à côté de l’encadrement de la porte, sur sa gauche. Elle l’actionna mais le globe de verre, dont le filament était probablement brûlé, refusa de s’illuminer. Elle laissa entrer sa camarade qui se faufila jusqu’à une armoire à la lourde porte de bois d’un brun qui semblait presque noir – néanmoins, tout dans cette pénombre paraissait sombre. Elle en força le verrou, et commença à fouiller allègrement à l’intérieur du haut meuble poussiéreux.

- C’est bien ce que je pensais. Des vêtements, constata-t’elle d’un air satisfait.

Gret’ leva un sourcil et fixa son amie pendant un instant, un peu déstabilisée par cette manière qu’elle avait de se comporter comme si ce qui se trouvait ici lui appartenait. Lorsque la brune se trouva recouverte de vêtements de toutes sortes, s’affairant toujours à vider l’armoire de son contenu, elle fit quelques pas vers elle en déplaçant avec précaution les objets contendants qui encombraient le passage. Elle était un peu choquée par la présomption dont faisait preuve cette jeune fille qui s’était montrée si cordiale tout à l’heure, mais s’abstint de tout commentaire.

Bifurquant sur la gauche après avoir escaladé une table tant bien que mal, l’héroïne se dirigea vers une fenêtre qu’elle venait tout juste de remarquer. Seul le battant droit pouvait être ouvert, l’autre étant bloqué par l’empilement de deux fauteuils capitonnés. La poignée craqua et les charnières grincèrent un peu lorsqu’elle les actionna. Les volets de cette fenêtre-ci n’avaient pas été arrachés par le vent, elle les poussa donc avec force après avoir soulevé le loquet rouillé et plein de toiles d’araignées. Une lumière blanche fusa à travers toute la pièce, faisant apparaître la multitude de grains de poussière qui voletaient paresseusement autour des deux demoiselles. Gret’ essuya ses mains couvertes de filaments grisâtres sur les rideaux de velours rouge sombre.

Elle sourit d’un air embarrassé lorsque Saika brandit une paire de bottes dans sa direction avec une exclamation triomphante. Elle prit cependant le temps de les détailler, laissant courir son regard le long de l’entrecroisement des lacets, de la languette de cuir brun jusqu’à la semelle noire. Pourvu qu’elles soient à sa taille, elle ne se sentait pas l’envie de retourner le contenu d’une autre armoire pour trouver une paire plus adaptée. Après tout, les deux adolescentes ne faisaient que s’inviter ici, et l’héroïne n’avait ni la témérité ni l’aisance de sa comparse, bien que celle-ci soit un peu plus jeune qu’elle.

- Cool, merci ! fit-elle tandis que la jeune fille revenait vers elle. Tu devrais remettre un peu d’ordre… Enfin ne bouge pas, je vais m’en occuper, glissa-t’elle tout de même en tendant les bras pour saisir les bottes.

Elle lui adressa à nouveau un sourire légèrement gêné avant de la contourner pour se diriger à son tour vers l’armoire, dans la quelle régnait maintenant un grand désordre après que plusieurs piles de vêtements aient été renversées. Elle entreprit de replier certains vêtements et de reformer les piles tout en rêvassant. Cette pièce inspirait à la blonde un sentiment mêlé. Elle était à la fois totalement sans-dessus-dessous et aménagée avec une certaine logique. Certains meubles très volumineux avaient été démontés ou repliés, et non pas brisés en leur milieu comme on l’aurait cru au premier regard. On avait déboulonné les portes d’un buffet pour y ranger plusieurs chaises encastrées les unes derrière les autres, une table avait également été séparée de ses pieds et appuyée le long d’un mur. Par ailleurs, un vase blanc et le plat creux dans lequel il reposait avaient basculé de la table sur laquelle ils se trouvaient, poussés par les autres bibelots, et avaient éclaté contre le sol, s’éparpillant en centaines d’éclats de porcelaine, et les meubles placés en haut des empilements étaient généralement appuyés en équilibre, comme ajoutés au reste bien plus tard, à la hâte. En détaillant l’ensemble avec attention il était presque certain, voire évident, que seuls n’étaient pas rangés ici les objets nécessaires à l’ameublement d’une seule maison – ce qui était encore plus étrange que l’effet de contraste pièce pleine / pièce vide. Dans l’un des angles, par exemple, étaient empilés deux petits poêles de fonte rectangulaires, mais d’époques et de styles différents. Or il n’y avait pas dans cette pièce la moindre trace de cheminée à laquelle les raccorder. Le climat sur cette partie de la côte n’était de toute manière pas glacial, même en hiver, et mis à part lors des averses comme celle qui s’abattait en ce moment avec fracas contre la toiture, les températures n’étaient pas capricieuses. Il ne neigeait quasiment jamais.

Gretel interrompit le cheminement de sa pensée, sans pouvoir se rappeler à quelle conclusion elle devait aboutir. Elle n’avait décidément pas beaucoup de suite dans les idées – le mot était encore faible. Son amie avait également sorti de l’armoire de quoi se changer, sa robe semblait effectivement la limiter dans ses mouvements. La blonde comprit alors pourquoi elle avait essayé de desserrer son corset un moment auparavant.

- Tu veux un peu d’aide pour enlever ta robe ? Ensuite on pourrait essayer d’allumer le poêle qui est là bas, proposa-t’elle en indiquant la porte d’un signe de tête.

Elle ouvrit rapidement, à tout hasard, le tiroir qui se trouvait au bas de l’armoire. Par chance il contenait plusieurs paires de chaussettes. Gret’ saisit la première qui lui tombait sous la main, tout en se disant qu’elle était maintenant assez mal placée pour faire la leçon à sa camarade. Elle se remémora en outre les nombreuses fois où elle avait volé à l’étalage pour s’habiller et se nourrir, peut-être n’était-elle pas aussi irréprochable qu’elle le pensait – même si elle considérait toujours qu’il y avait une réelle différence entre voler dans une grande surface et s’introduire chez quelqu’un pour fouiller dans les armoires. Faisant volte-face, elle se rapprocha de Saika, se glissa derrière elle et posa la paire de bottes sur une table basse, à côté d’elle, pour dénouer le laçage de son corset à l’aide de ses ongles. Une fois le nœud défait, elle donna de la longueur aux boucles et s’éloigna de la brune.

- Voilà ! Je te laisse te changer et pendant ce temps, j’essaierai de comprendre comment marche ce truc qui est censé nous réchauffer.

Elle s’éloigna et passa la porte dans le sens inverse, s’avançant à nouveau dans la pièce vide qui semblait à présent encore plus spacieuse.


