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 I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]

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Saika



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MessageSujet: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Ven 15 Avr - 16:47


Yeah here we go for the hundredth time
Hand grenade pins in every line
Throw 'em up and let something shine
Going out of my fucking mind
Filthy mouth, no excuse
Find a new place to hang this noose
String me up from atop these roofs
Knot it tight so I won't get loose
Truth is you can stop and stare
bled myself out and no one cares
Yeah someone pour it in
Make it a dirt dance floor again
Say your prayers and stomp it out
When they bring that chorus in

I bleed it out
Go, stop the show
Chop your words in a sloppy flow
Shotgun opera, lock and load
Cock it back and then watch it go
Fuck this hurts, I won't lie
Doesn't matter how hard I try
So why, try ignoring him
Make your dirt dance floor again
Say your prayers and stomp it out
When they bring that chorus in

    Saika x Joke


  • " I've been treated so wrong.
    I've been treated so long.
    { As if I'm becoming untouchable. }
    I'm a slow dying flower
    In the frost killing hour.
    Sweet turning sour,

    and u n t o u c h a b l e. "


Saika leva ses deux iris rouges sur le ciel étoilé, qui n’étais plus étoilé que ça, pollué par les lumières sales de la ville. Elle avait besoin d’air, mais ne pouvait pas partir. Elle avait faim.
Elle avança lentement un pied devant l’autre, fixant les restaurants avec un air envieux. Elle savait que dans ce monde, comme dans celui qu’elle connaissait, pour manger, il faut de l’argent, ou une forêt. Son oncle ne lui avait pas appris à chasser, alors elle avait choisi la facilité.
Yosh.
Elle sortit ses mains des poches de son gilet noir, et enfila sa capuche aux bords en fausse fourrure. Ses longs cheveux noirs en bataille tombant sur son visage, ses yeux rouges luisant dans l’obscurité, on ne voyait rien d’elle. Elle se fondait dans la nuit. Son short noir, ses bas… la seule chose qui ne brillait qu’un peu sous la lumière des lampadaires était ses Doc blanches, qui, salies par la boue et la poussière, étaient tellement sales qu’on pouvait à peine deviner le blanc luisant qu’elles avaient été le jour où on les lui avaient offertes. Mais ces grosses pompes étaient particulièrement adaptées à son activité. Elle quitta les grandes bruyantes pour passer dans une ruelle sombre derrière un restaurant de luxe. Rien que du gaspillage.
Saika savait à quel point la société moderne gaspillait la nourriture. C’était grâce à ça qu’elle pouvait manger. Bien sur, elle ne mangeait pas le pain moisi, qui quoi que ce soit qui fut trop sale. Elle aimait écouter les cris dans les cuisines, et se cachait à chaque fois que le grand chef hurlait sur un de ses apprentis. Non, ce n’est pas assez parfait, refais ça tout de suite, allez, refais immédiatement cette sauce ! C’est quoi ce gâteau tout moche ? Je m’en fiche si c’est bon, les clients ne vont pas accepter ça !
Bonne pioche ce soir là. Saika avait réussi à dégoter un magnifique pavé de saumon un peu trop grillé, juste comme elle aimait, avec sa sauce blanche, et elle avait même récupéré l’assiette qui va avec, en plus d’un moelleux au chocolat et crème anglaise.
Enfin rassasiées depuis la dernière fois qu’elle avait fait un vrai repas, elle décida de prendre un peu de temps pour elle.

Saika avait décidé de ne pas se faire remarquer. Si elle voulait de l’argent, elle devait travailler. Mais elle savait, étrangement, que ce monde était dangereux. Même si elle ne savait même pas pourquoi. Toujours son instinct. Pour travailler, il lui fallait se révéler au grand jour. C’était tout ce qu’elle ne voulait pas. Elle savait aussi que la mort planait et planerait toujours sur elle, depuis ce jour où son avant bras était marqué d’une cicatrice. Celle du cutter du type qu’elle avait tué. Elle savait que sa vie n’allait plus redevenir comme avant. Elle savait qu’elle devait devenir plus forte. Elle l’était. Elle s’était entrainée jour et nuit, sous la pluie, dans la boue, s’était pris des balles, avait failli mourir plusieurs fois. Et lui qui continuait de lui répéter qu’elle avait un gros potentiel, à chaque fois qu’il lui pointait son arme à la gueule. Elle n’avait plus peur. Elle avait été kidnappée, prise en otage, on avait essayé de la violer… elle les avait tous presque tué. Et lui continuait de la protéger. Il éloignait la police, il cachait les cadavres. C’était lui de toute façon qui les poussait à leur mort. Il voulait tester sa nièce, la rendre plus forte. Et son carnet d’adresse gros comme une bible lui avait tellement servi pour l’entrainer. Il connaissait tous les criminels de la ville. Il les envoyait agresser sa nièce, parfois c’était lui qui le faisait. Elle savait toujours pourquoi. Ils avaient fait le serment, Saika et lui, de la rendre plus forte. Elle acceptait les coups, se défendait, devenait agile, esquivait. Elle vidait son chargeur, changeait de cartouche. Lui se débrouillait toujours pour esquiver ses balles, son sourire sadique sur les lèvres. Et d’un coup tout s’était brisé. Le sourire n’était qu’un souvenir, les balles étaient dans son sac, son Beretta 92 avait gardé sa place accroché à la cuisse de la jeune fille, mais maintenant, elle était seule. Livrée à elle même, elle l’avait toujours été. Mais seule… Il était toujours resté là, son sourire sadique et lui, à ses côtés. Il continuait de l’embrasser, de l’enlacer… Mais tout ça avait disparu comme les traces de pas sur le sable. Mais cette fois-ci, ce n’était pas une mer calme qui était passée, mais la plus grosse tempête de sa vie.
Qui ; où ; quand ; comment… elle n’avait plus aucune réponse à ses questions.

Elle s’arrêta face à un grand mur. Elle avait marché longtemps, ses pieds l’avaient guidée ici. Une impasse. Elle se retourna précipitamment, essayant d’apercevoir le lampadaire le plus proche. Il était loin. La faible lumière qui filtrait vers elle n’arrivait qu’à éclairer les reflets couleur sang de ses yeux. Ses pieds avançant sur les pavés du sol, les mains dans ses poches, elle passait les doigts sur son cran d’arrêt. Au loin, le bruit étouffé d’une boutique qui avait mis de la musique un peu trop fort. Elle se dirigea à nouveau vers les rues éclairées, mais ses yeux rouges s’arrêtèrent un instant, hésitants.
Elle se sentait en danger.
Un courant d’air un peu plus violent arracha la capuche à ses longs cheveux noirs, qui se retrouvèrent suspendus à virevolter sous les bourrasques. Les yeux mi-clos, elle écoutait les cris des enfants qui voulaient tel ou tel bonbon, dans la boulangerie un peu plus loin, les parades des garçons qui voulaient séduire la jeune fille si séduisante assise à côté d’eux dans ce bar mal famé, les cliquetis des fourchettes sur les assiettes, le bip des codes barres qui passent dans le super marché à côté, le bruit d’une voiture de police, un téléphone qui sonne, un télé trop forte, un bruit de moteur…
Elle ouvrit les yeux, haletant. Sa respiration s’était accélérée sans aucune raison apparente, elle sentait des sueurs froides lui couler dans le dos, ses mains tremblaient… Elle secoua la tête plusieurs fois, faisant voler ses cheveux. Non, non, non. Calme toi, Saika. Tu sais te défendre. Tu crains rien. Elle continua à marcher, et, cette fois-ci, elle n’entendait plus que le bruit de ses grosses semelles glissant sur les pavés gris-bleuté du sol.

  • And in your s o u l ;
    they poked a million holes.
    { But you never let them show. }
    Come on,
    it's time to go.

    And you already know
    How
    This
    Will
    E n d .




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DIEU ♪

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Sam 16 Avr - 9:26

      « J'aime quand tu dis je t'aime. »
      « Alors moi, je t'aime. »


Je me suis toujours demandé pourquoi on nous appelé les cygnes. Je connaissais bien cette pièce de théâtre étrangère pourtant moi et mon frère nous n'avions rien en commun avec la Reine des cygnes. Nous n'avions pas une tête de canard et encore moins de cygnes. Et pourquoi ça serait moi le cygne noir. Parce que je suis plus violent alors que mon frère lui se contente de torturer discrètement ? Je me demande bien ce que fait mon frère en ce moment. Il fait nuit, il doit être en train de torturer le Premier Ministre. La faible lumière des lampadaires éclaire la rue principale. La plupart des magasins sont fermés. D'autres jettent les clients dehors et ferment leurs volets. J'avance, je continue un pas après l'autre. Pas spécialement vite. Je n'ai rien à faire, juste à chercher un humain à l'air faiblard pour mon dîner. Je ne voulais pas me battre. J'avais juste envie de tuer. Mon revolver est dans ma poche. Il compte trois balles. Une pour la surprise, la deuxième pour la souffrance et la troisième pour la mort immédiate de la victime. J'avançais dans une ruelle sombre. Plus de lampadaires. Maintenant, je n'avais qu'à attendre ma proie comme une plante carnivore.

    Ce qu'en pense le narrateur.


Le piège ne tarda pas à fonctionner. Une adolescente entra dans l'impasse. Elle en partit aussitôt. Joke se fit un plaisir de la suivre. Elle s'arrêta une deuxième fois dans la grande rue. Lloyd passa sa langue entre ses dents et fit :

« Tu connais l'histoire, mon histoire ? »

Il enfonça le canon du pistolet dans le cou de la jeune fille. Attendant une réaction.


[ C'est pas long, mais je voulais répondre x) ]
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Saika



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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Sam 16 Avr - 14:13

I remembered black skies, the lightning all around me

I remembered each flash as time began to blur

Like a startling sign that fate had finally found me

And your voice was all I heard that I get what I deserve

[ ♪ ]
Lollypop ~


« Tu connais l'histoire, mon histoire ? »

Elle saisit fermement son couteau à l’intérieur de sa poche. Non, ce n’était pas une coïncidence. Ces sueurs froides avaient une raison. Retenant un sursaut de surprise, elle sentit un contact froid sur sa gorge. Elle ne pouvait plus se retourner.
Ce contact, elle l’avait senti des dizaines de fois. La plupart du temps, c’était le couteau de son oncle pointé sur sa gorge. Elle laissa pendre sa deuxième main le long de sa cuisse, défaire lentement le bouton pression qui retenait son flingue. La plupart du temps, le pistolet, c’est sur la tête qu’on lui pointe. Cette fois-ci, elle n’avait même pas son agresseur en face. Il voulait en découdre vite. S’il pointait son arme sur sa gorge, c’était qu’il avait l’intention de tuer. Ceux qui veulent faire peur, eux, pointent leur petit revolver à un mètre de leur victime, bien en face, en hurlant « BOUGE PAS ! ».
Non, lui, il voulait la tuer. Le canon de l’arme bien enfoncé dans sa gorge, elle ne pouvait pas bouger.
Elle devait réfléchir. Et vite. D’abord, il fallait gagner du temps. Parler. Ensuite, chercher une solution pour se défaire de l’emprise froide et métallique de l’arme sur son cou. Elle serra les dents. On l'avait tellement menacée de face que c'était devenu simple. Il lui suffisait d'attraper vivement le flingue de type qui voulait la tuer d’une main, le détourner sur le côté, et du même mouvement sortir son arme et profiter de l’effet de surprise pour lui tirer une balle entre les deux yeux. Ici, c’était plus compliqué. Elle n’avait pas été préparée pour ce type d'attaque.
Saika devait chercher une solution. Vite. Le temps lui était compté. D’abord, elle devait regrouper le plus d’infos possible sur son agresseur. C’était un homme, d’après sa voix, et la seule chose qu’elle savait pour l’instant, c’est qu’il sentait bon. Elle se décida à enfin lui répondre.


« On ne m’a pas appris grand chose à l’école, alors apprends moi quelque chose d’utile. J’aimerais bien l’entendre avant de mourir, l’histoire. Ton histoire. »

Ensuite, il lui fallait enlever l’arme de son cou. L’étape la plus dangereuse. Il n’y avait que très peu de solution. Sa tête lui faisait mal. Elle devait réfléchir, utiliser cette force qui avait toujours été la sienne, cette voix qui la guidait quand elle était en danger, cet instinct bestial qui avait sauvé encore et encore sa vie, qui la protégeait. Celui qui prenait possession de esprit. Qui contrôlait le moindre des mouvements de son corps, souple et agile, tellement que la moindre de ses mèches de cheveux suivait le mouvement qu’elle lui avait imposé. Tellement que la moindre idée se transforme en action, et qu’elle n’avait qu’à hurler le verbe survivre pour que la vie anime ses tissus, et éloigne ces balles qui menaçaient de la tuer. Elle devait vivre.
Après avoir suivi un circuit tellement incompréhensible, même pour elle, l’idée qu’elle avait d’enlever cette arme de son cou était devenu son sauveur. Sa seule solution qu’elle avait était de perdre sa main, tout au plus. Elle ne pouvait pas bouger tout son corps, alors elle allait bouger ce flingue. Se décaler était trop dangereux. Une seule balle dans sa carotide et elle était foutue. Si elle bouchait le canon avec sa main, la balle aurait déjà plus de mal à arriver jusqu’à elle. Elle préférait perdre la main gauche que sa vie entière. De toute façon, si elle avait toujours la chance qu’elle avait eu jusque là, son plan fonctionnerait surement. Mais ce quelle avait eu jusque là n’était pas de la chance. Lui n’avait pas arrêté de lui répéter. « Si t’es pas morte aujourd’hui, surtout avec moi comme adversaire, c’est pas parce que t’as de la chance. C’est parce que tu sais survivre. » Alors elle ferait la seule chose qu’elle savait faire. Survivre au dépend des autres. Il fallait qu’ils soient d’égal à égal.
Elle se décida à agir, même si ses réflexions prolongées n’avaient duré que cinq secondes. Elle devait profiter de cet effet de surprise, celui qu’elle avait dompté aux dépend de toutes les blessures qu’elle avait eues.
Elle sortit sa main de sa poche. Elle devait faire vite.
Dans une synchronisation parfaite, elle attrapa fermement le canon du flingue pointé sur sa gorge, dans ce même mouvement qu’elle avait fait pour se retourner, attraper son flingue et le pointer sur le front du type qu’elle pouvait enfin voir de ses propres yeux. Elle essaya d’éloigner l’arme du type le plus loin possible d’elle, sa main gauche couvrant entièrement ce trou si noir qui aurait pu représenter sa mort. Tout ça avait duré moins d’une seconde. Elle avait dans son ventre ce sentiment de trou, plus profond et immense, elle se sentait entrainée vers le sol, sa respiration était de moins en moins ample. Elle sentait son cœur battre sur ses tempes, les sueurs froides couler sur son dos, l’adrénaline pulser dans ses veines. Habituellement, elle l’aurait tué immédiatement. Dans ce monde, elle ne figurait sur aucun registre, elle était invisible, n’existait pas. Personne n’irait plaindre son départ. Personne n’était là pour la sauver. Elle était seule, elle n’était qu’une ombre dans le monde de la nuit, invisible, inexistante. Ses deux yeux rouges brillaient comme le sang reflète la lumière. Il était un peu plus grand qu’elle, plutôt mignon. Les reflets bleus de ses cheveux éclairés par la lumière, elle ne voyait que l’une des deux pupilles du garçon. L'autre était cachée par une compresse blanche. Dommage, elle aurait bien voulu voir son visage en entier. Comment un simple garçon comme lui avait pu devenir borgne, et essayer de prendre en otage la première fille venue ? Elle avait envie de l'entendre, cette histoire, son histoire, maintenant que les deux étaient d’égal à égal. Elle se sentait un peu mieux. Le métal argenté du pistolet pointé sur le front du jeune homme, ses reflets luisant doucement sous la lumière diffuse des lampadaires. Tout commençait à s'éteindre. Elle n'avait de toute façon plus aucune notion du temps depuis qu'elle était arrivée là. Les gens partaient se coucher, les trafics louches se réveillaient. Les cris étaient partis, les portables éteins, la musique arrêtée, les voitures garées. Sa respiration s'était enfin calmée, elle avait repris son calme, son assurance. Ses yeux brillaient de détermination, plantés bien profondément dans l'unique pupille du type qui avait essayé de la tuer. Elle savait que ça ne s'arrêterait jamais. Qu'on allait continuer de la poursuivre. Si c'était le prix à payer pour survivre, elle n'avait pas besoin de crédit. Elle épongerais ses dettes avec la propre force, sa propre volonté. Elle vivrait.