[♥. Je décrirai les bottes plus en détails dans le prochain post X). J'aimerais écrire des pages et des pages de description, mais ça serait un peu lourd. *se cache*]

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Mer 27 Juil - 15:15


Saika sursauta en entendant le claquement des volets qui battaient contre ce qui restait des fenêtres. La pluie continuait de couler à flot sur le toit de la vieille bâtisse, ne laissant derrière elle que le grondement de gouttes éclatant sur le sol. Tout en contrôlant le moindre de ses mouvements, Saika chercha à comprendre pourquoi cette pièce avait été aménagée ainsi. La maison était visiblement abandonnée depuis plusieurs années, vu la couche de poussière et l’état de délabrement de l’endroit. Pourquoi entasser autant de meubles dans un espace aussi étroit, alors que ce que l’on pouvait deviner comme le salon était entièrement vide ? Son regard pourpre détallait la table coupée en deux qui trônait au milieu, les éclats de porcelaine blanche couverts d’une pelucheuse couche grisâtre de poussière, le papier peint fleuri bleu qui lui rappela quelques vagues souvenirs, une réminiscence confuse de quelque chose qu’elle n’avait probablement jamais vécu, vu ou ressenti. Elle finit son périple au milieu de la jungle de meubles en enjambant un coussin de velours rouge entouré d’une sorte de corde dorée qui reflétait les quelques faibles rayons de lumière passant par la moitié de fenêtre, ouverte par Gretel quelques instants plus tôt. Le vagissement de la pluie faisait rage, mais celui-ci faisait à la brunette l’effet d’un bain chaud, une relaxation étrange qui la traversait de toute part. Elle aimait écouter la pluie. Boire la moindre de ses paroles, lui chuchoter des mots doux, l’écouter sans un mot jusqu’à s’endormir paisiblement. Mais il n’était pas moment de dormir. Tendant avec satisfaction la paire de bottes sur laquelle elle avait mis la main quelques secondes plus tôt à la blonde, un petit sourire aux lèvres, elle hésita un instant. L’autre avait visiblement l’air gênée, regardant le désordre que Saika avait mis dans le placard qu’elle venait de fouiller. Ah, pensa-t-elle, sans être vraiment embarrassée par son manque de respect. Pour elle, cette maison avait visiblement été laissée sans propriétaires pendant très longtemps, personne ne viendrait lui demander de comptes, et elle avait plus besoin de ces vêtements que les insectes et rongeurs qui avaient élu domicile ici, profitant de l’humidité et de l’abri dont ils disposaient. Néanmoins, la jeune fille se sentit obligée d’aller mettre un peu d’ordre avant que l’autre ne lui fasse la remarque, mais réagit un peu trop tard. Gretel la remercia, d’un petit sourire troublé.
    - Cool, merci ! Tu devrais remettre un peu d’ordre… Enfin ne bouge pas, je vais m’en occuper, lui avoua-t-elle, tout en attrapant la paire de bottes que Saika avait sorti de l’armoire.
Elle ouvrit la bouche pour répondre quelque chose, mais ne trouva rien d’intelligent à dire à part un « Ah… merci… » Tout en lui souriant d’un air embarrassé. Elle l’aurait fait elle-même de toute façon, Saika n’aimait pas l’aisser une traçe de son passage dans les endroits où elle allait. Elle n’eut pas le cœur à arrêter sa comparse.

Sans vraiment essayer de comprendre pourquoi cette pièce était aménagée ainsi –cette information ne lui aurait pas servi à grand chose, et Saika ne se posait que des questions qui pouvaient lui apporter un savoir utile pour plus tard- elle s’approcha d’un coin un peu moins encombré de la pièce pour s’asseoir sur l’accoudoir d’un banc en bois clair, décoré d’un style ancien, mais plutôt élégant et à son goût. Gretel avait déjà presque fini de ranger les vêtements, et la brune entreprit de déplier ceux qu’elle avait gardé. Le t-shirt était plus grand que ce qu’elle aurait pensé, mais au moins, elle ne serait pas trop serrée. Elle releva la tête en entendant la belle voix cristalline de la blonde aux yeux bleus.
    - Tu veux un peu d’aide pour enlever ta robe ? Ensuite on pourrait essayer d’allumer le poêle qui est là bas…
Elle désigna l’appareil qui se trouvait un peu plus loin. Un poêle, qui avait l’air encore en état. Ce n’était pas très répandu au Japon, chez elle, pour se réchauffer, on utilisait plutôt les tables chauffantes sous lesquelles on s’asseyait à genoux, une sorte de couverture sur les jambes. Mais la brune avait un peu froid, et elle acquiesça d’un signe de ses yeux rouge sang, avant de la remercier pour son aide.
Elle se leva avant de tourner le dos à la jeune blonde, qui essayait tant bien que mal de défaire ne nœud que Saika n’avait pas fait. Après avoir bataillé pendant quelques secondes avec celui-ci, la brune sentit sa taille se desserrer, et pu à nouveau respirer correctement. La première chose qu’elle fit fut de prendre une grande inspiration, avant de se retourner pour sourire à Gretel.
    - Aaah, merci, ça fait vraiment du bien de pouvoir respirer à nouveau !

    - Voilà ! Je te laisse te changer et pendant ce temps, j’essaierai de comprendre comment marche ce truc qui est censé nous réchauffer, lui répondit-elle.
Saika lui sourit une dernière fois, avant de desserrer encore un peu plus son corset, et de se glisser dans l’autre pièce, à l’abri du regard de la blonde. La brunette n’était pas vraiment pudique, mais elle savait très bien, en sentant le contact froid d’elle-ne-savait-quoi sur sa jambe, qu’elle était tout à fait susceptible de porter d’autres armes. L’adolescente ne voulait pas effrayer celle qui l’avait sortie de l’eau plusieurs heures auparavant.
Elle descendit le tissus de la robe vers ses jambes, tout en dégrafant son corset, et lâcha finalement la robe qui tomba mollement à ses pieds. Elle l’enjamba et contempla son accoutrement, qu’elle n’avait visiblement pas choisi. Des bas noirs remontaient en haut de ses jambes, entourés de dentelle en haut, accrochés par deux rubans à des portes jarretelles. Retenant une exclamation de surprise, elle rougit un peu et entreprit d’enlever ceux-ci. Elle détacha les rubans et dégrafa ce qui les retenait, avant de l’enlever et de l’enfouir dans son sac qui reposait au sol un peu plus loin, et, à défaut d’enlever les bas, les baissa et replia pour en faire des chaussettes.
Elle contempla ses jambes qui étaient encore parsemées de bleus, avant de se rendre compte de la magnifique lingerie qu’elle portait, et qu’elle n’avait ni achetée ni jamais portée de sa vie. Le plus étrange était qu’elle était parfaitement à sa taille. Elle portait un soutient gorge noir, avec un peu de dentelle, aux bretelles réglables, qui était parfaitement ajusté à sa poitrine et qui mettait très bien ses atouts en valeur, et la culotte assortie, confortable mais serrée comme elle l’aimait. Quoique dubitative devant le fait que ces vêtements se soient miraculeusement matérialisés sur elle à la place de son maillot de bain une pièce, la jeune fille ne se posa pas vraiment de questions. Elle était bien arrivée ici, alors tout pouvait encore arriver, rien ne pourrait la surprendre.
Comme elle s’y attendait, plusieurs couteaux étaient répartis un peu partout dans son corps. Elle retrouva avec joie son cran d’arrêt favori, qui était accroché à sa cuisse par une lanière et un étui en cuir, et découvrit des poignards de lancer aussi fins et effilés que les lames de rasoir, d’à peine dix centimètres mais pourtant parfaitement assez lourds pour qu’ils fendent l’air aussi rapidement que ceux de son oncle. Ils étaient si fins qu’elle pouvait en mettre un entre chacun de ses doigts pour se prendre pour wolverine. Elle en saisit un, admira sa balance et la répartition de son poids, et se retint de le lancer pour le glisser avec les autres à l’endroit où elle les avait trouvés : dans un étui maintenu dans ses chaussures, parfaitement bien caché, et invisible à qui ne le cherchait pas. Elle trouva également à sa cuisse le dispositif vide qui maintenait habituellement son pistolet, et enleva celui-ci en détachant la courroie qui le maintenait, pour le ranger au fond de son sac. Elle enfila finalement le short, ayant bien vérifié qu’elle ne portait rien d’autre comme armes, et fut déçue par sa forme. Il était bien trop large pour qu’elle l’apprécie, mais au niveau de ses hanches, la ceinture taille basse était bien ajustée. Elle attrapa son couteau et entreprit de trancher le tissus au niveau des cuisses, commençant par le bas et s’arrêtant un peu avant la poche, puis noua des deux extrémités du tissus ensemble pour les maintenir plus haut sur sa jambe, et fit la même chose de l’autre côté. Satisfaite de la transformation du short, qui, en plus d’être plus pratique, la mettait plus en valeur – la longueur de celui-ci était raccourcie- elle enfila finalement le t-shirt, qui n’était pas trop grand mais pas non plus trop serré, assez décolleté car visiblement taillé pour homme, il lui allait aussi bien que n’importe quel vêtement. Elle finit par mettre le gilet, qui lui rappelait tellement son oncle, et lâcha son cran d’arrêt encore dans sa main dans une de ses grandes poches, avant de reprendre sa robe en boule par terre pour la plier correctement et la ranger dans son sac, laissant ce dernier derrière elle.
Avançant lentement pour rejoindre Gretel, son regard fut capté par un grand miroir sale et fissuré accroché au mur. Ce n'était pas seulement le reflet de sa propre personne qui avait fait que son regard se pose dessus, pas ses longs cheveux noirs et brillant parsemés de quelques boucles, pas son visage albâtre que quelques mèches noires venaient couper, mais ses yeux rouges, brillant dans la semi-bscurité, reflétant la lumière grise qui passait entre les nuages pour venir faire la lumière dans cette vieille bâtisse, et qui avaient l'air terriblement malfaisant, d'une manière où d'une autre. Elle sursauta en se voyant, son regard capté pendant un instant qui parût une éternité, avant d'accélérer le pas, et rejoint la blonde, un petit sourire au lèvres.