[Contente que t'ai répondu, t'inquiète, j'm'en br… fiche si c'est court \o\ *surtout dis moi si t'aimes pas la réaction de Saika, j'édite ~*]
[oh, et, un petit rien, mais dans le deuxième paragraphe, dernière ligne, tu l'appelles Lloyd au lieu de Joke XD *c'est l'habitude je suppose ~*]


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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Dim 24 Avr - 18:01

[ Yop tata <3.]
    [ SWAN // Joke ]



- On ne m’a pas appris grand chose à l’école, alors apprends moi quelque chose d’utile. J’aimerais bien l’entendre avant de mourir, l’histoire. Ton histoire.

Malheureusement tu n’auras pas le temps de l’écouter jusqu’à la fin, susurra l’adolescent en lui-même. Elle était restée calme contre toute attente, et n’avait pas esquissé le moindre geste pour se dégager de la menace du canon qui pressait son cou. Il soupira doucement, et haussa les sourcils. Il était déçu, mais trouvait en même temps que la situation était de plus en plus intéressante. Il avait du temps à tuer, il s’ennuyait. Cette fille le distrairait peut-être un peu. D’un certain côté, Joke était charismatique, et même plutôt beau, avec son visage fin presque féminin, son iris vert clair tendant vers le jaune et sa silhouette mince. Sa peau pâle s’assortissait à la perfection avec ses longs cheveux bleus. Une frange inclinée tombait sur son œil gauche, du moins ce qu’il en restait depuis que la Reine de cœur l’avait fait mutiler, qui était couvert par un patch blanc. Il avait une main dans la poche de son jean, le dos courbé insensiblement. Son blouson noir le faisait se fondre dans l’obscurité de la masse et la couleur de la doublure orange que l’on apercevait dans son col gueulait magistralement avec sa chevelure. Il était à peu près sûr de la surprise qu’il causait à la jeune fille qui lui faisait face à présent, et qui avait neutralisé son flingue en quelques secondes. Stoïque, il considéra d’un regard la position dans laquelle ils se trouvaient. La brune maintenait son canon d’une main tout en le menaçant de l’autre avec sa propre arme. Elle le regardait fixement de ses deux yeux rouges, les lèvres serrées. Son bras, par réflexe, s’éleva sans qu’il ait le temps de réfléchir. Joke saisit son poignet de sa main libre et le leva au-dessus de son front. A bout de bras, elle n’avait pas autant de force qu’il s’y était attendu, ayant l’habitude de se mesurer à des hommes, et de plus sa main avait tremblé très légèrement. Le claquement de sa paume contre la peau de la fille se répercuta contre la façade de verre de l’immeuble derrière eux, qui était si haut que son sommet se perdait dans le smog qui voilait la Lune. Un fin sourire, sans fossettes, aussi lisse que celui d’un sphinx se dessina sur le visage du jeune homme. Il était immobile, la maintenant fermement, la respiration calme. Il murmura, prêt à lui laisser une seconde chance :

- Alors, es-tu prête à m’écouter ?

Puis il changea d’avis, il n’était pas un très bon conteur. D’ailleurs, cette fille avait essayé de le tuer, ce n’était finalement qu’une petite garce. L’indulgence, ce n’était pas son truc, c’était plutôt dans les habitudes de Jake. L’adolescent envoya son genou dans l’estomac de la brune, le visage soudainement fendu d’un sourire éclatant ; son iris étincelait. Pourvu qu’elle saigne, il avait envie de voir un peu de sang à la commissure de ses lèvres, cela se marierait merveilleusement avec ses iris écarlates. Il voulait la voir pâle, titubante, puis, enfin, morte. Il ne souhaitait rien d’avantage que cela – si bien sûr on excluait sa vengeance contre la Reine.

_________________

Zodi ♥.
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Saika



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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Lun 25 Avr - 13:13


"The word 'fate' just is convenient, don't you think?" […]
"Making the collection of past coincidences and contingencies look like they were supposed to come together this way...making sense and ignoring logic at the same time...I figured it's best to ask you since that's what you do - must there be this thing called 'fate'?"

[Shingen to Izaya, DRRR!! vol 3]

La seconde suivante_
Ses résolutions et ses émotions tombèrent de nouveau dans le chaos, alors qu’une vague de mauvais pressentiment et d’anticipations s’écrasa sur elle.
Elle savait qu’elle aurait du tirer à la première seconde suivant le moment où elle avait posé le canon brillant sur le front de ce type. Elle savait qu’elle n’aurait pas du hésiter. Pourtant, quelque chose l’en avait empêché. Quelque chose de gros, d’énorme. Elle devait faire confiance à son instinct, c’était lui qui lui avait répété, encore et encore. Et il avait toujours raison. Elle avait peut être anticipé ce qui se serait passé après, c’est à dire des masses de gens accourant pour savoir ce qui s’était passé, d’où venait ce coup de feu. Son silencieux n’était pas vissé, il était assez simple de savoir d’où venait le tir. Car, malgré les apparences, un silencieux ne fait pas seulement le petit sifflement qu’on entend dans les films. Plutôt un gros bang, bruit de la balle qui franchit la limite de la vitesse du son. Le silencieux était plus utilisé par confort, ou, comme ici l’usage recommandé, pour éviter de connaître l’emplacement exact du tireur. Quoi qu’il en soit, il était dans son sac.
La conséquence de son hésitation se déclara immédiatement. Les iris dorés de son agresseur plantés dans le rouge des siens, il attrapa violemment le poignet de la main qui gardait son arme pressée contre les mèches bleues sur le front du type, en un claquement, et le retourna, entrainant toute la masse du corps de Saika à sa suite. Bien sûr elle n’avait pas la force de résister. La force de son bras droit contre celle d’un mec, elle était incapable de gagner. Il la maintenait fermement plaquée contre le mur de verre derrière elle. Elle n’avait pas encore remarqué à quel point leurs deux visages étaient près. Elle pensa un instant à l’embrasser. L’emprise de sa main contre son poignet, plaquée au mur, le flingue pointé sur le ciel sans étoile lui rappelait tellement celle de son oncle qu’elle sentit sa respiration devenir de plus en plus bruyante. Elle s’efforça de la faire plus ample, savourant la chaleur du corps du jeune homme, quand elle l’entendit murmurer, en un soupire, une seule phrase, un petit sourire se dessinant sur la commissure de ses lèvres.

« Alors, es-tu prête à m’écouter ? »

Elle sourit un peu, et finit simplement par retirer sa main de l’arme de son adversaire, avant de la remettre dans sa poche.
Elle continuait de contempler le visage du jeune garçon, sans se rendre compte du fait qu’elle le dévisageait, ses yeux couleur sang zigzaguant de l’unique œil valide de son agresseur à son nez, en passant par ses lèvres et son front. Elle avait un petit sourire sur ses lèvres.
Quand elle sentit soudain un poids dans son estomac. Elle hurla pendant un instant, pas seulement à cause de la douleur aigüe que lui avait provoqué le genou du type en face d’elle dans son estomac, mais aussi à cause de la surprise. Sa respiration qu’elle avait enfin réussie à calmer était complètement bloquée par le coup. Tentant désespérément d’inhaler un peu d’air, la main fermement pressée sur son ancienne blessure au flanc gauche, soignée illégalement il n’y a que quelques mois, qui lui procurait une douleur vive et lancinante. Pliée en deux, ne prenant que des bouffées incomplètes d’air, et sentait même son dîner remonter légèrement. Elle déglutit, et une fois sa respiration redevenue à peu près correcte, elle toussa un peu, avant de s’appuyer contre le mur. Le pire était qu’elle n’avait pas vu ce sourire. Celui qu’il avait eu quand il l’avait frappée. Elle aurait vraiment eu des envies meurtrières si elle l’avait vu. Bien qu’il fût vraiment en train de sourire, son expression ressemblait plutôt à un masque. Et même si c’était un sourire, il était extrêmement froid. Et précisément parce que c’était un sourire, il rendait muettes les personnes qui le voyaient—c’était un sourire de ce genre là.

Cette fois-ci elle ne referait pas la même erreur. De sa main gauche, elle sortit en une seconde son cran d’arrêt qui était resté dans sa poche, et le pressa fermement contre le cou du type, un rictus de rage déformant légèrement son beau visage albâtre. Son couteau était si bien appuyé contre son cou qu’elle voyait perler une petite goutte de sang qui vint couler le long du couteau avant de glisser au sol. Saika était ambidextre pour toutes les choses qui n’impliquaient pas de tenir un stylo. C’était pour cela qu’elle pouvait assez facilement manier deux armes en même temps. S’il tentait ne serait-ce qu’une seconde de retirer ce couteau de sa gorge, elle lui tranchait littéralement la carotide. Et si elle ne parvenait pas à le « décapiter », elle n’avait qu’à utiliser son autre main pour lui enfoncer le canon du pistolet dans la bouche. C’était simple et précis. Il lui restait une dernière solution qu’elle ne gardait que pour la toute fin, qui était de s’enfuir en courant. L’honneur a tué des milliers de gens et n’a jamais sauvé personne, comme il disait. C’était bien dans ce but là que son oncle l’avait fait courir des heures et des heures, poursuivie par lui-même, un psychopathe à couteau ou encore le blond en question. Elle n’avait jamais remis en doute les méthodes d’entrainement de son oncle. Si ce type aux cheveux bleus voulait courir, elle était prête.
Il ne lui restait plus qu’à dire quelque chose. Elle voulait vraiment l’entendre, son histoire. Histoire de mieux comprendre le passé du type qu’elle avait en face d’elle. Elle avait mal, envie de vomir, mais son instinct continuait à lui souffler qu’elle ne devait pas tuer ce type qui avait été victime d’une des plus grosses injustices. Elle voyait bien dans ses yeux verts aux reflets couleur or que le plus grand souhait de ce mec était bien de la voir gésir au sol dans une mare pourpre écarlate. Elle savait bien que dans son état elle n’avait que peu de chances de s’en sortir. Elle savait bien que, de toute façon, dans ce monde, où qu’elle soit, il y aurait toujours des gens pour lui dire qu’elle ne méritait pas de vivre.

« Je suis pas prête à l’entendre, je VEUX que tu me la raconte. Peu importe la manière dont c’est fait. Je veux savoir ce qui s'est passé pour que derrière ce patch si blanc se cache un passé bien plus noir qu’une nuit sans lune. »

Et que sans ce passé si sale tu ne serait pas là à essayer de tuer la première personne venue.
Elle continuait pour elle même, en priant pour que ce type puisse voir dans ses yeux toutes les paroles qu’elle était en train de penser. On disait que les plus grands guerriers étaient capables de lire dans les pensées de leur adversaire, rien qu'en les regardant dans les yeux. Qu'ils se comprenaient, sans dire le moindre mot.
Est-ce que me tuer changera quoi que ce soit à tes problèmes ? Quand bien même ça changeait quelque chose, pourquoi choisir une proie si difficile comme moi ? Est-ce que sur ma tête y’a vraiment marqué « je veux mourir, tuez moi, violez moi ! »
Pourquoi est-ce que je suis la seule à souffrir ?


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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Mar 26 Avr - 19:29

Running out, times running out
Searching for the one who can conquer me
I'm going to scream aloud, throw it down
Crash in the sweet obsession of you
I'm going to swim and drown in the wake of you

You alone are what my soul needs
You know the thirst is taking over
Hardly breathe, I'm in urgent need
You know the thirst is taking over

The thirst is taking over
I wanna drink you in
I am drinking you in
I wanna drink you in
La jeune fille s’était écrasée contre la façade lisse et glacée. Joke se délectait de l’écho de son cri, de sa respiration haletante. Il voyait de la douleur dans ses yeux, la même que celle qu’on avait dû voir dans celui qu’il lui restait le jour où on l’avait mutilé. Elle aussi avait souffert la désillusion, la surprise, l’incompréhension. Il savait parfaitement ce que c’était. Il avait senti qu’elle avait cru qu’elle allait réussir à gagner du temps et à le faire parler jusqu’à déceler une échappatoire, jusqu’à avoir une occasion de le surprendre. A vrai dire il avait failli tomber dans le piège mais elle était allé trop vite. Elle avait lâché l’arme qui l’avait menacée un instant auparavant, semblant sûre d’elle. Elle avait cru que sa petite stratégie sournoise avait une chance de fonctionner. Elle avait eu tort. Elle n’avait pas fait assez attention. Il se sentait vexé par ce manque de soin, ne méritait-il pas que l’on se méfiât plus de lui ? Maintenant elle reprenait son souffle, prostrée pitoyablement contre la surface de verre insensible. Il avait été dans la même situation, et pourtant il ne ressentait pas la moindre compassion, pas la moindre empathie. Il voulait la tuer, parce qu’il voulait tuer. Il ne la visait pas en particulier, elle s’était présentée d’elle-même. Il n’éprouvait aucune culpabilité – pourquoi en aurait-il éprouvé pour elle plutôt que pour n’importe qui d’autre ? Peut-être avait-elle cru qu’il allait l’épargner comme par magie, les êtres humains ont toujours une tendance à croire qu’ils sont uniques. Mais pour l’adolescent, elle ne faisait qu’appartenir à la masse. D’ailleurs, pourquoi s’égarait-il dans ce genre de réflexions ? Il abaissa les yeux sur elle, son sourire rétrécissant, la même expression frigide sur le visage. La main de la brune bougea, et il n’eut pas le temps de réagir.