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Mar 23 Aoû - 19:39


    With your feet in the air,
    and your head on the ground
    Try this trick and spin it ! Yeah !
    Your head will collapse,
    but there's nothing in it
    And you'll ask yourself

    Where is my mind?
    Where is my mind?
    Where is my mind?
    Way out, in the water see it swimmin'

    I was swimmin´ in the Carribean
    Animals would hide behind the rocks.
    Except the little fish
    But he told me east was west
    Tryin' to talk

    Where is my mind?

    - PLACEBO

Gret’ fit quelques pas mal assurés dans l’immensité de ce sol nu, tournant la tête de droite et de gauche. Est-ce qu’elle rêvait ? La pièce s’était agrandie pendant leur absence. Ou peut-être était-ce l’autre qui rétrécissait ? Elle sourit, s’élança, courut et se jeta contre le mur qui lui faisait face. Il lui avait bien fallu six enjambées pour traverser la large dalle de béton. Elle aurait juré qu’elle avait fait le même nombre de pas pour la traverser en diagonale à une allure normale, de la porte d’entrée à cette de l’antichambre. Mais peut-être se faisait-elle des idées, qui pouvait le dire ? Une botte dans chaque main, elle revint au centre de la pièce et fit un tour sur elle-même, laissant les chaussures voleter au bout de leurs épais lacets. Elle leva les yeux. Un trou d’une rotondité parfaite et du diamètre d’une phalange était percé au-dessus d’elle. Sans doute une ampoule pendait-elle là, autrefois. Elle lâcha ses bottes et jeta un regard à la chaussure qui traînait misérablement près de la porte. Etouffant un bâillement, elle se baissa et s’assit en tailleur entre les bottes de cuir. Elle plongea le bras droit dans l’une d’elles et en sortit la paire de chaussettes. Elle la détailla en la dénouant, étirant le tissu élastique et pelucheux. Elles étaient noires, hautes, striées de coutures élastiques. La bordure supérieure qui s’appliquait sur le haut du mollet, juste sous le genou était ajourée, légèrement déchirée et filée, mais le reste était en bon état. La blonde enfila la chaussette droite, la tendant au maximum contre sa peau. Puis elle saisit la botte droite et entreprit d’en desserrer le lacet à l’aide de ses ongles. En faisant cela, elle regardait avec curiosité le poêle à sa gauche. Sa surface d’un noir terne était percée de quatre ouvertures, sur l’avant – deux tiroir en bas, deux petites portes montées sur des charnières en haut. Le premier tiroir du bas, à gauche, était minuscule et n’avait pas de poignée. Son rebord supérieur était courbé pour aider à l’ouverture. Celui de droite était bien plus large et avait en son centre une petite poignée ronde, en bois, noircie par la suie. Les portes s’ouvraient toutes les deux vers la gauche, à l’aide de deux poignées rigoureusement identiques à celle du tiroir. Elles étaient de la même hauteur, de la même largeur, et les mêmes motifs avaient été poinçonnés sur leur face.

Gretel enfila la botte à son pied droit, qui glissa sans peine jusqu’au fond. Tirant d’un coup sec sur la languette de cuir puis sur les lacets, elle tendit la jambe au-dessus du sol et agita les orteils. Son pied était maintenu, mais pas trop serré, elle pouvait bouger mais pas faire glisser son talon à l’intérieur de la chaussure. Cette paire était exactement à sa taille – à supposer que l’autre botte soit bien de la même pointure que la première. Elle noua le lacet et fit également un nœud avec les boucles. Puis elle saisit la seconde chaussette et la botte gauche, se releva et s’avança d’un pas bancal vers le poêle. A côté de celui-ci se trouvait un cageot qui contenait plusieurs bûches de bois, coupées en quarts. Elle soupira de soulagement et jeta un coup d’œil par la fenêtre en face d’elle, légèrement sur sa droite. Au moins les deux jeunes filles n’auraient-elles pas à aller chercher du bois par ce temps – les bûches mouillées auraient par ailleurs fait un feu médiocre – et ne mourraient pas de froid. Elle se pencha et s’assit à nouveau, le visage à quelques centimètres du poêle de fonte. Elle voyait à peu près comment pouvait fonctionner ce machin. Elle ouvrit la porte de droite, et découvrit une large niche aux parois couvertes de suie. Une simple grille la séparait du tiroir qui se trouvait en dessous. Dans cette niche, on mettrait les bûches et on allumerait le feu. Les cendres seraient recueillies dans le tiroir. Bon. Elle referma la porte, ouvrit celle de gauche. La même niche se présenta à elle, la grille en moins. Elle était cependant séparée en deux étages par une autre sorte de grille, qu’elle fit glisser hors de son logement. Plusieurs araignées avaient élu domicile et tissé leur toile dans cette cavité, mais elles semblaient elles aussi avoir déserté l’endroit. C’est ici que l’on pourrait faire cuire un plat, si l’on trouvait de quoi manger. Bien. Elle referma la porte, ouvrit le large tiroir. Il contenait une fine couche de cendres. Un petit nuage gris s’éleva devant l’héroïne, qui repoussa vivement le tiroir dans son logement, le faisant grincer. Elle se redressa, prise d’une quinte de toux, puis sa pencha à nouveau, sur le dernier tiroir cette fois. Elle tira, rencontrant une résistance. Le tiroir finit par céder et par sortir complètement de son encastrement. Il n’était ni très large ni très profond, et en le retournant Gretel trouva plusieurs allumettes ainsi que trois pages de papier journal soigneusement pliées. Elle se releva avec un cri de victoire.

- On a tout ce qu’il nous faut, ici ! lança-t’elle à son amie à travers la porte.

En s’asseyant à côté de ses trouvailles, elle déroula la seconde chaussette et l’enfila à son pied gauche, puis fit de même avec la deuxième botte. Pendant qu’elle faisait le nœud, elle lut les gros titres du journal.

‹ GRANDE RECONSTRUCTION DE LA CAPITALE :
PURPLE TOWN RENAÎT DE SES CENDRES. ›


Un doux sourire éclaira son visage. Qui se serait douté à cette époque de grand renouveau, à la fin tant attendue de la guerre, que deux orphelins crevaient de faim dans les rues sombres des faubourgs ? Elle délaissa le journal, le repliant d’un geste de la main.

Elle s’approcha du cageot et saisit une bûche à bras-le-corps, la soulevant avec effort. C’est bizarre… ce bois est lourd comme de la pierre ! s’écria-t’elle en elle-même. Elle rouvrit la porte de droite d’un coup de pied et plaça la bûche dans la niche sombre. Soupirant, elle épousseta son T-shirt noir et son short court, et se baissa pour ramasser une allumette et la feuille de papier journal qu’elle froissa pour la glisser sous la bûche. Pressant l’allumette entre le pouce et l’index, elle la frotta vivement contre le poêle. Une étincelle jaillit et l’extrémité de la tige de bois enduite de souffre s’embrasa dans un crépitement. Elle avait réussi du premier coup. Elle mit le feu à un coin de la feuille et jeta l’allumette dans la niche. Celle-ci traversa la grise et alla soulever quelques cendres au fond du tiroir. La feuille de papier journal roussissait, s’effritant et se repliant sur elle-même. La flamme mordait les mots et les éparpillait en petites flammèches grises qui descendaient s’éteindre et mourir sous la grille, dans l’obscurité du tiroir.

‹ GRANDE RECONSTRUCTION DE LA CAPIT
PURPLE TOWN RENAÎT DE SES CENDRE

‹ GRANDE RECONSTRUCTION DE
PURPLE TOWN RENAÎT D

‹ GRANDE RECONSTR
PURPLE TO

‹ GRAN
P



Le visage de la blonde était asséché par la chaleur, mais elle restait immobile, assise devant la porte ouverte du poêle. La flamme lécha la buche un instant, puis celle-ci rougit, devint incandescente et craqua, envoyant une gerbe d’étincelle contre la paroi de la cavité métallique. Gret’ recula un peu. Elle ne voulait pas prendre une étincelle dans la figure. Ses prunelles turquoises suivaient en oscillant le mouvement paresseux de la flamme qui consumait le papier, se reportant parfois sur la tâche incandescente qui faisait craquer et fumer le bois. Ses yeux commencèrent à pleurer, la fumée lui venait en peine figure. Mieux valait refermer la porte. C’est ce qu’elle fit d’une main, tout en s’essuyant le visage de l’autre. Puis elle appuya son épaule gauche au poêle dont la surface commençait tout juste à chauffer, tournant le dos à la seconde pièce. Elle pensa à son frère. La mélancolie l’envahissait. Comme ils auraient aimé avoir une telle habitation, ce poêle, ce bois et ces vêtements lorsqu’ils étaient livrés à eux-mêmes. Elle soupira une nouvelle fois, calant ses genoux sous son menton, fermant les yeux.

Elle n’entendait plus rien derrière elle, dans la pièce où se trouvait Saika. Elle frissonna, écoutant attentivement chaque craquement de la bûche, chaque impact des gouttes sur la vitre, mais elle n’entendit rien d’autre que les sons monotones qui emplissaient déjà l’espace quasiment vide où elle se trouvait. Alors l’étrange pressentiment qu’elle avait eu plusieurs dizaines de minutes auparavant alors qu’elle faisait face à cette inconnue sur la plage la reprit. Comme si une part invisible d’elle-même se débattait, luttant contre l’empathie qu’elle ressentait pour la brune, la suppliant d’être plus méfiante. Le sang battait à ses tempes, elle sentit la chair de poule hérisser sa nuque et ses avant-bras. Son frère était un chasseur confirmé, lui aurait su interpréter ce genre d’instinct qui chez lui était beaucoup plus exacerbé. Mais la jeune fille n’en était pas capable. Lors des rares fois où elle avait ressenti ce genre de pulsion, c’était lorsque son frère se battait contre des étrangers. Parfois, lorsqu’elle traversait une foule compacte, dans les rues de Purple Town, il lui arrivait de se retourner en croyant avoir entendu un murmure à son oreille, mais c’était tout. Aujourd’hui c’était différent. Son dos la brûlait. Elle sentait l’angoisse l’envahir. Jamais elle n’aurait dû tourner le dos à cette maudite porte. Elle aurait dû s’en douter en voyant cette fille, ses coutumes étranges. Se poser plus de questions. Les étrangers étaient dangereux. Peut-être celle-ci attendait-elle que la blonde ne se méfie plus ? Elle entendit des pas qui se rapprochaient doucement derrière elle, presque sans bruit.
Les yeux largement ouverts, les doigts crispés autour de ses genoux, elle attendit que les pas s’arrêtent derrière elle. Elle atténua sa respiration, attentive à celle de Saika. Elle semblait calme. Très calme. Comme toujours, elle semblait se contrôler parfaitement. Trop parfaitement. Elle s’immobilisa totalement, les fins muscles de ses membres tendus et prêts à la propulser sur ses pieds. Elle n’en avait pas conscience, mais sous la pression de l’adrénaline dans ses veines, les traits de son visage se modifiaient, devenant plus purs encore, plus fins et hypnotiques. Tout son être rayonnait à l’extrême. Elle aurait pu écarter une foule d’un seul regard, l’éloigner d’un seul geste. Elle aurait pu avoir le contrôle. Mais elle l’ignorait. Ses lèvres tremblèrent imperceptiblement. Puis elle demanda :

- D’où viens-tu en réalité ?

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Mer 24 Aoû - 19:30



“To the me who lives at some point in time, and who isn't alone.”