Elle se releva brusquement et lui plaça une lame sous la gorge. Pour être exacte, la lame fendit sa peau, et l’odeur du sang explosa aux narines de Joke, comme lorsque l’on ouvre une orange et que les centaines de gouttelettes se répandent dans l’air et vous enivrent, c’était exactement la même chose à ceci près que l’odeur du sang était pour lui infiniment meilleure que cette d’un agrume. Même s’il s’agissait de son propre sang et que ce n’était pas bon signe. Se penchant imperceptiblement vers lui, elle lui baratina une série de mots philosophico-poétiques. Tu crois que j’en ai quelque chose à foutre, de ce que tu veux ? Elle le regardait fixement, comme si elle cherchait à lui faire passer un message. Il haussa les sourcils et la toisa sans se préoccuper du couteau qui entaillait son cou. Elle n’allait pas le tuer. Du moins pas encore. Elle était idiote, une fois de plus elle perdait une chance de s’en sortir. Joke n’était ni touché ni flatté par le fait qu’elle cherche à l’épargner, juste sceptique. Ses épaules tressautèrent. Il abaissa les paupières. Cette idiote allait finir comme les autres, et elle l’aurait bien cherché. Un léger rire s’échappa de sa gorge, puis s’accru jusqu’à devenir presque convulsif. Joke n’avait pas une voix très grave, et son rire aurait été cristallin s’il n’avait pas glacé le sang. Le couteau pénétra un peu plus dans sa peau et quelques gouttes de sang glissèrent jusqu’aux doigts de la fille avant de s’écraser sur le blouson du Cygne noir. Les gamines étaient toutes les mêmes, fascinées par les méchants. Elles leur cherchaient toujours des excuses, voulaient les soigner, décortiquer de leurs ongles rose bonbon leurs esprits énigmatiques. Mais Joke n’avait aucune envie de changer et de redevenir un gentil ado’, ni d’être pris en pitié ou considéré comme un sujet de réflexion par cette adolescente en mal d’amour. Rien qu’à voir la tête de chien battu qu’elle lui faisait, il avait envie de l’égorger et de la presser comme un citron. Son index assura son appui sur la gâchette de son pistolet. D’un mouvement sec, il nicha le canon au creux de l’oreille de la brune. Approchant son visage du sien, il murmura, en même temps que son rire s’évanouissait :

- Tu as oublié quelque chose, il me semble.

Dans le mouvement qu’il venait de faire, le couteau s’était encore enfoncé dans sa peau. Un petit filet de sang continu coulait à présent, rougissant le bord de la manche de la fille en même temps qu’il glissait sur son poignet. Elle ne pourrait pas lui trancher la gorge. Et quand bien même elle tenterait de le faire, il tirerait au moment où il sentirait bouger la lame.

- Ce récit n’est pas pour les petites garces sournoises, dit-il le plus sereinement du monde. Ni pour les faibles, ni pour les lâches. Je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps à te le conter puisque tu n’as pas l’intention de me laisser ta vie en échange. Je n’ai pas besoin de toi pour juger ce que fut ma vie, et ce que cache mon patch ne regarde que moi et ceux qui mourront après l’avoir su… Tu ne m’intéresses pas, conclut-il en laissant voir une canine dans son sourire en coin.

Non, tu n'as aucun intérêt. Laisse-moi juste te tuer et restons-en là. Ne gâche pas tout encore une fois. Il expira lentement, avec calme, lassant son souffle balayer une mèche noire du front de la jeune fille.

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Lun 2 Mai - 19:41

    With blackbirds following me
    I'm digging out my grave
    They close in, swallowing me
    The pain, it comes in waves
    I'm getting back what I gave

    Fill me with your poison







Elle sentait couler sur sa main le sang chaud du type en face d’elle, traçant un joli contour rouge sur la lame grise de son cran d’arrêt, reflétant la fausse lumière électrique des rues un peu plus loin. Puis ce rouge glissait sur ses doigts, avant de rouler sur sa main et de continuer dans tout son bras. Elle avait froid, mais le corps chaud qui la maintenait contre le mur la rassurait un peu, ce qui n’était vraiment pas l’effet escompté. Elle sentait sa chaleur sur sa peau, et le pourpre qui coulait de son cou la faisait tressaillir à chaque goutte qui coulait le long de sa peau.
Un mur. Derrière elle, il y avait un mur. C’était justement ce mur qui était la source de tous ses ennuis. Elle sentait le corps de ce type dont elle ne connaissait toujours pas le prénom contre le sien, ses jambes contres les siennes, son souffle sur son visage. Elle pouvait presque sentir ses mèches bleutées contre son visage. Sa main droite clouée à ce foutu mur, son pouce gauche frottant le dos de la lame de son couteau, exerçant une pression constante contre le cou fin et féminin du garçon. Ses doigts devenaient humides, le liquide pourpre et clair lui coulant sur les mains. Elle sentait l’odeur de son sang, mais elle voyait aussi, essayant de rendre nette l’image du visage en face d’elle, deux canines luisantes briller sous la faible lumière des lampadaires, comme essayant d’esquisser un sourire impossible dans une situation pareille.
Bien sûr que non, elle n’avait pas oublié. Comment pouvait-elle oublier que ce type était armé, et lui avait enfoncé le canon de son flingue dans le cou ? Elle voulait garder sa main gauche en vie, et de toute façon, elle en avait besoin pour le menacer. Saika savait que sa mort ne serait pas immédiate. Elle avait déduit, d’après la manière qu’il avait eu de l’attaquer, que ce type n’allait pas la tuer immédiatement. Il était plutôt de ceux qui veulent s’amuser avec leur proie jusqu’au dernier moment, avant de la laisser presque morte au sol. Tel un chat qui joue avec la souris qu’il vient de chasser, pendant des dizaines de minutes, jusqu’au moment où sa proie finit par ne plus monter aucun signe de résistance.
Elle sentit les épaules du garçon contre elle sursauter, plusieurs fois, avant de le voir relever la tête et éclater de rire. Exactement comme son oncle l’aurait fait. Ce même rire, qui n’était surement pas fait pour détendre l’atmosphère, montrait plus qu’il allait faire quelque chose de très sournois dans les minutes qui viennent. Mais le pire dans tout ça, c’est qu’il suffisait à Saika de fermer les yeux pour voir le visage de son oncle à la place de celui du garçon. Probablement la plus grande torture mentale qu’elle n’ait jamais subit jusqu’à présent. Le rire était presque exactement le même… non, celui de son oncle faisait plus penser à la folie qu’à autre chose. Ce que ressentait Saika en ce moment était… différent. Elle se sentit frissonner. La pression de son propre corps contre le mur ne la dérangeait vraiment pas. Pour l’instant, elle essayait de trouver un moyen de reprendre le dessus, puisque d’une seconde à l’autre, il allait lui pointer son flingue à la gueule, ou encore simplement tirer directement sur son bras, ou encore sa cuisse. Après tout le temps qu’elle avait passé avec son oncle, elle avait appris deux ou trois choses sur l’être humain. Même si elle n’était pas encore capable, contrairement à son oncle, de deviner, rien qu’en regardant un personne, les choses qu’elle allait faire dans les dix prochaines minutes. Le pire c’est qu’il avait toujours raison. Toujours.
Et bien évidemment, Saika ne pouvait pas s’empêcher de penser à lui à ce moment précis. Son corps la poussant à aller chercher ces lèvres en face d’elle, elle s’efforçait de rester le plus loin possible du visage du jeune homme, qui continuait à rire convulsivement. D’un coup il s’arrêta. Son bras était maintenant au dessus du vide, l’extrémité de sa main continuant de tenir l’appareil en métal. Elle sentit un contact froid sur son oreille, et ne pu s’empêcher d’esquisser un petit sourire satisfait. Elle savait bien qu’elle allait se retrouver dans cette situation, mais, comme par hasard, n’avait strictement aucun idée de comment s’en sortir. Elle réfléchissait bien depuis plusieurs bonnes minutes à une issue convenable, mais n’avait vraiment rien trouvé. Elle était de toute façon bien trop déconcentrée par ce type. Pourquoi fallait-il qu’elle se fasse agresser par un homme aussi séduisant ? Et pourquoi, encore une fois, fallait-il qu’il la mette dans la même position dans laquelle elle s’était retrouvée des dizaines de fois avec son oncle, comme par hasard au moment de sa vie où elle se sentait la plus seule ?

Il lui baragouina quelque chose qu’elle ne prit même pas la peine d’écouter. Les yeux dans le vide, elle continuait de chercher une simple solution, comment se détacher de l'emprise de ce fichu mur et des bras du type aux cheveux bleus, envisageant la moindre des possibilités avant de les abandonner à cause de sa mort certaine si elle faisait quoi que ce soit. Toute tentative de neutraliser l’arme était rendue impossible à cause du mur. Son flingue luisant à la lumière était retenu prisonnier par la main puissante qui la plaquait au mur. Et elle continuait de sentir un liquide chaud couler à l’intérieur de sa manche, laissant une trainée rouge sur son bras recouvert de tissus noir. La chaleur du liquide pourpre la fit revenir à la situation présente au moment où le type en face d’elle disait « Petite garce sournoise ». Estimant que le « compliment » lui était destiné, elle ne répondit rien, et laissa tomber l’idée de trouver une échappatoire à sa situation. Elle continua d’écouter les mots que lui murmuraient les lèvres du garçon, silencieusement. Mais les mots ne parvenaient pas à son cerveau. Si elle arrêtait d’essayer de trouver un moyen de se libérer, son esprit revenait à l’image de son oncle qui remplaçait celle du type aux cheveux bleus. Elle s’efforçait de reprendre sa respiration de manière plus ample, la rendant plus bruyante. En essayant de faire le moins de bruit possible, elle saccadait sa respiration, sentant le retour de son propre souffle qui revenait de la joue du type. Il était près. Trop près. Beaucoup trop près. Elle n’arrivait plus à se contenir.
Elle s’approcha, lentement, avant de coller ses lèvres aux siennes. Où plutôt, elle lécha lentement les lèvres du garçon avant d’y coller les siennes. Doucement. Elle frissonna. Elle n’arrivait pas à s’enlever l’image de son oncle. Elle gardait les yeux ouverts, deux iris rouges bien plantés dans le regard aux reflets dorés du jeune homme. Ses jambes se rapprochèrent de celles du garçon, et le couteau dans sa main gauche continuait de pousser toujours plus vers l’extérieur. Elle sentait encore plus l’odeur du sang.
Si elle ne pouvait pas écouter son histoire, autant laisser tomber. Il ne faut pas rapprocher autant sa bouche de celle d’une petite garce sournoise. Quand au psychopathe imprévisible qu’elle avait en face d’elle, peut être qu’il changerait d’avis en l’embrassant. Elle passa sa langue entre les lèvres du garçon, un petit sourire se dessinant sur sa bouche. Elle continuait de sentir le contact chaud du sang sur son bras.


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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Lun 6 Juin - 15:27



Les doigts de Joke pressaient toujours ceux de sa victime contre la façade à laquelle ils étaient plaqués. Il s’était encore rapproché d’elle, au risque de se fait trancher totalement la carotide. L’odeur du sang le détendait, et en même temps déclenchait chez lui un manque insupportable, agressif. Tout d’abord il ne s’était pas attardé sur la sensation de douleur, mais à présent tout son cou le lancinait et la lame qui vibrait à chaque mouvement de la brune semblait chauffée à blanc. Sentir son propre sang couler n’était pas aussi agréable que lorsqu’il s’agissait de celui des autres mais il n’avait pour l’instant pas accès à celui de la jeune fille. Il la fixait de son unique œil, son regard jaune perçant sa peau, suivant le réseau imaginaire de milliers de capillaires, de vaisseaux, de veines et d’artères teintées de bleu et de rouge. Cette image le faisait tressaillir d’impatience. Le rouge du sang de cette fille devait correspondre au rouge de ses yeux. Profond, envoûtant. Il avait l’impression de plonger tout entier dans son iris écarlate tant son visage était près du sien. Il avait du mal à se dire que dans quelques minutes, ce regard intense serait vitreux. Mais pas assez de mal pour le dissuader de la tuer. Il respirait toujours avec calme, contrairement à elle qui semblait chercher son air, plaquée contre le mur. Elle bougeait sans cesse, se reculant, inclinant la tête, par de minuscules mouvements tantôt lents tantôt hâtifs. Il la laissa faire pendant un moment, immobile, la tenant toujours appuyée à la façade. Il s’amusait de la voir chercher une échappatoire puis se raviser, s’éloigner de lui et revenir malgré elle. Elle avait beau enfoncer son couteau dans sa gorge, elle ne dominait pas le combat. Peut-être n’avait-elle pas confiance en elle, mais Joke voyait qu’elle avait du potentiel. Dommage qu’il faille la tuer.