    « D’où viens-tu en réalité ? »


Saika sourit. Elle était tout à fait consciente que cette question viendrait, à un moment où à un autre.
Ce monde n’était pas le sien. Règles différentes, langue différente, humains différents. Sans chercher à comprendre pourquoi ni comment, cette voix, celle qui l’accompagnait, qui coulait à flot dans son esprit, qui lui traduisait ce que lui soufflait le vent, qui la sauvait in extremis quand elle était en danger, celle que son oncle considérait comme un don chez la jeune fille, cette voix douce, dont la source était son esprit, n’articulait pas des mots mais lui implantait dans la tête des intentions, écoutait ses désirs, changeait la moindre de ses pensées en action, contrôlait le moindre de ses mouvements. Cette voix lui soufflait les mots à prononcer. Douce et attentionnée, son cristallin résonnant dans son esprit, lumière au bout du couloir, en symbiose parfaite avec la jeune fille. Ses yeux rouge rayonnaient de confiance.
    - L’important n’est pas d’où je viens mais où je vais. Tu devrais méditer un peu cela avant de me demander une réponse.
Elle marqua une petite pause, inspirant lentement l’air poussiéreux de la bâtisse.
La blonde avait réussi à allumer le poêle, qui procurait maintenant aux deux filles une chaleur douce et enveloppante, et rien à part le crépitement du feu dans le fourneau, accompagné du vrombissement de la pluie battante, ne venait troubler le silence qui régnait au milieu des meubles couverts de poussière.
    - Néanmoins, reprit-elle, je veux bien te donner une réponse si tu la désires vraiment.
Une réponse ? Quelle réponse ? Saika n’avait pas de réponse à cette question. La question elle-même était formulée telle qu’elle acceptait une multitude de réponses. En silence, Saika vint s’installer aux côtés de la blonde, et s’assit lentement par terre.
Pourquoi cette question ? Est-ce que l’endroit d’ou venait Saika importait tant que ça ? Elle scruta discrètement Gretel, du coin des yeux. Elle pouvait sentir son angoisse. Elle aurait même pu la sentir depuis l’autre pièce, si elle y avait prêté attention. Pourquoi ? Saika ne se rappelait plus d’où elle était née. C’était probablement marqué sur son passeport de toute manière. Elle n’avait que de vagues souvenirs de son enfance, mais étrangement elle se souvenait des moindres détails de sa vie depuis la mort de son père. Et elle se rappelait de ses moindres pensées depuis la mort de sa mère. Pourquoi ? La question n’était-elle pas plutôt « Qui es-tu en réalité ? »
Et encore, la réponse que Saika aurait pu fournir à la blonde était bien celle qu’elle voulait entendre ?
Si Gretel avait posé cette question avec autant de sérieux dans la voix, la réponse que Saika lui apporterait pourrait tout changer. Et elle savait que l’autre avait déjà sa propre idée de la réponse qu’elle lui apporterait. Pourquoi ?
Mais elle restait calme. Elle s’efforçait d’écouter, fermant les yeux, le rythme des battements de son cœur, la voix lui soufflant des mots doux à l’oreille. Cette voix, cette présence immatérielle était en réalité la seule « chose » à laquelle Saika avait accordé sa plus haute confiance. Et si elle lui disait que tout se passera bien, tout se passera bien. Elle soupira. Etait-ce si important ?
Elle pouvait sentir l’odeur de soupçons que lui envoyait la présence de la jeune fille à ses côtés. Elle pouvait sentir les frissons qui la parcouraient, elle pouvait entendre ses membres trembler. Saika, elle, ses yeux rouges plantés dans la lumière qui sortait du poêle en face d’elle, laissant la chaleur l’envelopper, comme la caresse du soleil sur sa peau, cherchait des réponses à ses questions laissées en veille. Elle avait mal à la tête.

Elle soupira à nouveau et s’écrasa violemment en arrière, se retrouvant couchée au sol, ses deux bras derrière sa tête, fixant le plafond sale et fissuré en face de son visage. Enfouissant ses yeux sous son coude, elle ferma les paupières, laissant le ronflement de la pluie compter les moutons pour elle. Mais cette voix, si douce fut-elle, ne parvenait pas à éteindre les questions qui se bousculaient dans son cerveau. Qu’est-ce qu’elle fichait ici ? Comment elle avait atterri ici ? Qui l’avait envoyée ici ? Et surtout pourquoi ? Pourquoi était-ce si important de savoir d’où elle venait ? Elle n’était qu’une étrangère, une touriste. Elle n’avait rien à faire ici, mais elle ne pouvait que reconnaître le fait que cet endroit était –très probablement- réel. Mais si cet endroit n’était pas réel ? Et si ce n’était qu’un rêve ? Et si cette vie n’était qu’un songe, dont la seule issue serait la mort ? Serait-elle prête à renoncer à la vie pour revenir dans son monde à elle ? était-elle prête à prendre le risque de mourir pour de bon ? Non, même si c’était sa toute dernière solution, renoncer à sa « vie », réelle ou imaginaire soit-elle, représentait un trop grand danger pour la Saika. Elle n’était pas prête à laisser ce pour quoi elle s’était battue ces dernières années. Foutaises. Ce monde, qu’il soit un rêve ou non, était pour l’instant sa réalité, et elle devait faire avec. Accepter ses règles, lancer les dés et jouer, même si ceux-ci était pipés. Même si elle partait avec un handicap. Même si elle était couverte de sang, et seule.
Elle était seule.
Elle sursauta, et ouvrit les yeux.
Seule ?
Seule ?
Elle n’avait personne.
Et cette fille ne lui faisait pas confiance.
Seule.
Sa confiance, elle devait la gagner.
Seule ?
Peut-être. Mais pas complètement.
La voix était là pour la guider.


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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Sam 3 Sep - 18:26

Ah, She's an eight ball,
She's a'rollin faster than a white wall,
She's got an avalanche packed into a snowball,
She's a losin all the links,
She's like a stonewall,
She's loaded up,

She's the underdog,
Gonna take a mighty swipe
At the high horse,
While'a sippin on her tricks
In a pitfall,
Makin eyes at the girls like bullfrogs,
I'm telling you, sir,

She's comin up from,
comin up from, comin up,
comin up from behind.

Gretel ne ressentait pas exactement de la peur, plutôt une sorte de malaise, d’animosité inexplicable. Elle n’avait pas confiance, son sixième sens l’empêchait de se fier à cette fille. Pour un peu, elle se serait sentie prête à affronter la brune. Pour un peu. Mais pour l’heure, elle ne s’en sentait pas la force. D’autant que l’adolescente aux cheveux noirs lui parlait avec une confiance absolue dans la voix, un calme parfait. La blonde tiqua et serra les dents. L’autre se sentait supérieure, de toute évidence. Elle ne pouvait pas supporter la condescendance. Elle se souvint de la dernière étrangère à qui elle avait adressé la parole. Léna. Les mêmes cheveux sombres, le même regard qui scrute, la même écoute avide. Elle l’avait sauvée elle aussi, plus ou moins. Si Hansel savait, qu’elle avait aidé deux intruses à entrer à Wonderland… Léna n’avait pas l’air dangereuse pour un sou, elle ne représentait donc pas une menace immédiate. Si son frère jumeau l’attrapait, l’héroïne ne donnait pas cher de sa peau. Saika par contre semblait trop sûre d’elle-même. Cela cachait sûrement quelque chose. « L’important n’est pas d’où je viens, mais où je vais » avait-elle dit. Donc, cela voulait dire qu’elle était arrivé ici de son plein gré, qu’elle avait un but ? Selon les rumeurs, les Etrangers s’aventuraient hors de leur monde par erreur ou par hasard. La brune avait-elle une mission, avait-elle été envoyée sciemment ici par quelqu’un ? Peut-être un dangereux ennemi de la Reine ?
Si c’était le cas, il n’y avait pas à tergiverser. Peur ou pas, peu importait. S’en prendre à la Reine signifiait d’abord affronter Hansel. Et pour arriver jusqu’à lui, l’Etrangère devrait lui passer sur le corps.