Ils étaient si près l’un de l’autre que le Cygne se demanda un instant si le contact des lèvres de la brune sur les siennes était volontaire ou s’il s’agissait d’un manque d’attention de sa part, mais la jeune fille l’avait apparemment fait exprès. Il était surpris, enfin autant qu’on peut l’être quand votre victime vous fait les yeux doux depuis cinq minutes, et il ne lui résista pas, mais il surveillait du coin de l’œil la main de la jeune fille qu’il serrait dans la sienne – des fois qu’elle soit assez stupide pour essayer de se dégager. Ça faisait plusieurs minutes que l’odeur du sang les enveloppait, et sa mâchoire crispée lui faisait mal à force de résister à sa pulsion. Sa langue glissa sur celle de l’adolescente puis se retira, et Joke saisit la lèvre inférieure de sa victime entre ses dents avant de la serrer jusqu’à sentir le goût du sang qui coulait jusque dans sa gorge. Il ferma les yeux sans lâcher prise, aspirant doucement le liquide chaud. Cela faisait longtemps qu’il attendait ça, enfin il pouvait véritablement goûter à cette fille qui lui avait donné bien du fil à retordre. Sa paupière s’ouvrit à nouveau et il chercha le regard de la brune. Puis il réalisa que la lame s’était enfoncée encore plus profondément dans son cou. Que s’était-il dit, quelques instants auparavant ? Qu’il tirerait au moment où il sentirait bouger la lame. Le moment était venu. Son doigt assura sa pression sur la gâchette de son pistolet.

La détonation se répercuta sur la façade à laquelle la fille était adossée. Joke avait pris soin d’éloigner le canon de son oreille afin de ne pas briser l’instant – embrasser une morte n’avait rien de tentant. Mais il n’y avait pas de silencieux sur son arme, et il l’avait maintenue à la fois le plus proche possible du visage de l’adolescente et le plus loin du sien. Pourvu que le bruit lui ait explosé le tympan – ce dont il doutait cependant – c’était tout ce qu’elle méritait. Sa langue glissa hots de sa bouche, se frayant un passage à la commissure de ses lèvres pour recueillir le sang qui coulait sur celles de la jeune fille.

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Lun 6 Juin - 20:25

God bless us everyone
We’re a broken people living under loaded gun
And it can’t be outfought
It can’t be outdone
It can’t outmatched
It can’t be outrun
No
Like memories in cold decay
Transmissions echoing away
Far from the world of you and I
Where oceans bleed into the sky

Quelque chose n’allait pas. Elle le sentait au fond d’elle. Mais quoi ? C’était cette idée vague derrière laquelle Saika courait à présent. Ses yeux se fermèrent une seconde. Elle sentait le contact chaud de cette main sur ses doigts, qui faisait contraste avec le mur froid et gris sur lequel son membre était plaqué. Son pistolet pointé vers le ciel, elle savait qu’il aurait été bien trop dangereux rien que d’essayer de s’en servir.
Elle sentait le sang chaud couler sur sa peau nue, descendre le long de son bras en se refroidissant, avant de finir sa course, passant à travers l’était tissus noir de son gilet, au sol, dans une petite flaque qui s’agrandissait de secondes en secondes.
Elle sentait les lèvres chaudes et douces du garçon sur les siennes, si près, son souffle sur sa peau. Puis sa langue. Elle tressaillît une seconde, sous la douleur de la morsure que venait de lui infliger le type, mais s’obstinait à garder ses yeux fermés encore une seconde. Elle ne les rouvrirait pas tant qu’elle n’aurait pas trouvé la raison de son pressentiment. Le gout du sang lui emplissait la bouche, cette sensation de métal rouillé, à la fois acide et amère, tellement caractéristique du sang humain. La réaction du psychopathe en face d’elle était prévisible. Elle faisait partie des innombrables possibilités que Saika avait pendant quelques secondes imaginées. Chacune de ses actions faisait suite à toute une logique qui lui était bien particulière. Elle n’agissait dans la plupart des cas que si les bénéfices que lui rapportait l’action en question étaient supérieurs aux risques encourus. Elle ne s’empêcha pas de sourire de satisfaction. Pour l’instant, les choses se passaient à peu près comme elle les avait imaginées. Mais quelque chose clochait.

Le froid de l’arme pointée sur sa tempe auquel elle s’était habituée disparut violemment.
Elle n’eut que le temps d’ouvrir les yeux pour entendre le petit bruit métallique de la gâchette qui précède d’une demi-seconde le coup de feu.
Saika hurla. Elle pensa pendant une seconde essayer de le libérer de l’emprise de ce type. Elle pensa fuir, appeler à l’aide, libérer son autre main. Elle pensa mourir, s’écraser au sol, fermer les yeux, pleurer, supplier, tout faire s’arrêter. Elle pensa lâcher le couteau et couvrir ses oreilles, faire s’arrêter cette douleur si forte et insoutenable. Mais elle ne fit qu’hurler. Elle se recula précipitamment, ne retenant pas sa tête qui heurta brutalement le mur derrière elle. Elle n’entendait que le sifflement aigu qui venait en réalité de sa propre oreille. Les yeux grands ouverts, elle essaya une seconde d’utiliser sa main droite pour couvrir son oreille, tentative qui se solda bien sûr d’un échec. Elle resta plantée là, incapable de faire quoi que ce soit, les larmes lui montant aux yeux.
Faites-la cesser, faites-la cesser, pitié…
Elle voulait hurler à nouveau, mais resta pétrifiée.
Reprends tes esprits. Tu ne peux pas rester comme ça. Si ce type se lasse de toi, il va te tuer. Tu ne peux pas reprendre ton statut de proie facile. S’il n’a plus rien avec quoi jouer, c’est la fin pour de bon. Tu as eu de la chance cette fois-ci, ça ne se reproduira pas deux fois ! Allez, fais quelque chose ! Saika, reprends-toi ! Alleeez !
Elle pouvait presque sentir l’illusion de cette voix la secouer, attraper ses épaules et la remuer doucement. Elle cligna plusieurs fois des yeux, sans pleurer. Saika savait faire abstraction de la douleur. La souffrance qui donnait d’étranges reflets à ses yeux avait un peu disparue. Elle donna un coup de langue à sa lèvre sanguinolente, discernant à nouveau le goût âpre du sang dans sa bouche. Le sifflement des acouphènes de son oreille commençait à se faire déplaisants. La douleur n’avait bien entendu pas disparue en une seconde, mais la jeune fille s’efforçait de l’enfouir sous ses convictions. C’était son corps. Elle le contrôlait. Si la douleur était son amie, elle devait être capable de la faire cesser sur commande. Pas si évident que ça, comme principe. Peut-être aurait-on pu appeler ça l’effet placébo par persuasion mentale ?

Saika savait maintenant ce qui clochait depuis le début.
Il n’y avait aucune échappatoire à sa situation.
Elle resterait bloquée là.
La porte s’était refermée.

La fille aux yeux rouges s’efforça de ne pas paniquer. Il y aurait forcément une solution. Elle gardait espoir.
Le coup de feu avait peut être attiré quelqu’un qui viendrait lui venir en aide ? D’un coup d’œil, elle jeta un petit regard de ses iris rouges vers le ciel. Celui-ci paraissait si noir, un ciel sans étoiles. Elle aperçu néanmoins, après avoir cherché un peu, Lucifer, Vénus, l’étoile du matin, comme on l’appelle. Peu de chances pour que qui que ce soit passe par ici en pleine nuit, et ne s’exposerait au danger pour sauver une fille comme elle. Elle savait bien que son ange gardien devait être passé sous les flammes de l’enfer depuis assez longtemps pour qu’il ne vienne plus la sauver.
Sa main était restée pressée contre son couteau. Celui-ci représentait le petit flot d’espoir qui lui restait, celui auquel elle s’accrochait de toutes ses forces. Il était un peu descendu après que le type ait tiré son coup de feu, mais il restait là, à sa place. La douleur était restée dans son oreille, quoiqu’un peu estompée. Une minute n’avait même pas passée. Tout devenait tellement lent dans la tête de Saika que pour elle la moindre minute paraissait une éternité, ce qui lui laissait tout le temps pour penser, tout en gardant son « ami » en face d’elle assez intéressé pour ne pas qu’il la tue de sang froid.

La seule chose embêtante, c’était qu’elle n’avait strictement aucune idée de quoi faire à ce moment précis. Et elle savait également que si elle n’agissait pas dans les minutes qui suivent, elle serait probablement morte. Elle foudroya le type en face d’elle du regard. Voilà où était son problème. Saika pensait trop. Elle pensait tellement qu’en sélectionnant aussi minutieusement ses actions, elle laissait passer l’impulsivité qui était censée la caractériser. Elle devait penser un peu moins et agir un peu plus. Parler aurait été un bon moyen de vérifier si son oreille était autant endommagée. Le plus important était l’oreille interne, bien sûr, centre de l’équilibre, mais la jeune fille doutait que celle-ci pouvait avoir subi quelques dommages. L’oreille gauche sifflante, les lèvres rouges de sang, elle ouvrit la bouche pour formuler une simple phrase, ses yeux rouges sang plantés dans les yeux de l’autre, qui était étrangement exactement de la même couleur que le sang pourpre qui lui coulait des lèvres jusqu’au menton, laissant sur la commissure de celle-ci un léger tracé rouge, glissant au coin de son faible sourire éteint, descendant le long de son menton avant de rejoindre la flaque du sang du type au cheveux bleus en face d’elle.

« Alors, t’es content maintenant ? »



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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Mar 7 Juin - 16:24

Joke ignorait que l’on pouvait contracter les muscles de ses oreilles. Mais la douleur provoquée par la détonation était telle que tout le quart supérieur droit de son visage était crispé. Un bambin insupportable faisait chuinter sa flûte sous son crâne, dont les parois semblaient soudain terriblement étriquées, mais il n’esquissa pas un mouvement. En réalisant qu’il avait réellement l’intention de tirer, la fille avait poussé un hurlement et sa tête avait cogné le mur dans un bruit mat, dégageant sa lèvre ensanglantée. Son cri, le Cygne ne l’avait entendu que d’une oreille et cela lui suffisait, il détestait les braillardes. Les seuls hurlements qu’il se plaisait à entendre étaient des râles et des suppliques, mais la brune était loin des râles et refusait de s’abaisser à l’implorer.

Elle le fixait depuis deux bonnes minutes lorsqu’elle se décida à prononcer quelque chose, une phrase vide de sens au son déformé par sa semi-surdité, comme une vérification qu’elle n’avait pas perdu la parole en même temps que l’ouïe. Mais l’adolescent n’entendit pas ce qu’elle dit, et même s’il l’avait voulu il en aurait été incapable. L’immeuble et le bitume tanguaient autour de lui, et sa vue se troublait. Un voile noir descendait sous ses paupières, et il lui sembla que tout son corps s’était refroidi. Une langue chaude descendait le long de sa poitrine, trempait son tee-shirt et le teintait de rouge.

Son œil droit était encore ouvert, il en était certain. Alors pourquoi était-il soudainement enveloppé de ténèbres ? Sa tête pencha doucement, ses poumons vides réclamaient qu’on les remplisse mais Joke ne pouvait plus inspirer, un poids énorme l’écrasait, l’empêchant de bouger, de réfléchir, l’étouffant. Il sentait la lame du couteau dans son cou engourdi, elle s’était enfoncée encore plus profondément. Il avait perdu bien trop de sang depuis tout à l’heure et bien qu’étant résistant il avait ses limites. Voilà ce qu’il en coûtait de ne pas avoir pris cette gamine au sérieux, il se retrouvait dans une belle merde. Forçant ses jambes à réagir pour ne pas basculer en arrière, il s’appuya sur son bras de tout son poids, pour être sûr que sa victime ne puisse pas dégager son arme. « Victime »… Il avait bon dos, le tueur, à tourner de l’œil comme une fillette. Combien de litres de sang avait-il perdu ? La manche de la fille était trempée, la doublure de son blouson et son tee-shirt aussi. Il était extrêmement pâle. Sa paupière papillonna et le voile se dissipa quelque peu. Elle le fixait toujours. Il reprit son rythme de respiration habituel, ce qui était insuffisant en l’état où il se trouvait, mais ça devrait suffire pour l’instant. Cette petite garce devait avoir remarqué son moment d’absence. Bon sang… Il fallait se tirer de là. Pourquoi ne pas la descendre tout de suite puisqu’il le pouvait ? Son bras glissa le long du mur. Une chance que l’oreille gauche de la brune soit neutralisée – et qu’elle manifeste un si grand intérêt pour son visage –, elle ne s’aperçut apparemment pas du déplacement de l’arme du Cygne, dont le canon était à nouveau pointé sur elle.

- On s’est assez amusé.

Soulevant son bras, Joke frappa violemment le poignet de la jeune fille avec la crosse de son pistolet. La lame du couteau se délogea de son cou, laissant couler encore plus de sang qu’auparavant, mais lui ôtant au moins le risque d’avoir la gorge tranchée totalement. Les doigts de sa main gauche serraient encore le revolver de la demoiselle, le plus fort qu’il pouvait. Il appuya son avant bras contre le sien et pointa son flingue vers son visage. Son pied glissa de quelques centimètres, tandis que le voile noir s’abattait à nouveau sur son œil. Sa respiration se faisait plus courte, et le lourd battement de son cœur accompagnait le sifflement ténu dans son oreille droite.

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Dim 12 Juin - 15:07


Isaiah 14:3-20
You said in your heart,
“I will ascend to the heavens;
I will raise my throne
above the stars of God;
I will sit enthroned on the mount of assembly,
on the utmost heights of Mount Zaphon.
I will ascend above the tops of the clouds;
I will make myself like the Most High.”
But you are brought down to the realm of the dead,
to the depths of the pit.



Saika n’entendait que le bruit aigu, sifflement désagréable qui ne voulait plus s'en aller de son oreille gauche. Son ouïe était de loin son sens le plus utilisé en combat, juste derrière la vue. Elle en avait besoin. Mais ce type lui avait tellement défoncé son organe qu’elle se demandait si la surdité que le coup de feu avait provoquée n’était que provisoire ou définitive. Elle se rappelait avoir lu quelque part que les cellules des oreilles ne se reconstruisaient jamais. Un seul mot lui venait à l’esprit. « Putain. »
Sa seule satisfaction était de voir que, visiblement, son agresseur s’était lui aussi causé de gros dommages aux oreilles. En parlant, Saika se rendit compte que toute la partie gauche de sa tête ne semblait rien entendre. Elle jura intérieurement à nouveau.
Elle pensait que tout était perdu. Qu’il ne lui restait plus qu’à attendre patiemment la réaction du type aux cheveux bleutés pour essayer de réfléchir à nouveau. Elle poussa un soupir, essayant de faire baisser un peu la pression qui reposait sur ses épaules depuis les dix dernières minutes. Quelque chose attira son attention. Pourquoi ce type ne l’avait-il pas tué ? Elle sentit pendant un bref instant la pression de son bras droit contre le mur se relâcher. Elle hésita un moment, observant le visage fin et plutôt féminin juste en face d'elle, que la jeune fille trouvait jusque-là plutôt séduisant. Elle aurait reconnu cette expression entre mille. Une chose lui avait à nouveau échappé : l’hémorragie provoquée par son couteau. Saika connaissait par cœur l’anatomie de la gorge, puisque c’était la plupart du temps à cet endroit là qu’elle pointait son couteau. Elle avait fait l’effort de ne pas trancher en partie des vaisseaux vitaux, puisqu’elle n’avait aucune intention de tuer ce mec. Juste le neutraliser. Ça lui aurait vraiment facilité la tache s’il s’était évanoui.

La jeune fille aux yeux rouges oubliait toujours qu’on pouvait mourir d’une hémorragie importante. Elle avait déjà perdu beaucoup de sang dans sa vie, mais n’en avait pas vraiment souffert. En général, elle perdait connaissance avant de trop souffrir, et se réveillait toujours dans ce même lit d’ « hôpital », chez ce type, ami d’enfance de son oncle, qui soignait des gens sans répertorier quoi que ce soit à la police. Médecin aux blacks, comme on disait.

Le type en face d’elle s’agita un instant. Elle aurait presque pu avoir pitié de lui s’il n’était pas en train de la menacer avec son flingue. Comme sortant d’une apnée prolongée, il reprit sa respiration difficilement, que Saika parvenait à peine à sentir sur sa peau. Il s’appuya un peu plus fort sur le bras droit de la fille aux yeux rouges – celui qui tenait l’arme-, avant d’articuler quelque chose.

« On s’est assez amusé. »

Elle sursauta. Merde, pensa-elle cette fois-ci.
Son poignet fut projeté vers l’extérieur, laissant une entaille rouge et bien nette sur le cou du jeune homme, sur le côté de son cou, un flot assez conséquent de sang s’en échappant, rendant cette fois-ci la doublure orange du blouson du type complètement pourpre. Elle replia d’un coup de poigner la lame de son couteau. Etrangement, le fait qu’elle n’ait plus aucun moyen de pression sur lui ne la dérangeait pas plus que ça. Elle aurait bien fini par retirer son couteau de sa gorge, de toute façon. Elle glissa le couteau replié dans sa manche, collante et poisseuse, avant de se rendre compte que le saignement se faisait de plus en plus lourd et rapide. Le type avait l’air de souffrir. Elle regarda d’un coup d’œil rouge la flaque au sol. Il devait bien avoir perdu un litre, en sachant qu’une personne normale à environ cinq litres de sang, ça commençait à faire beaucoup. Surtout s’il continuait à s’agiter comme ça.
La partie de la gorge que le type l’avait poussé à trancher était dangereusement près de la veine jugulaire externe. Celui-ci commençait à s’essouffler. Peut-être que Saika allait finalement reprendre le dessus ?
Elle réfléchit un instant. Le type avait maintenant son flingue pointé droit sur elle. En estimant que ce soit un calibre 9, comme la plupart des pistolets de main, il devait avoir une capacité de tir allant de 7 à 10, voire 15 coups. Donc impossible de le faire venir à court de munitions. Si elle ne pouvait pas s’éloigner de lui, alors pourquoi ne pas se rapprocher de lui ? Peut être qu’en se sentant soutenu, le corps de ce type relâcherait les muscles ? Saika savait mieux que quiconque la sensation du sol qui nous attire. On veut tout lâcher, et simplement s’écraser par terre pour se reposer. Difficile de penser, d’avoir un raisonnement logique. Elle avait donc maintenant le dessus, du moins en partie. Pas de manière technique, mais si la situation continuait d’évoluer dans ce sens, tout irait bien.
Mais avait que le type ne puisse plus parler, elle avait encore quelque trucs à lui demander.

« J’ai juste une petite question à te poser. Libre à toi de répondre ou non. »

Elle s’arrêta un instant, prenant une inspiration, avant de poursuivre.

« Pourquoi vouloir me tuer ? Par simple ennui ? Parce que j’aurais pu une fois dans ma vie de causer du tors ? Parce que tu aimes tuer de pauvres jeunes filles, et les violer ensuite ? Parce que tu aimes ça ? Ou encore parce que tu les manges ? Pour attirer l’attention ? »

Elle avait encore une tonne de propositions qu’elle aurait pu sortir, mais s’arrêta là. C’était la seule chose qu’elle voulait savoir. C’était à lui de choisir s’il voulait s’expliquer ou non. Et puis ça ralentirait probablement sa mort si ce type avait choisi de la tuer, laissant un peu plus de temps à Saika pour que le sang continue de couler, et pour que le type finisse par ne plus être capable de tenir sur ses jambes.
Elle ne voulait pas le tuer. Quel gâchis, un mec si mignon… Non, Saika n’était pas une psychopathe qui prenait plaisir à faire souffrir. Si on la forçait, elle devenait violente, mais seulement dans les cas où elle le devait. Elle faisait son possible pour se sortir de situations diverses sans faire couler de sang, mais ça ne marchait pas. Il fallait toujours que quelqu’un soit blessé, ou meurt. Mais c’était elle, ou les autres. Elle tenait plus à sa propre vie.



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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Lun 27 Juin - 18:35



I’ve been wasting all my time
With the devil in the details
And I got no energy to fight
He’s a fucking pantomime
The devil in the details

He’s fixing up to take a bite
I don’t see the point in trying
I got the devil in the details
And he’s gonna teach me wrong from right
That fucking pantomime
The devil in the details

Well, I’m gonna dance with him tonight



Elle fit claquer la lame de son couteau contre le manche et le laissa glisser dans sa manche. La pupille dilatée de Joke saisit l’éclat du métal qui siffle dans l’air, le frottement du tissu humide, la respiration précipitée de la brune. Il entendait les véhicules qui vrombissaient à quelques centaines de mètres, dans d’autres rues plus éclairées, le grésillement d’un néon non loin, au coin d’un bâtiment, les klaxons et les sirènes qui résonnaient contre le métal de la ville. Son ouïe aux aguets luttait pour identifier chaque son, mais tout se mélangeait peu à peu, et tandis que son œil s’obscurcissait totalement, tous ses sens s’amenuisaient. Ses membres engourdis ne lui répondaient plus, et il ne sentait plus le sol sous ses semelles. Il respirait avec difficulté, les tempes bourdonnantes. La jeune fille s’était laissé faire, et semblait chercher à le soutenir. Son visage était presque appuyé contre le sien. Elle lui parla doucement, dans l’oreille gauche, celle qui entendait toujours plus ou moins distinctement.

- J’ai juste une petite question à te poser. Libre à toi de répondre ou non.

Elle tenait encore à lui parler, après toutes ses tentatives pour l’en dissuader ? Après tout, si elle insistait, il n’était pas en capacité de l’en empêcher. Il dirigea son regard sur elle, clignant des paupières pour retrouver un peu de netteté. Ses sourcils se froncèrent dans un accès de rage. Il allait sûrement crever ici, bordel, ce n’était pas le moment d’écouter les babillages d’une gamine. La mâchoire crispée, il se tut cependant qu’elle énumérait toutes sortes de possibilités, plus fausses les unes que les autres. Elle le prenait visiblement pour un pauvre paumé qui n’a plus goût à la vie. Mais bon sang, évidemment qu’il voulait vivre. Pour son frère, pour leur vengeance, pour faire ravaler ses plumes d’autruche à cette vieille reine décatie. Son visage s’assombrit encore. Sa lèvre supérieure se souleva, découvrant ses dents serrées. Très bien, si elle voulait à tout prix savoir pourquoi il faisait tout ça, bien que cela ne l’avancerait probablement pas beaucoup, il allait le lui dire. Puisque de toute façon tout serait peut-être terminé dans quelques dizaines de minutes, il n’avait plus grand-chose à perdre. Il répondit, dans un grondement.

- Tu es tenace. De toute façon, je n’ai pas vraiment le choix.

Il marqua une pause et prit une longue inspiration, résigné.

- Apparemment, tu n’es pas très informée. Tu ignores peut-être combien de personnes nous avons déjà assassinées ou enlevées. Le Premier Ministre, entre autres. Mais j’espère que je ne te l’apprends pas, cracha-t’il avec mépris. On parle beaucoup de nous, mais pas encore assez. Ce que nous recherchons, c’est la peur. Cette vieille cigogne entourée par sa garde rouge doit pisser dans ses jupes à l’heure qu’il est. Lorsque nous lui auront fait suffisamment peur, nous la tuerons. C’est notre vengeance pour ça.

Il fit glisser le canon de son arme sur son front, écartant le patch blanc qui cachait son œil gauche. Sa paupière fermée se souleva doucement. Les sbires de la Reine de Cœur avaient fait un travail très propre. Son visage n’arborait pas la moindre cicatrice. Une fois son orbite vide entièrement découvert, il soupira

- Mon petit frère à le même, de l’autre côté.

En réalité, Jake n’était pas son petit frère, mais son jumeau. De par son tempérament calme et son attitude plus réservée, il avait pris cette place. Mais lorsqu’il se battait, le Cygne Blanc était aussi redoutable que le Cygne Noir. Leur mutilation était leur punition pour s’être introduits dans la forteresse de Cœur, lieu de toutes leurs aspirations. Ils recherchaient le raffinement de l’aristocratie, et ils étaient persuadés qu’un jour ils s’arracheraient aux rues polluées et crasseuses de Purple Town. Mais ils n’avaient pas trouvé là bas ce à quoi ils s’attendaient, non, plutôt l’exact contraire. Ils avaient choisi de se venger, au lieu de pleurer sur leur sort. Une fois que cette pourriture de Reine serait rayée de la surface de Wonderland, plus personne ne pourrait leur enlever ce qui leur était dû. Tout être a droit à la recherche du bonheur, le meurtre n’était que le moyen qu’ils employaient pour mener cette quête à son aboutissement.

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Ven 8 Juil - 13:33




Saika avança son visage d'un petit mouvement à peine perceptible. Il avait ouvert la bouche. Enfin, le jeune homme se décidait à lui révéler ses motivations. Elle buvait la moindre de ses paroles, cherchant dans son regard les choses que les mots ne pouvaient pas expliquer. Les mots choisis qui reflétaient ses pensées. Un seul mot judicieusement choisi pouvait parfois dire tellement plus qu'une simple phrase…
    — Tu es tenace. De toute façon, je n’ai pas vraiment le choix.
Plantant ses yeux rouges au plus profond des siens, ou pour être plus exact, du sien, elle écoutait silencieusement, son visage si proche, les paroles murmurées par le jeune homme.
    — Apparemment, tu n’es pas très informée. Tu ignores peut-être combien de personnes nous avons déjà assassinées ou enlevées. Le Premier Ministre, entre autres.
« C’était donc ça, songea-t-elle un instant. Je me disais bien que je l’avais déjà vu quelque part… »
    — Mais j’espère que je ne te l’apprends pas. On parle beaucoup de nous, mais pas encore assez. Ce que nous recherchons, c’est la peur. Cette vieille cigogne entourée par sa garde rouge doit pisser dans ses jupes à l’heure qu’il est. Lorsque nous lui auront fait suffisamment peur, nous la tuerons. C’est notre vengeance pour ça.
Observant avec circonspection le mouvement que faisait le canon du pistolet vers l’œil invalide du garçon, elle restait silencieuse. Un frisson parcourut ses bras. Il devait probablement l’avoir perçu. En face d’elle, caché par l’ombre du visage du jeune homme, se trouvait un orbite entièrement vide. Noir. Plus noir que l’obscurité qui avoisinait les deux jeunes gens. Plus noir que le ciel sans étoiles de la ville. Elle détourna ses yeux rouges avec douleur. La question qu’elle s’était posée plus tôt n’était donc pas restée sans réponse. Et il y avait effectivement des êtres humains capables de dépecer un de ses congénères de son œil. Serrant la mâchoire, elle se décida enfin à le regarder à nouveau face à face. Un faible courant d’air souleva quelques mèches bleutées qui battirent contre le visage du jeune homme, dissimulant son absence de regard derrière son patch blanc. Elle sentit légèrement le soupir du cygne contre son visage, douce caresse chaude. La respiration du garçon se faisait de plus en plus irrégulière, il s’épuisait à rester debout, s’accrochant presque à Saika pour tenir sur ses jambes. Mais la brune se contentait de garder le silence.
    — Mon petit frère a le même, de l’autre côté.
Un faible sourire se dessina sur les lèvres de la jeune fille. Au final, ce type n’était peut-être pas le psychopathe sans cœur qu’elle avait pensé. Elle savait très bien qu’il ne voulait pas de sa pitié. Elle savait aussi que si ce type mourrait, son frère se retrouverait seul. Elle avait pris sa décision. Le désir de vengeance était un droit pour tout être humain vivant. Libre à lui de le saisir ou non. Saika n’avait jamais approuvé la vengeance. Tuer un homme pour essayer d’en ramener un autre ? La mort amenait-elle une vie meilleure ? Ici, c’était différent. Visiblement, cette reine, que Saika ne connaissait pas, et dont elle se fichait complètement, avait retiré l’œil de ce type pour on-ne-sait-quelle raison, avant de faire la même chose à son frère. Maintenant, il voulait installer la peur dans le gouvernement de cet endroit pour réussir à approcher la reine pour la tuer. Mais ce type n’avait pas parlé à la première personne. Il avait dit Nous. Et ça changeait tout. Le travail d’une reine était-il de mutiler ses sujets ? Probablement pas. Leur vengeance était sans doute fondée, elle n’en doutait pas. La résolution, cette promesse de mort envers la personne qui avait estropié son frère planait dans les yeux de ce type. Elle le sentait. Raison de plus pour ne pas mourir.
    — Ce serait bête de mourir si près du but alors.
Son ton s’était fait rassurant. Aucun mépris, aucune haine. Pas même de la pitié. Elle avait parlé, sans ironie dans la voix. Ce n’était pas sa pitié qu’elle lui donnait, mais un quelconque soutien. Ce type n'avais pas besoin de son aide. Elle savait que d'une manière ou d'une autre, il parviendrait à ses fins. Elle ne l'en empêcherait pas. Elle avait abandonné l’idée de le raisonner. Aussi celle de fuir. L’autre était de toute façon trop faible pour tenter quoi que ce soit. Elle doutait même qu’il fut encore ne serait-ce capable de lever son pistolet pour lui pointer dessus. Il n’y avait plus d’arrière-pensées dans ses actions. Elle disait ce qu’elle pensait. Saika n’avait eu que les échos de ces informations, et elle était tout à fait étrangère à ce monde, même si elle ne savait plus si elle était là depuis une semaine ou un mois. Elle avait néanmoins tenté d’en apprendre plus, regardant la télévision dans les vitrines des grands magasins, lisant de loin un journal. Les cygnes. Leur cible ? La reine. Cette fameuse reine qui coupe les têtes dans Alice au Pays des Merveilles. Et Saika aurait pu devenir un autre corps qui servait à élever son trône. Non. Elle ne serait le corps de personne. Elle avait décidé de ne dépendre de personne. Et que personne ne dépendrait plus d’elle.