- Néanmoins, je veux bien te donner une réponse si tu la désires vraiment.

Elle s’assit à côté de Gret’, doucement, comme si elle cherchait à amadouer un animal effrayé. La blonde ne bougea pas, ne la regarda pas, analysant ce qu’elle venait de lui dire, de son air désinvolte. Néanmoins ? Si elle le désirait vraiment ? Elle n’était pas sérieuse, quand même ? Ça dépassait les bornes. Elle était une intruse ici, elle singeait le langage et les coutumes de Wonderland, elle fouillait chez ses habitants, et maintenant… « Néanmoins », elle consentirait peut-être à répondre ? A quoi jouait-elle ? Elle n’était que de passage ici une simple invitée. Elle qui jouait les jeunes filles si bien élevées, elle ne comprenait même pas qu’ici elle n’était même pas rien, elle n’était tout simplement pas une personne. Gretel l’avait traitée d’égale à égale. Gretel avait bon cœur. Mais maintenant Gretel ne jouerait plus les saintes, ce qui s’était réveillé en elle lui avait rendu le sens des réalités à temps. C’était comme si tout ce temps elle avait porté des lunettes opaques, et que d’un coup elle voyait à nouveau la vérité au grand jour. Elle était ici chez elle, ça n’avait pas été sans mal, et personne ne s’adresserait à elle avec cet air supérieur impunément. Elle avait tremblé de peur, à présent elle tremblait presque de rage.

- Tu plaisantes, j’espère ? J’exige que tu me répondes immédiatement.

Saika s’était allongée sur le sol avec un profond soupir. Elle ne regardait plus le visage de la blonde, dont les traits étaient d’une beauté qui tranchait net avec ce qui l’environnait. Sa voix elle-même avait changé, elle était limpide, d’une clarté extrême. Elle couvrait sans mal le bruit de la pluie et du vent sur les vitres, sans aucune hausse de ton. Ses accents étaient francs, dénués de toute nuance superflue, mais ils étaient mélodieux. Ils s’accordaient à merveille avec la bouche dont ils provenaient. L’héroïne elle-même avait dressé l’oreille en s’entendant parler avec une telle assurance. Ce son l’avait littéralement fascinée.
Qu’est-ce qui m’arrive… ? Elle ne tremblait plus du tout. Ces mots lui avaient procuré une sensation de chaleur au creux de la poitrine, chassant tout. La peur, l’incertitude… Elle devait continuer. Entretenir cette flamme encore minuscule et la faire grandir, dévorante, ce feu avait faim, il voulait tout consumer. Ses iris turquoise s’orientèrent doucement vers Saika. Il voulait en particulier la consumer elle. Les battements de son coeur gagnèrent en intensité, envoyant des fourmillements le long de ses bras et de ses jambes jusqu’au bout de ses doigts fins. Par le passé elle s’était déjà sortie de nombreuses situations délicates sans se l’expliquer elle-même. Un coup d’œil suffisait généralement à décourager ceux qui l’ennuyaient. Maintenant qu’elle avait ce feu, elle pouvait se défendre. Elle pouvait même détruire cette fille, mais elle devait se maîtriser encore un peu. Apprendre à apprivoiser l’instinct qui avait créé cette flamme. Elle se demanda si elle y parviendrait. Mais n’eut pas le temps de chercher la réponse. Ses lèvres parlèrent pour elle.

- Ici rien n’est pareil (évidemment cela signifiait « pareil que là d’où tu viens »). Un ami peut vite devenir un ennemi. Il est difficile de différencier le faux du vrai, le réel de l’illusoire. En l’occurrence, la face que tu présentes est illusoire, mais ta présence ici est bien réelle. En revanche elle n’est pas souhaitable. Je te conseille donc d’abandonner les masques, cela te facilitera les choses autant qu’à moi, par la suite.

C’était tout et ça avait le mérite d’être parfaitement clair. Clair comme de l’eau de roche. Le feu grandissait, crachant des gerbes de flammes sous son crâne. Ses tempes lui faisaient un mal de chien, pourtant elle se sentait mieux que jamais, comme si le brasier lui transmettait son incroyable énergie. Il fallait que Saika la regarde, qu’elle s’assure que c’était toujours elle et non pas quelqu’un d’autre. Même si elle n’était pas apte à percevoir toutes les subtilités de son monde, elle devrait tout de même se rendre compte de ce qui se passait. La blonde tourna la tête et pencha son visage au-dessus de celui de l’Etrangère. Ses yeux bleus cherchèrent les siens, s’y plantant, contemplant leur propre reflet étrangement scintillant.

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Lun 5 Sep - 20:42


    "Where is the Life we have lost in living?"

    - Tu plaisantes, j’espère ? J’exige que tu me répondes immédiatement.