Un claquement sourd retentit soudain, puis ce fut le noir total. Une seule seconde de noir. Une demi seconde avant que Saika ne comprenne que c’était une coupure de courant. Moitié moins de ce temps avant qu’elle ne passe son bras derrière le dos du type. Quand la lumière synthétique et jaune éclaira de nouveau la rue, elle s’était collée au type. Son bras, passé derrière sa nuque, n’était pas là pour le tuer ou lui faire mal. Une simple caresse, douce et invisible. Elle approcha son visage de l’oreille du type, doucement, et, sans aucune animosité présente dans sa voix, lui chuchota une simple phrase.
    — Va au bout de ta vengeance, mais elle ne me concerne pas.
Sa tête appuyée sur son épaule, elle resterait là jusqu’à ce qu’il perde connaissance, ou s’effondre. Elle ne bougerait pas.
Il pouvait faire ce qu’il voulait, tant que Saika ne mourrait pas, elle le laisserait faire. Elle ne se mettrait pas en travers de son chemin, pourrait même l’aider s’il le voulait.
Mais elle n’avait rien à voir avec toute cette histoire. Il devait y avoir des sacrifices, soit. Mais elle se fichait de cette stupide reine rouge et ne mourrait pas pour aider à sa mort. Personne ne pourrait prendre la vie de Saika pour une simple question de vengeance. Personne.
Ses yeux rouges fixaient le vide en face d’elle. Deux taches de sang dans l’obscurité.
Personne.




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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Mer 24 Aoû - 17:45

No hope, just desperation
So sit and wait for death
And pray it takes you soon.
The addiction's taking you.

Can you see me through bloodshot eyes ?
Should I fight for what is right or let it die ?
Now I'm choking on force fed lies
Do I fight or let it die ?

Les yeux rouges de la jeune fille tombèrent au fond de l’orbite sombre du Cygne. Elle détourna le regard, qui erra plus loin, ne sachant où se focaliser. Joke ressentit une décharge de haine l’envahir, il avait horreur de cette fuite, quand les yeux se perdaient sur son visage, caressaient la cavité béante sous sa paupière puis glissant hors des ténèbres effrayantes de sa mutilation. Elle devait bien s’en rendre compte, seulement elle n’avait pas pu réprimer son désir d’échapper à cette vision. Personne n’avait jamais pu y échapper. Le seul qui osait fixer l’adolescent dans les yeux lorsqu’il ne portait pas son patch, c’était encore Jake. Les jumeaux pouvaient passer plusieurs minutes face à face à se dévisager. Ce n’était pas un regard qui faisait mal, ce n’était pas comme être fixé par un autre. C’étaient des regards qui disaient « Je te considère encore comme un être humain. J’éprouve de la tendresse envers toi, pas de la pitié. » et peu de gens étaient réellement dans ce cas. Ils étaient avides de ces regards. Les autres préféraient faire semblant de ne pas y accorder d’importance, se voiler la face, s’efforcer d’y croire eux-mêmes pour laisser leur conscience en paix.

- Ce serait bête de mourir si près du but alors.

Elle aussi avait essayé d’y mettre de la franchise, du détachement, de l’indifférence. Peut-être était-elle sincère qui sait ? Mais Joke savait très bien que les chances pour ça étaient quasiment nulles. Et puis, il ne voulait pas qu’elle y soit insensible. Il voulait conserver ce lien privilégié qu’ils avaient, lui et son frère. Voir le dégoût et l’hypocrisie dans les yeux des autres accentuait la simplicité et l’exemption avec lesquelles Jake posait le sien sur lui.
Il glissait, luttant toujours pour se tenir debout, s’appuyant de plus en plus contre la fille. Il ne l’écoutait plus, il était loin, il contemplait l’œil bleu de son frère. Et il lui disait adieu. Puis il se ravisait, tout en lui hurlait et protestait, ça ne pouvait pas finir comme ça. Mais il avait de moins en moins de forces et même si cette fille le laissait en paix, seul, il ne s’en sortirait jamais. Il perdrait connaissance et giserait là dans cette rue, au milieu d’une mare de sang jusqu’à la fin, loin de son frère, loin de tout. Mais pour l’instant il y avait cette fille. Que faisait-elle encore là, au fait ? Il la regarda. Elle avait souri. Il ne comprenait pas. Il était bien trop fatigué pour comprendre. Son corps était lourd comme du plomb et sa tête flottait, légère, vide et brumeuse à plusieurs kilomètres d’altitude, là où l’oxygène commence à se raréfier. Une sueur glacée coulait le long de ses tempes.

- Ahh… Bordel… fit-il, inaudiblement.

Ses mots furent couverts par le grésillement croissant des lampadaires, qui s’éteignirent simultanément avec un claquement étouffé. La rue fut plongée dans l’obscurité et le silence. Joke ferma les yeux. Il se laissa dériver à nouveau vers la vision de l’œil de son frère jumeau. Cela lui allait très bien. Plus rien à voir, plus de souffrance à endurer ; pourvu que la fille profite de la pénombre pour se faire la malle.
Mais la brune n’était pas de cet avis. Elle le saisit et l’appuya contre elle d’un mouvement caressant.

- Va au bout de ta vengeance, mais elle ne me concerne pas.

La façon qu’elle avait eue de prononcer ces derniers mots lui fit ouvrir à nouveau les yeux. La mort de la Reine ne la concernait pas ? La mort de sa Reine ne l’affectait pas le moins du monde, la même Reine qui, lorsqu’elle était enfant, avait dû habiter les récit que lui contait sa mère ? Qui était cette fille à la fin ? Ça devenait irritant. Si comme elle l’affirmait rien ne la concernait, pourquoi se préoccuper de lui ? Il prit une courte inspiration, avec difficulté, les tempes douloureuses.

- Mais … Pourquoi… Tu restes là… Que me veux-tu ? Qui es-tu ?

Il fut incapable de continuer, mais il lui restait encore beaucoup de questions. Trop de questions pour son esprit brumeux. Elle ne devrait pas être encore là. Elle n’aurait jamais dû se trouver sur sa route. Comment cela se faisait-il qu’elle ignore tant de choses ? Elle semblait presque aussi désorientée dans Purple Town que lui l’était vis-à-vis d’elle. Elle… Il voulait encore… Encore la questionner…
Les paupières du jeune homme tombèrent devant ses yeux. Ses genoux ployèrent sous son poids. Il lâcha son arme et tenta de s’agripper aux vêtements de la fille mais il était trop faible, et il bascula, sans connaissance. Il n’eut pas même le temps de sentir sa chute sur le pavé.

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Jeu 25 Aoû - 16:28


Un sourire triomphant.
    -Mais … Pourquoi… Tu restes là… Que me veux-tu ? Qui es-tu ?
Le pistolet du type tomba avec fracas au sol, et l’emprise qui fardait la main droite de la jeune fille plaquée au mur se relâcha soudain.

Le cygne ne pouvait pas la voir, mais Saika souriait. Elle avait gagné. Cette situation, qu’elle croyait désespérée, avait finalement une échappatoire. Et elle s’en tirait sans une égratignure, si l’on oublie sa douleur lancinante à l’oreille gauche et le peu de sang qui coulait sur ses lèvres.
Le jeune homme perdit connaissance dans ses bras, et Saika, utilisant ses dernières forces, le déposa délicatement au sol.
    - Ha… Hahaha… HAHAH !
Elle n’avait pas pu retenir ce rire nerveux. Le brune s’écrasa au sol, les lèvres tremblantes, l’adrénaline pulsant dans ses veines, tout ce qu’elle avait retenu depuis le début déferlant sur elle. Elle avait envie d’hurler, sauter, cogner les murs, courir un cent mètre…
A genoux au sol, le corps du cygne gisant au sol en face d’elle, elle resta là le dos appuyé contre l’immense mur de verre qui avait gardé son corps prisonnier contre l’autre type, et resta là, les yeux dans le vide, pendant une bonne minute, à savourer cet instant clame. Elle aurait pu partir, le laisser là. Mais non. Elle avait déjà pris sa décision de toute façon. Saika n’était pas comme ça. Elle ne faisait pas les choses à moitié. Soit ce type était mort, soit elle s’assurait qu’il reste vivant. Et elle n’avait aucune envie de l’achever.
Elle lécha sa lèvre rouge avec un sourire.
La brune se releva avec difficulté, appuyant sa main écarlate du sang du type contre le verre de la paroi, avant de replacer son pistolet à sa place sur sa cuisse. Son regard rouge se dirigea ensuite vers le pistolet brillant du garçon, qui reposait au sol. Elle le saisit, replaça la sécurité et le coinça entre la peau de son dos et la ceinture arrière de son short, avant de le cacher sous son épais gilet noir.
Maintenant, elle devait agir vite, les minutes lui étaient comptées. Elle retourna le jeune homme qui reposait au sol les yeux fermés. La plaie béante à son cou continuait de laisser lentement passer un filet rouge qui se perdait sur les pavés. Tout en appuyant avec sa main gauche sur la plaie, empêchant tant bien que mal le sang de s’en échapper, elle chercha des yeux n’importe quel bout de tissus qui aurait pu faire affaire de pansement compressif. La brune ouvrit le blouson noir du type, en découvrant la doublure orange tachée de sang, et entreprit de déchirer son t-shirt avec son couteau.
    - Désolé vieux, mais j’ai pas vraiment le choix. C'est ça ou rien.
Découvrant avec délice sa musculature de tueur, elle retint son regard pourpre qui revint, sur sa main maintenant encore plus collante d’hémoglobine. Déroulant les bandes de tissus qu’elle venait de déchirer, elle les posa au sol près du cou de l’homme, et le poussa légèrement sur le côté, repliant la jambe extérieure, et plaçant son bras en appui sous sa joue. Elle passa ensuite le tissu sur son cou, avant de rejoindre l’autre extrémité en bas, et garda la main gauche appuyée contre la plaie.
    -Voilà, ça devrait faire l’affaire. Il s’en sortira, dit-elle pour elle-même. Maintenant…
Elle devait lui retirer toutes ses armes.
La jeune fille entreprit de fouiller le Cygne, non pas pour lui déplaire. Tatant chaque poche de son blouson, passant ses mains sur ses côtes, ses pectoraux, inspectant son dos, les poches de son jean, sa ceinture, avant de descendre vers ses jambes, d’un geste ferme et contrôlé, ses yeux rouges à l’affût de la moindre forme suspecte. Après avoir été certaine que le jeune homme ne portait pas d’autres armes, elle souffla un peu. Sa main n’avait pas bougé de son cou.
Saika resta assise aux côtés du Cygne pendant une heure ? Deux ? Ou bien même toute la nuit ? Elle ne voyait plus le temps passer. Effleurant de temps en temps sa joue des doigts, inspectant sa température, elle avait sommeil, mais supportait.
Elle changeait régulièrement les bandages, avant de reconnaître avec satisfaction que la plaie avait arrêté de saigner. Le pouls et la respiration du garçon étaient réguliers, il s’en sortirait. Mais elle ne pouvait pas partir pour autant. Il lui avait posé trois questions. Elle devait essayer de répondre à chacune d’entre elles. Son pistolet à la main, le dos appuyé contre le mur, elle resterait là jusqu’à ce qu’il se réveille.

Elle lui sourit. Il ne pouvait peut-être pas le voir pour l’instant, mais la jeune fille lui souriait. Cette fois-ci il s’agissait de compassion. Il devait être perdu, le pauvre. Tomber sur une fille comme Saika… Elle écarta quelques mèches bleutées qui cachaient le visage doux du garçon, et restait là. La nuit continuait de les envelopper, se faisant de plus en plus froide.

« Réveille-toi vite, j’ai pas que ça à faire moi » , pensa-t-elle avec ironie. La vérité était qu’elle n’avait que ça à faire. Alors elle pouvait bien passer une nuit aux côtés d’un charmant jeune homme, si sexy soit-il, qui avait essayé de la tuer ~
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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Jeu 25 Aoû - 19:47

You turn me off at the push of a button,
And you pretend that I don't mean nothing.
I'm not a saint, that's easy to tell
But guess what Honey, you’re not an angel.

You like to scream these words as a weapon,
Well go head take your best shot, woman.
I wanna leave you it's easy to see,
But guess what, honey, it's not that easy.



Joke voyait l’œil bleu, énorme de son frère partout où il regardait. Les ténèbres l’écrasaient comme une chape de plomb et cet œil fixé sur lui diffusait une douce chaleur dans son corps. Il se demandait si c’était ça mourir, attendre sans fin devant cet œil écarquillé qui posait sur lui un regard profond. Il n’avait pas mal, il n’avait même pas peur. Il attendait et c’était tout.
Dans son corps étendu à l’horizontale, la pression artérielle revenait peu à peu à la normale cependant que la brune, penchée sur lui, pressait sa plaie sous une bande de son t-shirt en lambeaux. Elle lui parlait, lui disait que c’était ça ou rien. Mais il n’entendait pas. Il dormait face à cet œil au fond de l’abîme.

Puis comme le saignement était ralenti et réduit à un mince filet qui imbibait le tissu de son-t-shirt, la conscience lui revint peu à peu. Il sentit tout d’abord une douleur brûlante dans son cou puis dans son crâne. Une immense lassitude de tous ses membres. Il n’ouvrit pas les yeux, simplement trop faible pour esquisser le moindre geste. Il se concentra sur sa respiration changeante, ténue, cherchant à lui faire retrouver un rythme stable, brûlant avec hâte le peu oxygène qui emplissait ses poumons puis happant l’air désespérément. Un flux de paroles sourdes et indistinctes parvint à ses oreilles sans qu’il en saisisse le sens. Puis il sentit une main – très probablement celle de l’adolescente – qui se glissait dans son dos, derrière ses jambes et dans les poches de son jean. La brune semblait le tâter consciencieusement, sans se presser, et Joke se demanda ce qu’elle pouvait bien chercher… ce contact caressant le répugnait. Il retomba dans l’inconscience, l’obscurité seulement percée par la pupille bleue de son jumeau. Il attendit longtemps, prisonnier de l’ombre face au regard de Jake qui le contemplait tantôt avec toute la tendresse d’un frère, tantôt avec la froideur de l’œil de Dieu poursuivant Caïn pour lui reprocher son crime. Joke se languissait de plus en plus de ne pas voir la lumière. Il souffrait de la fixité avec laquelle cet œil le suivait. Son esprit s’agitait et tournait dans l’abîme, plus nerveux qu’un animal enfermé. Il se demandait ce que subissait son corps, l’état dans lequel il se trouvait, il ignorait même s’il pourrait le regagner un jour et retrouver son frère, son frère entier et pas seulement cet œil insupportable.