La brune ne pu s’empêcher de sourire, sous son bras. Qu’est-ce qu’elle attendait, à jouer les sages ? Cette air insolent et supérieur qu’elle prenait parfois sans s’en rendre compte, accentué par le stress, lui donnait l’image d’une personne vraiment détestable. Après tout, peut-être était-elle vraiment détestable ? Elle n’était qu’une gamine paumée et innocente, de toute façon.
    -Bien sûr que je plaisante ! S’exclama-t-elle, sa voix accompagnée d’un rire cristallin. C’était une réplique d’un film je crois. Enfin qu’est-ce que ça change de toute faç…
Elle s’arrêta, se relevant précipitamment, retenant son souffle. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose de vraiment important lui échappait, et elle devait trouver quoi au plus vite. Un détail qu’elle n’avait pas remarqué sur le moment, mais qu’elle venait de réaliser. La voix de la blonde. Elle n’avait été pendant qu’ne courte phrase tellement différente, tellement… magique que le mot lui échappait. Comme si toute la puissance de son être s’était trouvée à cette seconde précise dans la belle, non, magnifique voix de la jeune fille. Cette voix créait étrangement en Saika l’effet du fruit défendu. Elle savait qu’une telle beauté ne pouvait qu’être effleurée, et qu’elle ne pouvait que cacher le pire des désastres, pourtant, elle voulait l’entendre, encore et encore, l’écouter, et lui répondre, qu’avec la source de ses mots, la vérité derrière les vérités. Et Saika se trompait. Il n’y avait pas que la voix qui avait changé en Gretel. C’était tout son être. Un seul regard, et c’était la fin.
La voix s’était tue. Gretel coupa la brune au milieu de sa phrase, laissant à nouveau tinter la douce et calme voix, très calme, trop calme. Comme la dompteuse de tigre qui paraît mille fois plus sauvage que les bêtes qu’elle tient en cage.
    - Ici rien n’est pareil.
Saika, qui était parvenue à se sortir de sa torpeur, fixant le sol, le figea à nouveau.
Rien n’est pareil hein ? Vraiment ?
Pourtant, ici les gens meurent. Ils aiment, ils haïssent. Ils vivent.
Saika. Sa vie. La campagne. Puis la ville. Papa meurt, puis maman. La vérité. Son oncle. Ici.
La brune sentit ses mains commencer à trembler. Elle ne chercha même pas à se contrôler, trop absorbée par ses réflexions, trop hypnotisée par la voix de la blonde aux yeux bleus.
Rien n’est pareil ? Il n’y avait pas de retour en arrière pourtant. Sa vie, sa maison, ses amis… Akira, Wabi…
    - Un ami peut vite devenir un ennemi.
Ses amis n’étaient pas là de toute façon. Elle n’avait qu’elle même. Elle était seule.
Ses poings se refermèrent sur le tissu de son short, laissant au passage trois marques de griffure rouge sur ses cuisses déjà parsemées d’ecchymoses.
    - Il est difficile de différencier le faux du vrai, le réel de l’illusoire.
Le faux du vrai ? Était-elle vraiment ici, de toute manière ? Et si ce n’était qu’un simple rêve, et qu’elle allait se réveiller ? Non. Elle savait qu’elle avait atterri ici, d’une manière ou d’une autre, ne comprenant pas vraiment comment. Mais sa définition du rêve n’était pas vraiment celle du monde qui l’entourait.
Sa respiration devenait difficile. Etait-ce l’effet provoqué par la si belle voix de Gretel, qui était, au sens propre, à couper le souffle, ou était-ce uniquement les révélations que Saika recevait dans sa figure blanche ?
    - En l’occurrence, la face que tu présentes est illusoire, mais ta présence ici est bien réelle.
Ah, tu vois ?
Se recourbant un peu plus sur elle-même, Saika pensait à SON monde. Elle ne l’avait quitté que depuis quelques heures, mais elle avait le sentiment qu’elle ne le reverrait jamais. Ces petits plaisirs quotidiens, même le Lycée allaient peut-être finir par lui manquer, qui sait ? C’était très probable. Son lit, celui de son oncle, son ordi, sa cuisine, sa maison, sa classe, sa ville, son pays, son monde. Il n’était plus là.
La brune se promit de ne jamais douter de son existence. Son monde était bien réel. Autant que celui dans lequel elle était actuellement. Jamais douter. Mais la voix s’était tue. Les yeux rouges de Saika peinaient à retenir les larmes qui voulaient se frayer un chemin sur sa joue, mais parvinrent néanmoins à les empêcher de couler.
    - En revanche elle n’est pas souhaitable.
Pas souhaitable, hein ? Est-ce qu’elle avait envie d’être ici, peut être ? Eh bha elle y était, et c’était comme ça. Elle ne pouvait rien y faire, et les locaux non plus. Elle avait envie de lui crier à la face, de courir sous la pluie et de replonger dans cette mer qui l’avait conduite ici. Peut être même mourir. Mais elle s’était promit.
    - Je te conseille donc d’abandonner les masques, cela te facilitera les choses autant qu’à moi, par la suite.
Ses masques, hein ? Elle se voilait la face. Elle se cachait la vérité qui était en face de ses yeux, ne voulait pas l’accepter.
Jamais plus elle ne reviendrait chez elle.
Elle n’avait aucun endroit ou rentrer.
Plus d’amis, plus de famille.
Elle était seule.
Seule, une gamine insolente.
Une petite garce qui n’aurait même pas mérité d’être sauvée.

« Tu veux rester à la maison aujourd’hui ? T’es en retard, de toute façon. On pourrait passer la journée ensemble, toi et moi, sans entrainement. Je prends ma journée, et j’te fais un mot. Ça te tente ? »

Gretel planta ses yeux bleus dans les siens.
Elle arrêta littéralement de respirer.

Une première larme coula.
Pourquoi ? Pourquoi avait-elle refusé ?
Elle serait sûrement encore avec lui à l’heure qu’il est, si elle avait dit oui. Chez elle. Avec ses amis. Sa seule famille restante. Avec Lui.
Une deuxième larme coula, alors que Saika vomissait ce que la voix avait omis de lui préciser. La vérité.

La bouche entrouverte, ses yeux pourpres coulant le long de ses joues, la brune ne parvenait pas à faire le moindre mouvement. Une force la forçait à répondre, à parler. Elle lui avait demandé la vérité, et l’aura de cette fille la tirait hors de son être. Cette beauté magique, comme scintillante, irréelle. Hypnotique.
Oui. L’adolescente était hypnotisée par la beauté de Gretel. Celle du fruit défendu, mais pourtant trop tétanisée pour la gouter. Ce n’était pas la peur qui s’emparait d’elle, mais un sentiment étrangement proche. Cette présence n’était pas rassurante, mais pourtant, Saika sentait une chaleur âcre s’emparer d’elle.
Elle n’avait toujours pas respiré, mais on la forçait à parler. Une voix rauque, tellement impure comparé à celle de la blonde, s’échappa des cordes vocales de la blondes, qu’on sentait emplie de regrets, déformés par les sanglots de la brunette.
    - Il…
On la forçait à continuer.
    - Il m’avait proposé de rester… J’aurais du dire oui… Pourquoi…
Elle s’arrêta, incapable de continuer. Les perles transparentes coulaient le long de ses joues, doucement, laissant une trace chaude derrière elles, passant près de la commissure de ses lèvres ouvertes, et s’écrasant sur ses mains contractées. Saika n’avait pas pleuré quand son père était mort. Elle n’avait pas pleuré pour sa mère. Elle ne pleurait pas. Mais pourtant, c’était bien des larmes qui coulaient lentement le long de ses joues.
Elle ne faisait que réaliser ce qu’elle avait perdu.
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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Dim 30 Oct - 10:21

[Oui c’est court et oui j’ai honte du temps que j’ai mis à poster alors que j’ai terminé ce texte depuis 15 jours D8.
Musique & image à venir.]

Gretel sentait une douce ivresse l’envahir, effaçant la douleur qui comprimait son crâne. Elle avait un contrôle total sur cette fille qui se croyait si supérieure un instant auparavant. Et peut-être que, sans le brusque retournement de situation qui venait de se produire, celle-ci s’en serait déjà prise à elle. Mais le sort en avait décidé autrement. Elle n’était pas tombée sur n’importe quelle blondinette, celle qu’elle avait en face d’elle était le clone et le double quasi-mystique du plus grand chasseur ayant jamais arpenté les terres de Wonderland. Elle avait ça dans le sang, cette domination surnaturelle. Elle avait le tempérament doux et joyeux de la petite fille qu’elle avait toujours été, mais un instinct féroce était enfoui en elle.
Ses iris flamboyants se posèrent sur la brune avec curiosité. Quel effet cela lui faisait-il d’être sous son emprise ? Elle semblait docile, vidée de toute volonté, comme plongée dans un étrange mutisme. Ses yeux rouges étaient noyés de larmes, elle s’agita et bredouilla un chapelet de mots incompréhensibles pour Gretel. Celle-ci se borna à la toiser froidement, avec l’immobilité parfaite du serpent guettant a proie. Elle non plus n’éprouvait plus rien, en tout cas plus rien d’aussi bassement humain que la peur, les regrets, l’hésitation. Elle se sentait d’une puissance à couper le souffle, comme déifiée. A tel point que, à la réflexion, elle trouvait tout de même cela un peu effrayant. Mais pas suffisamment pur la stopper dans son élan. « Pourquoi ? » avait demandé l’étrangère. C’était une bonne question.