Cette fille allait-elle le tuer alors qu’il était inconscient ? Elle avait arrêté son saignement, il l’avait senti, mais ne pouvait-elle pas changer d’avis, ramasser l’arme du Cygne et se débarrasser de lui ? Peut-être allait-elle simplement le laisser là et partir… C’était même plus que probable. Ou pire, elle préviendrait la police, Joke serait alors livré à la Garde Rouge de la Reine et… Il préférait ne pas y penser. Ne plus penser à rien. Mais comment faire lorsque l’on est seul avec soi-même, torturé par ce regard bleu si immuablement étincelant et pourtant, parfois, si noir ? Il ne parvenait pas à faire taire ses pensées, il divaguait d’hypothèse en hypothèse, énumérant les scénarios possibles, les bizarreries de cette fille. Cela faisait bien trop longtemps qu’il se trouvait ici. Ou plutôt qu’il ne se trouvait nulle part, nulle part dans le monde réel. Etait-il mort ? Comment pourrait-il s’en assurer ? Il avait pu se passer une seconde ou un millénaire depuis qu’il n’avait pas vu autre chose que cet œil. Tout lui manquait. Même le contact du corps de l’adolescente sur le sien lui manquait. Il se surprit à y penser. A quoi rêvait-il ? Ce n’était pas le moment. Et puis, c’était absurde. Vraiment. Il se força à éloigner l’image de la brune.
Par-dessus tout, sa vengeance inachevée lui manquait. Ici, il n’était même plus nécessaire d’y penser… Il regarda l’œil. Jake… Tu n’es pas vraiment ici avec moi, n’est-ce pas ?
Qu’allait-il se passer pour son frère jumeau s’il disparaissait ?

Une sensation de froid l’envahit. La dureté des pavés sous son dos, la douleur dans son cou, tout se rematérialisait à nouveau par bribes, par intermittences. Il sentait à nouveau son pouls battre ses tempes et il devait lutter pour respirer. Alors qu’il tentait de retrouver l’impulsion nerveuse à donner pour soulever ses paupières, il se sentit à nouveau aspiré vers l’œil bordé de ténèbres de son frère. Il résista de toutes ses forces, se concentrant sur le contact de sa main immobile sur le tissu, mais rien n’y faisait.
La brune posa délicatement sa paume sur sa joue. Joke frémit, attentif. Il n’aimait pas la manière dont elle le touchait. Il ne l’aimait pas tout court, il ne pouvait pas la voir en peinture. Vraiment c’était trop absurde. Son frère. Il ne devait penser qu’à son frère. L’œil avait disparu, il ne restait plus que ses paupières closes à écarter pour voir la lumière de nouveau. Et la fille. Il prit une inspiration, ouvrit les yeux. Trouble tout d’abord, sa vision prit de la netteté, il distingua son visage pâle, ses yeux rouges brillant entre ses mèches noires. Il tenta de parler mais ne put émettre qu’un grognement à son intention. Sa gorge sèche le lançait et son dos était couvert de sueur. Depuis combien de temps attendait-elle à côté de lui ? Il la regarda, clignant des yeux, hébété. Il ne tenta même pas de se redresser ou de tourner la tête vers elle, sachant que sa plaie pourrait se rouvrir au moindre mouvement. Mais pourquoi ? Se donnerait-elle au moins la peine de répondre ou bien resterait-elle éternellement voilée de son mystère intrigant ? Pourquoi se poser la question ? Il avait hâte d’en finir et de ne plus la voir, mais en même temps…
En même temps quoi, mon pauvre garçon ? Ça suffit, il faut que je me ressaisisse.

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Ven 26 Aoû - 12:56


Ciel, noir, si noir, sali par les lumières de la ville. Il en devient jaune, vert, impur. Un ciel sans Lune, sans étoiles. La brune se rappelait du ciel si parfait qu’elle voyait dans la campagne natale. La voie lactée qui coulait, déferlait sur elle, ses milliards d’étoiles, elle se rappelait chercher la grande ourse, la trouver, satisfaite, et essayer désespérément d’attirer l’attention de son père. Puis le ciel jaune de Tokyo. Souillé, sa pureté arrachée. La ville. Elle oubliait peu à peu les étoiles, peu à peu ces points brillants qui l’avaient soutenue, accompagnée. La brune soupira doucement, ses deux prunelles rouges cherchant le moindre point lumineux dans le ciel qui passait. Elle ne fait que trouver les premiers rayons de jour, ou plutôt une faible teinte bleutée qui commençait à faire son apparition sur ce rideau pollué. Jouant du bout des doigts avec son Beretta, elle enlevait, remettait, enlevait, remettait et continuait de s’occuper les doigts avec la sécurité, quand le souffle du garçon qui gisait en face d’elle attira son attention. Ses yeux couleur sang quittèrent le ciel pour se poser sur le visage du Cygne, qui ouvrit soudainement les yeux. D’un geste, d’un clic, elle retira la sécurité du pistolet et lui pointa du bout des doigts d’un mouvement mou, le bras appuyé sur son genou, affalée contre le mur. Saika passa un petit coup de langue sur sa lèvre douloureuse, un faible sourire se dessinant sur son visage. L’autre grogna, et le sourire de la brune s’élargit.
    - Tu m’a posé une question avant de t’écraser par terre. La seule dont je me souviens était « Qui es-tu ? ». Qui suis-je ? C’est une bonne question. Je pense que tu dois avoir deviné maintenant que je suis un peu différente des gens que vous connaissez.
Son sourire maintenant se faisait déplaisant. Saika aimait cette différence. Chez elle, ses yeux rouges. Ici, chez elle. Elle savait qu’elle n’était pas vraiment la bienvenue. Ces inconnus qui parlaient « d’étrangers », ces bêtes sauvages dangereuses qui vont vous manger dans votre sommeil, qui vienne de très loin pour dominer Wonderland. Discrimination ? Elle s’en fichait, mais avait conclu qu’elle en était une. Une Étrangère. En tout cas, elle ne venait pas d’ici.
    - Saika. Mon nom. Si tu veux en savoir plus, il te faudra être plus précis.
Elle passa sa main libre dans ses cheveux, remettant ses mèches noires un peu plus loin de ses yeux pourpres, plantés dans l’unique œil du blessé. Ses pupilles dilatées étaient réceptives au moindre mouvement que l’autre aurait pu essayer de faire. Ses yeux sang. Ses yeux. Ceux qui effrayaient la plupart du temps les gens qu’elle croisaient n’avaient même pas fait sursauter un enfant ici. Elle avait croisé au moins une dizaine de personnes qui avaient aussi les yeux rouges. Elle avait aussi vu des yeux violets, jaunes, et bien d’autres couleurs encore. Elle avait vu des choses impossibles pour son monde. Elle s’était adaptée. Mais pour sortir de cette errance sans fin dans les rues, il lui fallait de l’aide. C’était une Étrangère. Elle ne pouvait compter sur personne excepté elle-même. Elle était sale, elle avait faim. Elle avait besoin d’un toit. Chose ce que type qui visiblement ne l’aimait pas trop était loin de vouloir gentiment lui proposer. Ici, elle n’était qu’une ombre. Elle n’existait pas.
Le soupire qui s’échappa de ses poumons fut emporté par le vent et se perdit aussitôt dans le ciel sale que la brune contemplait quelques minutes auparavant.
L’autre question ? Pourquoi restait-elle restait là ?
La réponse était pourtant très simple. Ce Cygne était le seul contact humain que Saika avait eu depuis Gretel, ou du moins un contact qui durait plus de dix minutes. Ici, elle vivait cachée. Qui sait, peut être que les habitants de Purple town avaient une sorte de détecteur d’étrangers, elle ne voulait pas prendre ce risque. Elle avait entendu que la « Reine » que ce type voulait tuer envoyait des chasseurs pour tuer les gens comme elle et les vendre au marché noir. À faire froid dans le dos.
La reine hein ? Cette reine qui avait arraché l’œil de ce type, et celui de son frère. La raison pour laquelle elle n’avait pas dormi ce soir. Ce qu’il voulait, c’était une révolution. Mais qui prendrait le contrôle du pays si la reine est morte ? Ces deux type ? Sûrement pas. Le peuple les craindraient trop pour les laisser à la tête de l’Etat. Enfin Saika s’en fichait un peu. Elle ne savait rien de cet endroit de toute façon. Elle pensa un instant demander à ce type, qui ne pouvait plus lui faire grand chose, quelques informations, mais se ravisa. Et s’il envoyait des gens à ses trousses ?
Saika devenait peut-être paranoïaque, mais elle avait ses raisons. Elle serra un peu plus fort son pistolet, qui n’était que formalité face à un ennemi si affaibli.
La voix était toujours derrière elle. Elle continuait de lui chuchoter que tout irait bien.
Cette voix douce qui s’apparentait à une étreinte chaude, à des baisers doux…
Cette voix qui ne na trahirait jamais.
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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Dim 4 Sep - 18:11

La vérité, c’était que cette fille était très différente des autres. Il avait fini par comprendre, et d’ailleurs comment avait-il pu ne pas le voir plus tôt ? Il avait pourtant déjà fréquenté plusieurs étrangers depuis que lui et son frère étaient passés dans le monde de l’ombre. Mais ceux avec qui il avait eu des contacts étaient visiblement à Wonderland depuis bien plus longtemps qu’elle. Ils étaient maigres et méfiants, traqués par les chasseurs qui ne leur laissaient aucun répit. C’étaient généralement des adultes vieillis précocement par la peur et la survie au sein de Purple Town. Ils vivaient entre eux dans des planques, de minuscules bidonvilles qu’eux seuls savaient retrouver. L’adolescente qui pointait son arme sur lui n’avait visiblement jamais mis les pieds dans un tel endroit. Le fait qu’elle ait encore des vêtements, un sac et des armes en sa possession le prouvait. Les nouveaux étaient en général dépouillés par ceux arrivés avant eux. A la pensée qu’à un moment ou à un autre, elle devrait payer l’entrée d’une planque en abandonnant son couteau, son manteau ou peut-être même, vu son jeune âge et sa jolie silhouette, en se laissant abuser par l’un de ces hommes crasseux, Joke ressentit un étrange malaise. Il la regarda à nouveau de coin de l’œil. Quel gâchis. Mais il n’y pouvait rien. Il n’allait tout de même pas aider cette garce alors qu’elle avait manqué de le tuer. Elle lui avait tranché la gorge, et elle l’avait sauvé. Donc ils étaient quittes. Mais… Elle avait également affirmé qu’elle comprenait les raisons qui poussaient les Cygnes à se venger. Elle l’avait… encouragé ? Il ne pouvait que lui en être reconnaissant. Mais l’idée de lui devoir quelque chose lui déplaisait.

- Tu m’as posé une question avant de t’écraser par terre. La seule dont je me souviens était « Qui es-tu ? ». Qui suis-je ? C’est une bonne question. Je pense que tu dois avoir deviné maintenant que je suis un peu différente des gens que vous connaissez. Elle marqua une pause et reprit. Saika. Mon nom. Si tu veux en savoir plus, il te faudra être plus précis.

Et comment, qu’il avait deviné. Son œil jaune la fixait toujours avec une immobilité parfaite, il ne cillait pas, surveillant discrètement l’arme pointée sur lui. Les Etrangers pouvaient être imprévisibles – la preuve avec ce qui venait de lui arriver – et la plupart d’entre eux étaient malins. Mais peu avaient cherché à l’impressionner comme ça. Il sourit. Si elle croyait l’effrayer, elle se mettait le doigt dans l’œil. Cela faisait longtemps qu’il avait abandonné toute superstition à propos des Intrus. Elle s’appelait donc Saika. Très bien. Il voyait qu’elle ne lui mentait pas, ce qui était un peu idiot de sa part. S’il n’avait pas été lui-même recherché par les chiens de la Reine il aurait très bien pu aller donner cette information aux chasseurs, ils payaient bien les renseignements. Grâce à l’argent toutes les langues se délient. Dans les planques, tout le monde connaissait tout le monde et n’importe qui d’un peu renseigné aurait pu dire où trouver la brune, en échange d’un court sursit de la part des chasseurs ou même d’une quelconque denrée alimentaire. Il faudrait qu’elle apprenne à se montrer plus prudente.

- C’est vrai admit-il avec une pointe d’ironie, je ne t’avais pas soupçonnée jusqu’à maintenant. Mais j’en sais déjà suffisamment à propos des gens comme toi. Par contre, tu ne devrais pas répondre aussi franchement aux questions d’un inconnu, ajouta-t’il avec un rire douloureux. Ça pourrait vite se révéler dangereux. Voilà, avec ce conseil, nous sommes quittes.

En effet ils l’étaient. C’était allé vite – un peu trop vite à son goût finalement. Et puis même si ça l’embêtait, il avait encore besoin d’elle. Il mourait littéralement de soif. Sa gorge sèche le brûlait encore davantage depuis qu’il avait parlé. Et puis il ne pouvait pas rester là, le jour n’allait pas trader à se lever. Déjà les lampadaires s’éteignaient dans la rue adjacente à la leur. Les commerces de la portion du quartier de Supermarket dans laquelle ils se trouvaient rouvriraient bientôt leurs portes. Dans certaines rues, les magasins restaient ouverts en permanence. Saika devrait être capable d’aller lui chercher de l’eau et un nouveau bandage.

- Ecoute… Je sais que ça me rendrait à nouveau redevable envers toi, mais si je ne bois pas très vite je perdrais encore connaissance. Et mon bandage n’est plus tout neuf… dans une de ces rues tu devrais trouver ce qu’il faut mais dépêche-toi, plus je reste ici plus j’ai de chance de me faire attraper.

Il fit une pause pour reprendre son souffle et lui adressa un regard interrogateur.

- J’espère que tu es prête à m’aider un peu, tu as dit toi-même que je devais aller au bout de ma vengeance. Je m’en souviens tu sais.