- Je ne sais pas. Peu être qu’après tout, tu n’es pour rien à ta présence ici, réfléchit-elle tout haut. Mais alors que comptes-tu faire maintenant que tu es là ? demanda-t’elle avec désinvolture.

Elle se tut, l’air contrarié. La rumeur de la pluie et du vent qui se déchaînaient au dehors couvrait à demi les reniflements de Saika. Voir cette jeune fille pleurer éveillait en elle un curieux sentiment. C’était comme si toute pudeur avait été oubliée soudainement, et de la part de la brune cela semblait extraordinaire.
Gretel laissa vagabonder ses pensées. Cette fille souffrait sous ses yeux et, pour la première fois de sa vie, elle ne faisait pas un geste pour venir en aide à quelqu’un qui en avait besoin. Elle s’était affranchie de ses dernières pulsions d’animal social. Elle devenait froide et distante, limite psychotique. C’est à ce moment là qu’elle décida de faire machine arrière.
Rappelle-toi comme ça te fait du bien d’aimer tes semblables.

Non, elle ne pouvait pas renoncer à toute trace d’humanité. Elle voulait encore éprouver le besoin de prendre dans ses bras une personne qui lui ressemblait, de réconforter, de consoler. Elle voulait rester elle-même, une gamine pleine de joie de vivre. Elle soupira, baissant ses paupières lourdes bordées de cils blonds. Un sommeil engourdissant l’envahissait, prenant de vitesse le feu destructeur qui l’animait une seconde plus tôt. Elle était vidée de ses forces. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, la sensation de puissance démentielle s’était évanouie. La brune pleurait toujours, silencieusement. Elle s’approcha, hésitante. Ses traits étaient toujours aussi purs mais son expression, elle, s’était assombrie. Elle n’en était pas encre venue à regretter ce qu’elle avait infligé à l’étrangère, mais elle ne se sentait pas non plus le cœur de continuer. Elle redevenait l’empathique Gretel, peu à peu. Elle revenait à sa réalité.

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MessageSujet: Re: You should never have been there.   Dim 30 Oct - 14:31




    History must be written of, by and for the survivors.
La voix s’était tue à l’exact moment où la blonde avait planté ses grands et magnifiques yeux bleus dans les iris rouges de Saika. La force indescriptible qui avait pris contrôle de son être ne contrôlait pas seulement ses paroles, mais aussi la moindre de ses pensées, pour ainsi dire, elle n’était plus un être humain. Les larmes continuaient de couler le long des joues pâles de la jeune fille, brillant d’un dernier éclat avant de sombrer dans l’oubli.
Elle ne pouvait pas relâcher ses mains qui serraient le tissu de son short. Elle ne pouvait pas ouvrir la bouche à moins que l’autre ne lui en ait donné implicitement l’ordre. Elle n’était qu’un pantin sans âme. Elle n’arrivait pas à percevoir ce sentiment tout puissant qui était parfaitement lisible sur le visage de Gretel. Elle n’arrivait pas à ressentir dans les yeux bleus en face d’elle cette impression d’invincibilité nouvelle, ce pouvoir qui la clouait sur place. Non, elle ne pouvait tout simplement pas. La conscience s’agitait en elle, mais son corps ne pouvait tout simplement pas répondre. Elle comprit tout de même, dans ces derniers efforts de reprendre le dessus, que la blonde en face d’elle n’était probablement pas comme les gens qu’elle côtoyait chez elle. Cette aptitude à rendre quelqu’un d’autre aussi réactif qu’une carotte, à rendre sans voix une fille comme Saika par un simple regard… Non. Ce monde était bien entendu différent, mais la brune se rendit également compte d’à quel point il pouvait se révéler dangereux. On lui parla. Elle ne pouvait qu’écouter.
    - Je ne sais pas. Peu être qu’après tout, tu n’es pour rien à ta présence ici. Mais alors que comptes-tu faire maintenant que tu es là ?
Parce que Saika aurait pu un instant choisir de se noyer dans la piscine pour arriver au beau milieu de nulle part, loin de ses amis, de son oncle, de sa maison, sans aucun endroit où aller ?
La réponse qu’exigeait Gretel, Saika la connaissait depuis un moment déjà. Elle s’était promise. Peu importe où, avec qui et dans quelles conditions, elle continuerait. Pour la mémoire de son père qui avait du y renoncer.
La pression qui faisait rage contre son esprit se relâcha au moment où sa dernière larme fut versée. La lueur dans les yeux rouges sang de Saika changea soudainement. Elle n’était pas en colère, non. Elle n’en voulait pas à la blonde d’avoir, d’une manière tout à fait impossible à comprendre du point de vue de la brune, pris possession de son esprit. Elle avait reçu une leçon d’humilité, soit. Elle en avait probablement besoin.
    —Survivre.
La vie de la brune n’avait jamais eu un sens précis. Elle n’avait pas changé le monde, pour ainsi dire elle n’avait jamais rien fait de grandiose dans sa vie. Saika était néanmoins résolue à la continuer. Jusqu’à son dernier soupir.
« Ne recule jamais. »
Elle n’avait aucun but. Certains avaient quelque chose à haïr, certains avaient quelque chose à aimer. Certains se battaient pour quelque chose, certains se battaient contre quelque chose. Saika, elle, n’avait rien à haïr, rien à aimer, et elle ne se battait pas, ni pour quelque chose, ni contre quelque chose. Sa vie n’avait aucun sens, mais étrangement, la seule chose qui la poussait à aller de l’avant était l’espoir. Du moins c’est ce qu’elle pensait. En réalité, Saika avait peur de la mort. La mort était même probablement la chose qu’elle redoutait le plus. Mais ce n’était pas la mort en elle-même qui l’effrayait, mais plutôt le fait de ne plus exister. De ne pas laisser de traces
Les larmes qu’elle avait versées, elle ne les oublierait pas. Le passé est fait pour être remémoré, mais ne peut être changé.
Son monde était maintenant dans le passé. Et à défaut d’y retourner, Saika ne pouvait que se concentrer sur le présent, et aller vers le futur. Son futur. Elle choisirait son destin, retournant le mauvais sort de son côté, utilisant ses malheurs pour voir mieux le bonheur.
La pression se relâchait à mesure que ses larmes séchaient. Gretel ferma les yeux, et les pupilles, jusque là immobiles, de la brunettes, purent enfin regarder autre chose que le visage de la blonde.
Saika s’écrasa sur le côté. Sans se retenir, elle poussa un long soupir de soulagement. Comme si, par la pensée, la blonde l’avait vidée de toutes ses forces, elle ne déplaça même pas les mèches de cheveux brillantes qui lui barraient la vision.
Elle était bien là.
Saika passa sa main sur le sol poussiéreux. Elle remua doucement son autre main, qui vient saisir la première. Sa propre chaleur, elle la sentait. Ses mains avaient beau être froide, elle était toujours vivante.
Couchée au sol, elle continua sa réponse.
    — Survivre, peu importent les risques.


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