Il leva les yeux au ciel, embarrassé. Il devait avoir l’air d’une misérable chose qui réclamait de l’aide. Mais enfin, ce n’était pas le moment de ménager son orgueil. Il commençait vraiment à craindre de voir surgir une patrouille de gardes de la Reine de Coeur. Pourvu que cette fille soit quelqu’un de confiance.

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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Mar 4 Oct - 16:24



"How many times will I be allowed to make mistakes?
How many more times will I have to tell the same lies?
How many more times will I have to watch my friends die?"

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Les deux pupilles sombres de la brune se dessinèrent de nouveau dans l’obscurité. L’odeur infâme des poubelles renversées dans la ruelle, qu’elle n’avait pas remarqué jusqu’alors, commença à la déplaire quelque peu. Elle se tortilla un peu, évitant de rester assise sur le sol pavé humide de l’allée, et s’adossa encore un peu plus au mur de vitre derrière elle.
Le type s’était bien réveillé maintenant. Il la regardait du coin de ses yeux jaunes, étincelant au contact des premiers rayons du jour, et semblait légèrement mal à l’aise. C’était vrai qu’elle lui avait découpé son t-shirt. Sauvage. Mais il semblait que ce n’était pas vraiment ça qui importunait le jeune homme. Il articula quelques mots.
    — C’est vrai, je ne t’avais pas soupçonnée jusqu’à maintenant. Mais j’en sais déjà suffisamment à propos des gens comme toi.
Des gens comme moi ? Pensa-elle avec douleur. Quelle différence entre elle et les autres, hein ? Qu’elle soit née de l’autre coté de l’océan, la seule chose qui changeait n’était que le sol sur lequel elle avait vu le jour. Elle serra les dents. Rien qu’elle ne puisse faire pourrait changer cette injustice.
Mais… peut-être était-elle vraiment différente des gens qui vivaient à Wonderland. Elle se rappela un intant le regard si puissant de Gretel, qui l’avait littéralement pétrifiée, dans la maison abandonnée où elle s’était réfugiée peu après sa « noyade ». Saika ne pouvait simplement pas concevoir que la blonde avait été « normale » à ce moment là. Pourtant, la brunette avait elle-même été, depuis son plus jeune âge, très occupée à démentir cette idée de « normalité ». Qu’est-ce qui était normal ? Le comportement social de l’être humain, qui pour autant est plutôt égoïste, et, paradoxalement, inhumain ? Ou plutôt la peur de l’inconnu qui n’est pas comme « tout le monde » ? Qu’est-ce qui la faisait si différente du garçon qui reposait au sol, en face d’elle ?
Elle fut interrompue dans sa constatation de l’injustice du monde par la voix du jeune homme, qui continuait bien entendu ses phrases comme si de rien n’était. Saika ne pourrait pas faire changer la mentalité, à quoi bon se torturer l’esprit ?
    — Par contre, tu ne devrais pas répondre aussi franchement aux questions d’un inconnu, continua le cygne, avec un rire que venait déformer la douleur de sa plaie. Ça pourrait vite se révéler dangereux. Voilà, avec ce conseil, nous sommes quittes.
Elle sourit un peu. De la compassion ? Saika secoua la tête, chassant ces idées de son esprit. Impossible qu’un type comme lui ne se préoccupe de ses problèmes. Il voulait juste ne rien lui devoir, question d’honneur probablement. Elle posa ses yeux rouges sur lui avec un sourire, et convint tout de même de le remercier, question de politesse.
    —Merci pour le conseil, j’aurais pas pensé que mon nom me mette autant en danger, surtout que tu n’es que la deuxième personne à qui le l’ai dit… Je ferais plus attention à l’avenir.
Elle avait répondu, une pointe d’ironie dans la voix, mais prenait tout de même ce précieux conseil en note. Elle pensait prendre toutes les précautions, mais visiblement non, étant donné que ce type avait réussi à lui pointer une arme sur le crâne.
Réalisant qu’elle n’avait strictement pas besoin de son pistolet, elle le rangea à sa place, remontant légèrement son short sur ses jambes nues d’un mouvement lent, et glissa le pistolet dans son étui, avant de le recouvrir du short. Le cygne avait visiblement quelque chose d’autre à lui dire, et elle approcha un peu son visage de lui afin de mieux l’entendre.
    — Ecoute… Je sais que ça me rendrait à nouveau redevable envers toi, mais si je ne bois pas très vite je perdrais encore connaissance. Et mon bandage n’est plus tout neuf… dans une de ces rues tu devrais trouver ce qu’il faut mais dépêche-toi, plus je reste ici plus j’ai de chance de me faire attraper.
Il avait besoin d’elle. Assez satisfaite de sa position de force, Saika n’en tira pas parti pour autant. Elle n’avait rien contre ce type, et pouvait tout à fait l’aider. Elle n’avait rien d’autre à faire de toute manière. Se rappelant avoir une gourde à moitié pleine dans son sac, elle râcla le sol sur quelques centimètres, et saisit son sac, pendant que l’autre continuait de l’implorer, probablement persuadé que la jeune fille s’était délaissé de son sort.
    — J’espère que tu es prête à m’aider un peu, tu as dit toi-même que je devais aller au bout de ma vengeance. Je m’en souviens tu sais.
Il devait probablement parler à l’arrière train de la jeune fille, trop occupée à fouiller dans son sac à quatre pattes, et qui était maintenant dos à lui. S’amusant un peu de la situation, et surtout du fait que le Cygne ait retenu ses paroles, qui l’avaient probablement touché en plein cœur, elle sortit triomphalement sa gourde en métal, trouvée sur le bord de la route et consciencieusement lavée avant usage, et qui était merveilleusement remplie de plus d’eau qu’elle n’en aurait attendu, Saika revint s’asseoir avec un sourire face au garçon. Elle lui releva lentement la tête, plaçant son bras en dessous, évitant minutieusement de rouvrir la plaie qui s’était heureusement à peu près refermée, et présenta aux lèvres du garçon la gourde étincelante qu’elle venait de sortir de son sac.
    — Tiens ! Pour l’eau, ça devrait faire l’affaire. Tu ne t’évanouiras pas maintenant, affirma-t-elle avec un petit rire.
    Elle se recula, une fois que le garçon pouvait se tenir de lui-même, et le laissa avec la gourde.

    — Bien sûr que je suis prête à t’aider un peu. Je serais pas restée là toute la nuit si c’était pour jouer au bowling, ou élever des calamars sur la banquise.
La brune se leva, s’étirant un peu. Ce n’était pas très élégant, mais la jeune fille avait tout de même assez mal aux fesses, à être restée assise sur du bitume pendant plusieurs heures. Elle s’arrêta brutalement dans son élan.
    — Par contre pour acheter des bandages, mauvaise nouvelle, j’ai pas d’argent. Tu vas devoir payer ça de ta poche, dit-elle d’un air embarrassé.
Elle devait avoir l’air maligne, sans argent, seule dans la ville. Sale, elle en restait tout de même belle. De sa beauté bien à elle, beauté païenne, qui satisfaisait la plupart du temps presque tout le hommes, plus ou moins en fonction de leurs gouts. La brune eut soudait l’envie irrépressible de prendre une douche, laver ses cheveux, dîner un festin de roi, boire j’jusqu’à s’endormir. Mais elle savait bien que rien de tout ça n’arriverait. Qui voudrait laisser sa salle de bain à une étrangère ? Prêter son shampooing à une étrangère ? Donner à manger à une étrangère ? Passer un repas avec une étrangère ? Laisser de l’alcool à une étrangère ?
Et pas une simple étrangère qu’on ne connaît pas, une étrangère comme elle ? Qui venait de si loin qu’elle n’en était plus « normale » ?

La brune soupira. Elle observa un instant le reflet de son visage albâtre dans la vitre, qui, malgré la poussière et les quelques cernes, n’avait pas perdu de son éclat. Elle passa doucement ses mains dans ses cheveux, démêlant les nœuds qui avaient élu domicile dans ses mèches brillantes.
Qu’importe. Elle ne voulait pas faire quoi que ce soit avec des gens qui ne l’accepteraient pas pour ce qu’elle était. Elle avait deux choix : mourir ou se cacher. Le sien était déjà fait.
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MessageSujet: Re: I'm the Shadow of the day that'll embrace the world in grey ~ [SWAN]   Mar 6 Déc - 21:30

Joke était de plus en pus nerveux. Son état ne lui permettait pas encore de se redresser ni de se lever. Marcher ? N’en parlons même pas. Il se sentait aussi faible qu’un chiot nouveau-né, poisseux et traînant à même le sol comme si on l’avait oublié là. Il détestait ce sentiment d’impuissance. Être cloué au sol. Il était un Cygne, après tout. Fait pour être libre. Danser sur les flots noirs. Parcourir les nues claires. Déployant ses ailes à l’envergure immense au-dessus de tous les êtres rivés à la terre et aux pierres sales. L’immobiliser, lui, c’était commettre un acte contre-nature. Il se sentait perdu, arraché à son élément, vulnérable. Il était prêt à tout pour s’en sortir. Partir, fuir avant qu’une patrouille de la Reine ne les trouve. Il serait capable de se défendre contre trois, peut-être quatre hommes… S’il faisait appel à son pouvoir. Mais ce n’était qu’un dernier recours. Même en frôlant la mort quelques instants auparavant, il n’avait pas songé à arriver à une telle extrémité. Cette éventualité était bien trop risquée. Y penser, l’envisager seulement le mettait mal à l’aise. En était-il réduit à cela ? Acculé à ce point de non-retour ? Il avait été amené à faire usage de ce don destructeur, un très petit nombre de fois, et il l’avait toujours regretté. Le cygne est un animal pur, noble, élégant. Mais le Cygne Noir n’avait en fait rien en commun avec l’oie naïve qui peuple les squares, lui pouvait se montrer d’une cruauté et d’une férocité sans bornes. Dépasser l’inhumain, passer outre la noirceur extrême. Il s’était effrayé, détourné de lui-même. Jamais. Il s’était promis de ne jamais recommencer. Pourtant… Egaré, prisonnier de l’asphalte sur lequel il gisait, il sentait que peut-être… Il devrait… Il serait nécessaire…
Non. Cela ne doit jamais se reproduire.

Elle se retourna et entreprit de fouiller dans son sac à dos. Affairée, elle ne se souciait de rien. Elle ne prêtait même pas attention à ce qui les entourait, n’était même pas sur ses gardes. Lui, aux aguets, la maudissait en lui-même d’être aussi négligente. Son anxiété grandissante frôlait à la fois la terreur et la paranoïa. Ce qui était, il l’admettait, parfaitement ridicule. Cette fille avait réussi à le désarmer et presque à le tuer. Elle serait une distraction suffisante pour lui laisser le temps de fuir… C’est ce à quoi songeait le Cygne, tandis que la jeune fille qui lui tournait le dos gigotait, pliée en deux au dessus de son sac. Ce n’était pas lâche, pas même réaliste. C’était encore de l’optimiste de penser que les gardes rouges se soucieraient d’elle, en imaginant qu’ils la prennent pour sa complice… Il leva les yeux vers elle, ou plutôt ce qu’il voyait d’elle dans l’immédiat : les poches arrières d’un short. Maigre réconfort. Mais réconfort tout de même. Il se moqua de lui-même. Elle ne faisait pas vraiment peur. Bien sûr, à Wonderland, sembler inoffensif ne signifiait pas l’être réellement. Mais tout de même. Elle n’avait aucun des réflexes de base qu’acquièrent les êtres du monde de l’ombre dès leur plus jeune âge. Elle n’avait pas jeté un seul coup d’œil par-dessus son épaule depuis qu’elle avait saisi son sac, pas même pour vérifier que Joke était toujours là. Certes, sa respiration légèrement sifflante le trahissait. Mais tout de même. Etait-ce bien raisonnable, de confier sa vie à cette empotée ?

- Tiens ! Pour l’eau, ça devrait faire l’affaire. Tu ne t’évanouiras pas maintenant.

Elle saisit sa nuque avec douceur, l’aidant à se redresser. Une douleur fulgurante traversa le cou du jeune homme mais il se tut, résolu à ne plus montrer la moindre faiblesse. Il en avait déjà assez fait. Si on les épiait en ce moment même, mieux valait que l’on ne découvre pas à quel point il était affaibli. Et c’était très certainement le cas. L’odeur du sang pouvait attirer de nombreuses sortes de créatures. Si l’un de leurs ennemis était mis au courant de leurs ennuis, les Cygnes seraient des proies faciles. S’il ne pouvait pas rattraper les évènements précédents, il devait au moins faire bonne figure pour ne pas aggraver la situation. Il serra donc les dents (façon de parler, bouger la mâchoire lui était impossible dans son état actuel) et s’appuya sur ses coudes, pressé que la brune le lâche. Être vaincu par une étrangère n’était déjà pas glorieux, mais en être aidé ensuite… Si cela se savait, leur réputation serait ternie. Et ça, il ne le voulait pour rien au monde. Elle retira enfin, le bras qui le soutenait. Il faillit bien retomber lorsqu’elle le lâcha, mais fit comme si de rien n’était.

- Bien sûr que je suis prête à t’aider un peu. Je serais pas restée là toute la nuit si c’était pour jouer au bowling, ou élever des calamars sur la banquise. Par contre pour acheter des bandages, mauvaise nouvelle, j’ai pas d’argent. Tu vas devoir payer ça de ta poche.

Il cilla, surpris. Payer ? Qui parlait de payer ? Les magasins n’étaient même pas ouverts, aucun employé n’encaisserait son argent avec le sourire mielleux qui leur était propre. Il suffisait de forcer une serrure ou un volet roulant, de se servir et de ressortir. Simple comme bonjour. Cette fille était d’une naïveté déconcertante, une vraie enfant de cœur. D’ailleurs, dans cette ville tentaculaire, mis à part la ménagère standard ou l’écolier de huit ans, qui payait encore ses achats ? Même pour le second, il avait des doutes. Il soupira.

- T’es pas sérieuse… Tu crois vraiment qu’ils en ont quelque chose à foutre, de ton fric ?

Il disait « ton », car pour lui, l’idée même de l’argent était abstraite. Combien avait-il sur lui en ce moment même ? De quoi acheter un petit fourgon, ou une baguette ? Il n’en savait foutrement rien. Tout ce dont il était sûr c’est que c’était suffisant pour mettre deux ou trois dealers loqueteux et puants dans sa poche. Il lui fit un petit signe de tête (qui d’ailleurs lui arracha un grognement de douleur) pour lui signifier de déguerpir en vitesse et de lui ramener ce qu’il lui avait demandé.

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Zodi ♥.
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